Le “Paris d’Orient”, 150 ans déjà !

30-08-2017 01:48 PM


Le “Paris d’Orient”, 150 ans déjà !

« Paris d’Orient », ou Le Caire du khédive Ismaïl, jouit d’un patrimoine architectural unique. Mélangeant styles européen, arabe et islamique, le centre de la capitale de l’Egypte en illustrait la splendeur aux XIXe et XXe siècles. Le centre-ville du Caire documente un patrimoine culturel qui résume une partie importante de l’histoire de l’Egypte.
Un siècle et demi est passé depuis la création du “Paris d’Orient”. En 1867, le khédive Ismaïl Pacha lança le projet de planification et d’urbanisation de la capitale égyptienne. Ses ambitions sans limites l’ont aidé à transformer Le Caire en une des villes les plus prestigieuses avec ses bâtiments glorieux et historiques.
A cette occasion, Le Caire a organisé, au cours du mois de Juillet, une série de festivités, en collaboration avec des troupes folkloriques, l’Opéra du Caire et l’Institut de musique. Des ateliers et expositions ont été également présentés pour raconter l’histoire du quartier – qui se prolonge du pont Qasr El-Nil jusqu’à Attaba – et mettre en relief sa valeur patrimoniale, artistique et culturelle. Mohamed Ali Pacha a assumé la mission de modernisation de l’Egypte.
Il commença de vastes réformes sociale, éducative, économique et politique. Un de ses petits-fils, Ismaïl Pacha décida de poursuivre le chemin de son grand-père.
Devenu khédive en 1863, Ismaïl Pacha, suite à une visite à Paris en 1867 pour assister à une exposition, a été fasciné par le style architectural parisien et demanda donc à l’empereur Napoléon III de donner la permission à l’architecte français Haussmann, qui a modernisé les quartiers parisiens à cette époque, de planifier Le Caire khédivial, avec son équipe d’ingénieurs, d’architectes, de sculpteurs et de paysagistes français.
Le centre du Caire est donc devenu un modèle de la ville parisienne avec son style européen riche et extravagant. Ce projet de modernisation renferma également une forte réforme de plantations.
C’est alors qu’il créa des parcs publics et des jardins botaniques. Constructions et inaugurations se poursuivent. En 1872, Ismaïl Pacha a inauguré la fameuse rue Mohamed Ali d’une longueur de 2,5 km qui se prolonge de Bab Al-Hadid (Gare de Ramsès) à la Citadelle, cette rue est connue pour ses arcades sur les deux côtés. Quelques mois plus tard, il a inauguré le pont de Qasr El-Nil ayant 406 mètres de long et orné par quatre lions en bronze, sculptés spécialement en Italie, puis le pont d’Aboul Ela, construit par l’ingénieur français Gustave Eiffel. Les constructions et les inaugurations se poursuivaient : En 1875, le Khédive a inauguré l’Opéra du Caire, tout comme il a tracé nombre de lignes de chemins de fer et de tramway pour lier les quartiers d’Abbassiya à Choubra.
La rue de Qasr El-Nil prit le nom du palais de Qasr El-Nil qui avait été construit en 1854 sous le règne de Mohamed Saïd pacha par l’architecte italien Pantanelli assisté de son compatriote Piattoli. En 1868, Ismaïl pacha fit restaurer ce palais pour en faire sa résidence d’été.
La rue de Qasr El-Nil, créée au XIXème siècle, était une des plus élégantes du Caire. Elle était bordée de résidences particulières et de magasins de luxe qui étalaient les dernières modes venues de Paris et de Londres.
Dans cette rue se trouvait l’hôtel Savoy, le rendez-vous de toute l’aristocratie du Caire. Cette belle rue était bordée d’arbres, comme toutes celles de ce nouveau quartier qui avait été fondé par le khédive Ismaïl.
Toutes les constructions de ce quartier avaient été réalisées à l’européenne où le goût italien prédominait.
D’autre part, au XIXème siècle, d’élégantes maisons de campagne, des villas entourées de jardins et différentes installations bordaient la rue de Choubra qui était alors appelée les “Champs-Elysées du Caire”. Parmi les plus élégantes maisons de Choubra, se trouvaient le Qasr El-Nissa (le château des femmes) et la propriété Ciccolani dont le palais avait été décoré avec beaucoup de richesse et de goût. Le parc de cette propriété offrait des arbustes d’agrément, des fleurs rares, des serres, des rivières et des grottes.
Un peu plus loin, toujours en bordure de l’allée de Choubra, s’élevait la belle “Villa Choubra”; c’était un hôtel meublé avec un café, un restaurant, un billard et un jardin. Sous le règne du khédive Ismaïl l’île de Boulac, appelée communément El-Guézireh (l’île), fut transformée en jardins.
L’ingénieur français M. G. Delchevalerie qui travailla au Caire de 1868 à 1878, s’occupa tout d’abord du jardin de l’Ezbékieh puis, à la demande du khédive, il se chargea d’aménager l’île de Boulac. Il la transforma en véritable paradis avec ses différents jardins.

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