Le sommet arabe de Jérusalem en Libye

15-12-2011 09:05 AM

Abdel Massih Felli


Le Premier ministre israélien, qui entamait une visite de trois jours à Washington, s’est adressé au puissant groupe de pression pro-israélien AIPAC devant lequel la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton avait pris la parole quelques heures plus tôt. Il n’y a pas eu de déclarations fracassantes après la rencontre de 23 mars 2010 entre le président américain Barack Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à la Maison Blanche. Les deux hommes ont parlé du blocage de la situation au Proche-Orient et notamment de la reprise de la colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Rétablir la confiance La Maison Blanche a déclaré mercredi que Barack Obama a demandé à Israël de prendre des mesures pour « rétablir la confiance » avec les Palestiniens. Côté israélien, le bureau du Premier ministre israélien a mis en avant une « bonne atmosphère » pendant les discussions. L’émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, a rencontré mercredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans l’espoir d’atténuer le contentieux qui oppose les Etats-Unis et Israël à propos des constructions à Jérusalem-Est.
Les nouvelles constructions à Jérusalem-Est et en Cisjordanie “mettent en péril” la reprise du processus de paix israélo-palestinien avait-elle déclaré avant un tête-à-tête discret avec le chef du gouvernement. “Le peuple juif construisait déjà Jérusalem il y a 3.000 ans et il continue à le faire aujourd’hui. Jérusalem n’est pas une colonie. C’est notre capitale”, lui a-t-il indirectement répondu devant l’AIPAC. Tous les gouvernements israéliens, a rappelé le Premier ministre, ont construit dans les “quartiers juifs” de la partie orientale de la ville sainte depuis sa conquête en 1967. “Chacun – les Américains, les Européens, les Israéliens évidemment, les Palestiniens – savent que ces quartiers seront intégrés à Israël dans le cadre de tout accord de paix. Par conséquent, y construire n’exclut en rien la possibilité de parvenir à une solution à deux Etats”, a-t-il poursuivi. Sauver Jérusalem
Les pays arabes ont préparé un “plan de sauvetage de Jérusalem” qui a été soumis au 22e sommet arabe d’hier et aujourd’hui, en Libye. Le plan prévoit la mise en place d’une commission spéciale dans le cadre de la Ligue arabe qui “prendra acte de toute démarche israélienne visant à modifier la situation démographique à Jérusalem, à s’approprier du patrimoine arabe dont les maisons de Palestiniens”. La commission saisira la Cour internationale de justice de l’ONU et la Cour pénale internationale, ainsi que d’autres instances, dont nationales, “compétentes pour poursuivre Israël en violation des droits des Palestiniens”. Les pays arabes envisagent également de porter à 500 millions de dollars le financement du Fonds de Jérusalem qui aide la population palestinienne de la ville. Le plan prévoit la convocation d’une conférence spéciale sous l’égide de la Ligue arabe pour examiner la réalisation de ce plan et le soutien de la présence arabe à Jérusalem. Du point de vue du droit international Jérusalem-Est, tout comme la Cisjordanie, sont des territoires occupés depuis 1967. Leur statut doit être déterminé à l’issue de négociations de paix entre les parties en présence. Les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme capitale de leur futur Etat, alors que les Israéliens considèrent la ville comme la capitale “éternelle et indivisible” de l’Etat hébreu. Près de mille journalistes, de l’audiovisuel et de la presse écrite, assuraient la couverture des travaux du sommet arabe qui débuteront samedi à Syrte en Libye.
Agenda
Les délégués permanents de la Ligue des Etats arabes (LEA) avaient poursuivi leurs travaux mardi à Syrte, centre de la Libye, en prélude aux réunions des ministres arabes des Affaires étrangères préparatoires du 22ème sommet arabe en Libye. Les délégués ont discuté au cours de leur deuxième journée, du chapitre relatif à la mise en place d’un plan d’action arabe pour défendre la ville sainte d’Al-Qods (Jérusalem), les développements de la question palestinienne, le soutien à la fois à l’Autorité palestinienne et à la résistance du peuple palestinien. Ils ont également planché sur la question du Golan syrien occupé, la solidarité et l’appui au Liban, les développements de la situation en Irak, l’occupation par l’Iran des trois îles d’Abou Moussa et de la Grande et la Petite Tombe appartenant aux Emirats arabes Unis dans le Golfe arabe. Les débats ont porté d’autre part sur le traitement des dédommagements et des dispositions relatives à l’affaire de Lockerbie qui avait opposé la Libye aux Etats-Unis, le refus des sanctions unilatérales américaines imposées à la Syrie, ainsi que la question de l’embargo qui lui est imposé. Les travaux préparatoires ont en outre abordé les sanctions imposées au Soudan relatives à l’achat ou à la location d’avions et à l’acquisition des pièces détachées, ainsi que l’impact de cet embargo sur la sécurité de l’aviation civile. Les délégués ont passé en revue la décision de la Cour pénale internationale à l’encontre du président soudanais Omar Hassan El-Bechir et le refus de cette décision par le monde arabe ainsi que leur soutien à la paix, au développement et à l’unité dans ce pays. Pour les délégués permanents de la Ligue des Etats arabes réunis dans le complexe des salles de congrès “Ouagadougou”, il en est de même pour le soutien à la Somalie et aux îles Comores. Les délégués ont procédé à l’élaboration d’une position arabe unifiée et travaillé à la prise de mesures pratiques pour débarrasser la région du Moyen- Orient des armes nucléaires.
L’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire dans les pays arabes, le développement de l’utilisation des énergies renouvelables et alternatives, le projet de la renaissance de la langue arabe, la mise en oeuvre d’un plan arabe pour la consolidation de la culture et des droits de l’homme, la proposition de la tenue d’un sommet culturel arabe figuraient dans leur agenda de travail. S’y ajoute l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies de l’initiative du président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali de la déclaration de l’année 2010, année internationale de la jeunesse. legende Netanyahu s’adressant à l’AIPAC.

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