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Des défis de poids pour le nouveau gouvernement égyptien

Karim Felli

27 Février 2014 3:19 pm

Chargé de mener à bien la transition démocratique en Egypte, le Premier ministre désigné Ibrahim Mahlab a entrepris la formation d##un gouvernement chargé d##organiser la présidentielle. Les membres du nouveau cabinet ont prêté serment hier samedi devant le président Adly Mansour.

 
Le président Mansour a en outre promulgué des décrets-lois régissant la formation du Conseil de sécurité nationale et du Conseil suprême des Forces armées, plaçant l’armée sous le strict contrôle des militaires qui veillent à préserver les intérêts du pays et interdisant la formation de milices paramilitaires, comme ce fut le cas à l’époque du régime destitué des Frères musulmans.
Le Premier ministre désigné, Ibrahim Mahlab avait affirmé que le gouvernement qu’il a formé avait pour charge de rétablir la sécurité, éradiquer le terrorisme, attirer les investissements et pour organiser les élections pour parachever la feuille de route. Chaque ministre sera un combattant et s’engagera à son devoir national à ce moment décisif pour l’histoire du peuple égyptien. Il s’est en outre engagé à réaliser les aspirations du peuple égyptien et a promis que les élections seraient organisées dans la plus grande sécurité.
14 ministres du gouvernement sortant ont été maintenus à leur poste, dont les titulaires de l’Intérieur Mohamed Ibrahim, du Tourisme Hicham Zaazou, et de l’Information Dorreya Charafeddine.
Le gouvernement aura la lourde tâche de redresser un pays plongé dans une grave crise économique, sociale et sécuritaire avant l’élection présidentielle du printemps, vue comme une étape clé dans la feuille de route des autorités intérimaires.
Le très populaire maréchal Sissi, ministre de la Défense et vice-Premier ministre du gouvernement sortant, devait encore officiellement faire acte de candidature. Pour être éligible, il ne peut faire partie du gouvernement et doit prendre sa retraite de l’armée.
Le maréchal al-Sissi conserverait son portefeuille de la Défense jusqu’à la promulgation de la loi électorale encadrant le scrutin présidentiel.
Selon des experts, la formation d’un nouveau gouvernement pourrait être motivée par le besoin d’améliorer l’état des affaires avant la candidature officielle de M. Sissi.
“Si le maréchal Sissi décide de se présenter, il lui faut un gouvernement ayant une bonne réputation qui pourra l’aider à résoudre certains problèmes urgents qui préoccupent la population”, explique le politologue Moustapha Kamel al-Sayyed.
L’Egypte est en proie à des violences quasi-quotidiennes depuis la destitution de Morsi. Des groupes jihadistes ont multiplié les attaques contre les forces de l’ordre, tuant des dizaines de policiers et soldats.
Le groupe Ansar Beit al-Maqdess a revendiqué la plupart des attentats, affirmant agir en représailles à la campagne contre des partisans du président déchu.
Le groupe, qui a également revendiqué des attaques contre un gazoduc, a en outre promis de poursuivre “une guerre économique” contre le régime.
- Relancer l’économie -
Le gouvernement Beblaoui est devenu très impopulaire malgré l’annonce de mesures de relance économique grâce à des fonds en provenance de pays du Golfe.
M. Mahlab avait dirigé l’entreprise gouvernementale Arab Contractors, l’une des plus importantes sociétés de construction au Moyen-Orient, pendant onze ans jusqu’en septembre 2012.
Ses partisans louent un homme dynamique, fort de nombreux succès dans son domaine et proche du terrain.
Ses détracteurs l’associent eux au régime de Hosni Moubarak, balayé par une révolte en 2011, puisqu’il était un cacique du parti de l’ex raïs.
Le plus important défi que devra relever le nouveau Premier ministre sera les multiples grèves  et l’application du salaire minimum.
Trois ans de violences quasi ininterrompues depuis la révolte de 2011 ont gravement affecté l’économie.
Les employés des usines publiques et ceux des transports publics ont fait grève en février pour réclamer de meilleurs salaires, alors que l’inflation dans le pays a atteint 11,6% en janvier, selon des chiffres publiés par la Banque centrale.
M. Mahlab devra aussi relancer la production et attirer les investissements étrangers et le tourisme, une source de revenus vitale pour l’économie.
Le nombre de touristes a baissé de près de 31% en décembre 2013, comparé au même mois de l’année précédente.
Cependant, les ressources de l’Etat ne sont pas suffisantes pour répondre à une telle crise, tout particulièrement face à l’impatience grandissante des Egyptiens.