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Le Musée d’art islamique, protecteur du patrimoine et

«victime du terrorisme»

6 Février 2014 3:56 pm

Suite à une explosion dans le bâtiment abritant à la fois le Musée d##art islamique et la Bibliothèque nationale à Bab el Khalq le 24 janvier dernier, une mission s##est immédiatement rendue en Egypte

, du 30 janvier au 2 février pour évaluer les dommages causés.
Le ministre des Antiquités, Dr Mohamed Ibrahim, a affirmé, lors de la conférence de presse qu’il a tenue au Musée d’art islamique, que la lumière de la civilisation est plus forte et plus persistante que ces actes de terrorisme et cette vague d’attentats visant à oblitérer l’identité civilisatrice de ce grand pays. Il a également affirmé qu’il a été impossible d’éviter les dégâts subis par le Musée d’art islamique causés par l’explosion qui a visé le quartier général de la police au Caire.
Il a aussi annoncé que le ministère rassemblera les pièces antiques les plus touchées par l’explosion et les exposera dans un département distinct au sein du musée. Elles seront témoins aussi bien de cet incident que de la force du peuple égyptien et de sa résolution à faire face à ce terrorisme et à tous les attentats visant la destruction de l’histoire et de la civilisation de cette nation.
S.E. le ministre a vanté le rôle qu’ont joué les conservateurs du musée et les spécialistes en restauration dans le rassemblement des débris épars suite à l’explosion. Il a également loué les efforts déployés par la police du tourisme et des antiquités pour sécuriser le musée après la destruction de ses portes, ses fenêtres et ses façades. Il a également confirmé que la cruche de Marawan ibn Mohammad, l’un des chefs-d’œuvre les plus précieux du Musée d’art islamique, est intacte, en la montrant même à l’audience pour faire taire les rumeurs concernant sa détérioration. Il a également précisé que les pièces les plus atteintes sont les pièces en verre et en céramique. 
Aide mondiale
En outre, il a exprimé sa confiance quant à l’obtention des fonds nécessaires à la restauration du musée ; et ce à travers les efforts égyptiens et étrangers en vue de ressusciter l’un des plus anciens musées d’art islamique au monde.
A cet égard, la mission était composée de représentants de l’UNESCO, du Conseil international des musées (ICOM) et du Bouclier Bleu. Elle a rencontré le Ministre d’État chargé des Antiquités, Dr Mohamed Ibrahim, ainsi que les directeurs et le personnel des deux institutions, a précisé l’UNESCO dans un communiqué de presse.
Ils ont procédé à une évaluation approfondie des dommages au bâtiment ainsi que des collections.
Passé le premier choc des destructions à l’intérieur et l’extérieur du bâtiment, la mission a finalement constaté que la structure du bâtiment n’avait pas été déstabilisée. Toutefois, de graves impacts ont été enregistrés sur le revêtement de la façade extérieure et la quasi-totalité des salles d’exposition dans les deux institutions, ainsi que les verrières du toit.
Un premier travail urgent sera nécessaire pour protéger le toit et les fenêtres, afin de rendre le bâtiment étanche à l’eau et éviter d’autres dommages en cas de précipitations. Il sera également urgent de vérifier et de supprimer de frêles panneaux de décoration sur le dessus de la façade, pouvant s’effondrer et blesser les passants.
Le Musée d’art islamique a vu toutes ses vitrines et équipements d’exposition détruits. Cent soixante et un objets ont été soit entièrement détruits ou si endommagés que leur restauration nécessitera de nombreuses années et un financement substantiel ; la collection de verres précieux notamment, dont neuf imposantes lampes de mosquées – certaines datant du 9e siècle – a été réduite en cendres. Ces verres ont été recueillis et triés par le personnel du musée, même si pour le moment il n’existe aucune méthode pour les restaurer.
Les objets en céramique ont également été fortement endommagés. La collection de boiseries, et en particulier les deux uniques anciens Mihrabs sculptés, sont déjà en cours de restauration. Les collections de métaux sont légèrement endommagées, et peuvent être restaurées assez rapidement par le personnel du musée. Heureusement, les laboratoires de conservation et entrepôts, généralement situés au sous-sol ou à l’arrière du bâtiment, n’ont été que très peu endommagés. Ils peuvent maintenant être utilisés pour sécuriser et restaurer les collections.
Quant au Musée des archives de la Bibliothèque nationale à Bab el Khalq, toutes ses vitrines ont été brisées – mais seuls quelques manuscrits et livres sont endommagés, principalement par une fuite d’eau de robinet défectueux et de la poussière de verre. La plupart de ces dommages peuvent être assez facilement résorbés mais nécessiteront de longs mois de travail.
L’UNESCO soumettra prochainement un plan de réhabilitation de ces deux institutions et de leurs collections à des donateurs potentiels en Égypte et dans le monde.
Des discussions ont commencé avec plusieurs pays et institutions, qui ont exprimé leur intérêt à aider le peuple égyptien à la restauration de ce patrimoine unique, qui constitue une part importante de son identité culturelle.
Support de l’UNESCO
Cette mission fait suite à la déclaration de la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, le 24 janvier, dans laquelle elle s’était engagée à mobiliser toute l’expérience et l’expertise de l’Unesco pour reconstruire le musée et réparer les dégâts. Elle a indiqué que “ce travail est aussi essentiel pour le peuple d’Egypte que pour les femmes et les hommes dans le monde”, signalant que ce patrimoine fait partie de l’histoire universelle de l’humanité, “une histoire partagée par tous et que nous devons tous chercher à préserver”, selon elle. Mme Bokova a exprimé, à cette occasion, sa “profonde inquiétude” suite aux dégâts causés au Musée par l’explosion.
“Je condamne fermement cette attaque et les destructions qu’elle a provoquées dans ce lieu de renommée internationale qu’est le Musée d’art islamique du Caire, qui abrite des milliers d’objets inestimables”, a-t-elle déclaré, dans un communiqué estimant que cette attaque “met en évidence le danger de dégâts irréversibles qui pèse sur l’histoire et l’identité du peuple égyptien”.
Dans un geste symbolique, elle a levé 100 mille dollars pour aider à démarrer une campagne internationale de levée de fonds pour la restauration du musée islamique.
La directrice générale de l’Unesco a salué le ministère d’Etat des Antiquités et les représentants de la société civile au Caire pour leurs actions immédiates et leurs efforts en vue de sauver les biens et prendre les premières mesures de conservation.
Selon le ministre des Antiquités égyptiennes, le Musée d’art islamique a été “gravement endommagé”. L’édifice, datant du XIXe siècle, devrait, selon lui, être “reconstruit” alors que plusieurs millions de dollars avaient été injectés dans sa récente rénovation.
Des objets situés à l’intérieur auraient également été touchés, notamment une collection rare d’objets islamiques datant de 1881.
Le ministre des Antiquités, Dr Mohamed Ibrahim, a déclaré qu’une équipe de premiers secours a immédiatement entamé les travaux de sauvetage des objets les plus endommagés en utilisant des outils en plastique et des tissus spéciaux pour le transfert des objets en vue de les restaurer”, a indiqué le ministre, avant de noter que d’après les premiers constats, on relève la destruction totale des vitrines et la chute de quelques plafonds.
Dr Ibrahim a expliqué que le Musée islamique dont les dernières restaurations ont coûté plus de 107 millions de LE, a été complètement détruit et que le ministère a besoin de multiplier ces chiffres pour le ramener en vie.
Un crime de l’obscurantisme
 Museum of Islamic Arts: Victim of TerrorismIl s’agit donc d’un attentat contre un lieu de renommée internationale. Ce musée comprend en effet 2.500 pièces de grande valeur artistique ou historique, sélectionnées parmi un fonds de 100.000 objets, exposées dans 25 salles. Parmi les pièces les plus remarquables, une clé incrustée d’or de la Kaaba, l’édifice central de la grande mosquée de La Mecque, ou le plus ancien dinar islamique connu, datant de l’an 697. Plusieurs manuscrits rares du Coran sont également exposés, ainsi que des tapis persans ou des céramiques ottomanes, de même que des instruments anciens d’astronomie, d’architecture ou de chimie.
A cet égard, Mohamed Sobhi a annoncé le lancement d’une initiative, dans le cadre de laquelle les artistes égyptiens mèneront une campagne nationale de collecte de fonds au profit du musée. Le prestigieux acteur a affirmé que les Egyptiens ne cesseront jamais de protéger le patrimoine de leur nation et que ces actes de terrorisme ne font pas partie de la culture de ce grand peuple.