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Parce que sincère, Al-Sissi est homme fort et populaire

karim Felli

29 Mars 2014 9:11 pm

Touchant le cœur des Egyptiens et des peuples du monde assoiffés de sincérité et de détermination à résoudre les problèmes chroniques de l##Egypte, le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi a enfin tranché sa décision au sujet de sa candidature à l##élection présidentielle qui se tiendra en juin.

Le ministre de la Défense, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, avait tenu mercredi une réunion avec le Conseil suprême des Forces armées pour l’informer de sa démission de son poste de ministre de la Défense en vue de la déclaration de sa candidature à l’élection présidentielle officiellement, après avoir soumis sa démission au président après son retour au Caire, en provenance du Koweït où il participait au sommet arabe.
Le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, chef de l’armée égyptienne et ministre de la Défense, a décidé de renoncer à ses fonctions pour briguer la présidence, a-t-il annoncé lui-même mercredi dans une allocution télévisée.
“C’est vrai, il s’agit de mon dernier jour sous l’uniforme, mais je continuerai à lutter chaque jour pour une Egypte libérée de la peur du terrorisme”, a-t-il déclaré, évoquant les attentats qui se multiplient depuis l’éviction le 3 juillet du président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans.
“Je ne peux pas faire de miracles. Je propose en revanche de travailler dur et de faire preuve d’abnégation. Il faut que nous soyons francs avec nous-mêmes : notre pays a de grands défis à relever. Notre économie est faible. Des millions de jeunes sont victimes du chômage en Egypte. C’est inacceptable”, a-t-il poursuivi.
Sa candidature à la présidentielle ne faisait guère de doute, puisqu’il avait déclaré à plusieurs reprises dans la presse qu’il ne pouvait ignorer “l’appel du peuple”.
La date du scrutin devrait avoir lieu avant la fin juin, comme le prévoit la Constitution. Le seul rival déclaré du maréchal al-Sissi est pour l’heure le candidat de la gauche nassérienne Hamdeine Sabbahi, troisième de la présidentielle de 2012.
 
Le Conseil des ministres a tenu sa réunion hebdomadaire jeudi en présence du maréchal Abdel Fattah al-Sissi qui y a présenté sa démission officielle.
 Le dépôt des candidatures pour la présidence devrait commencer ce dimanche. Selon les dispositions de la nouvelle Constitution, Al-Sissi devait présenter sa démission avant cette date pour se présenter aux élections.
Le Premier ministre Ibrahim Mehleb devait effectuer un remaniement en désignant le nouveau ministre de la Défense, à savoir le chef d’état-major des Forces armées, le général Sedki Sobhi, et le poste de vice-premier ministre reste inoccupé après la démission d’al-Sissi.
Parcours d’un leader national
Abdel Fattah Al-Sissi est la personnalité la plus populaire du pays, ses partisans le comparant au leader charismatique Gamal Abdel Nasser. Le maréchal Al-Sissi et Gamal Abdel Nasser, lui aussi un militaire, devenu dans les années 1950 et 1960 le champion du panarabisme et des Non-alignés, ont notamment en commun d’avoir chacun mené une campagne contre les Frères musulmans. Mais, contrairement à Abdel Nasser et à ses discours enflammés, Al-Sissi, s’exprime peu en public, et toujours d’une voix doucereuse, travaillant postures et intonations.
Son entourage le décrit comme pieux, affirmant qu’il met un point d’honneur à accomplir ses cinq prières quotidiennes et que son épouse, comme la très grande majorité des Égyptiennes, porte le hijab “voile”. Âgé de 59 ans, Abdel Fattah Al-Sissi était entré au gouvernement sous la présidence Morsi en août 2012. Né au Caire en novembre 1954, diplômé en sciences militaires de l’académie militaire égyptienne en 1977, il a ensuite étudié dans une académie militaire britannique en 1992 avant de rejoindre, comme de nombreux officiers égyptiens, une école militaire américaine en 2006, où il a rédigé un mémoire intitulé “La démocratie au Moyen-Orient” dans lequel il insistait sur le rôle de l’islam dans la législation notamment. Il a quatre enfants, une fille et trois garçons ayant rejoint les rangs de l’armée.
Sa nomination avait alimenté de nombreuses spéculations sur une mise au pas de l’armée et sur une possible allégeance des militaires aux nouveaux dirigeants islamistes. Quelques jours avant de le déposer et de l’arrêter, les militaires avaient lancé un ultimatum à Morsi, affirmant répondre aux millions de manifestants descendus dans la rue pour réclamer son départ, lors la révolution de 30 juin 2013. Au même moment, Al-Sissi, alors général et ministre de la Défense, assistait à un discours vindicatif du président islamiste. Quelques jours plus tard, Morsi se trouvait en prison.
Depuis, la popularité de celui qui a été promu maréchal fin janvier ne cesse de grandir, son portrait s’étalant partout, dans les rues et les commerces, et même dans certaines administrations.
Menace d’instabilité
Réagissant à l’annonce de celui qui était jusqu’à mercredi soir encore ministre de la Défense, vice-Premier ministre et chef de l’armée, les Frères musulmans (FM), l’influente confrérie du président destitué, ont répliqué qu’il n’y aurait “pas de stabilité” sous une présidence Sissi, grand favori du scrutin à venir. En outre, sa confrérie des Frères musulmans a été déclarée “terroriste” et des milliers de ses membres et la quasi-totalité de ses dirigeants sont désormais poursuivis dans une pléthore de procès.
Nombre d’Egyptiens voient dans l’ancien chef des services de renseignement militaires, âgé de 59 ans, l’homme fort qui pourra sortir le pays des trois années d’instabilité politique, d’insécurité et du naufrage économique qui ont suivi le soulèvement contre Hosni Moubarak, en 2011.