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L'Égypte au cœur du monde

karim Felli

10 Avril 2014 3:26 pm

Le Caire prépare l’élection présidentielle que le maréchal Al-Sissi remportera haut la main. L’Egypte se retrouverait alors à la case départ, selon des observateurs. Tewfik Aclimandos, un chercheur au Collège de France et spécialiste de l##armée égyptienne, et fervent nassérien le qualifie de nationaliste grand admirateur de Gamal Abdel Nasser,

 
 celui qui avait fait de l’Égypte le cœur du monde arabe. Le maréchal Al-Sissi rêve de retrouver ce passé mythique de la nation égyptienne. L’élection d’Al-Sissi à la présidence vise à donner une légitimité démocratique au pouvoir de l’Etat de droit et la reprise de l’essor de l’économie.
 
Alors que le dépôt des candidatures pour la plus haute fonction exécutive a été fixé jusqu’au 20 avril, le vice-président de la Commission électorale pour les présidentielles (CEP), le conseiller Abdel Aziz Salman a indiqué que le nombre des électeurs recensés à l’intérieur et à l’étranger s’est élevé à 53 millions et 309 mille. Lors d’une conférence de presse tenue dans la salle du centre de presse de la Commission électorale au siège de l’Organisme général de l’information, Salman a ajouté que la CEP, présidée par Anouar El Assi, en coopération avec les ministère des Affaires étrangères, a signé une note d’entente avec l’Union Européenne et la Ligue Arabe pour suivre le processus électoral à l’étranger et coordonner avec les ambassades.
 
Par ailleurs, un avocat controversé et partisan d’un Etat fort a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle égyptienne des 26 et 27 mai. Mortada Mansour, célèbre pour ses virulentes critiques contre les militants à la tête de la révolte de 25 janvier 2011, est depuis la semaine dernière président du célèbre club de football de Zamalek. Il a également été juge et parlementaire. “Les grandes lignes de mon programme sont, pour résumer, de rendre l’Egypte forte et de retrouver son prestige et son statut sur la scène internationale”, a déclaré Mansour lors d’une conférence de presse. Il a appelé à la fin “des manifestations, des sit-in et des grèves pendant une année, jusqu’à ce que l’Egypte soit remise sur pied”. Le pays souffre d’une économie anémique et de la chute des revenus du tourisme et des investissements. Il a également fustigé le président par intérim Adly Mansour, qui n’a selon lui pas réussi à restaurer la sécurité dans depuis la destitution du président Morsi, en juillet 2013. “Vous (Adly Mansour) êtes totalement endormi, tandis que des jeunes, des policiers et des soldats meurent chaque jour et que le pays est taché de sang”, a lancé l’avocat.
 
Nouvelle victoire pour l’Egypte
 
Les États- Unis ont désigné un groupe militant basé en Egypte qui a commis une série d’attaques au Caire et la péninsule du Sinaï en tant que groupe terroriste.
Le Département d’Etat a annoncé dans un communiqué qu’Ansar Bayt al-Maqdis a été classé «organisation terroriste étrangère ( FTO ) conformément à l’article 219 de la Loi sur l’immigration et de la nationalité et comme une entité terroriste mondiale spécialement désignée à l’article 1 ( b ) de l’”Executive Order” (EO ) 13224. “
La classification signifie que tous les actifs du groupe aux États-Unis seront gelés et toutes les activités de financement ou de collaboration avec le groupe seront interdites.
Le Département d’Etat a déclaré qu’Ansar Bayt al-Maqdis (ABM) a été créé en 2011 après le soulèvement égyptien et “est responsable des attaques contre Israël et les services de sécurité et les touristes en Egypte. “
Le ministère a également indiqué que le groupe est loyal à al-Qaïda , mais n’est pas une filiale officielle .
“Ansar Bayt al-Maqdis, qui partage certains aspects de l’idéologie d’Al-Qaïda, mais n’est pas une filiale officielle et généralement maintient un accent local, était responsable d’un attentat en juillet 2012 de l’explosion d’un pipeline du Sinaï exportant du gaz à Israël,” a ajouté la déclaration du Département d’Etat.
En août 2012, le groupe a revendiqué la responsabilité d’une attaque à la roquette sur la ville israélienne d’Eilat, et en septembre 2012 ses militants ont attaqué une patrouille de la frontière israélienne, tuant un soldat et en blessant un autre.
En octobre 2013, le groupe a revendiqué la responsabilité d’un attentat-suicide visant la Direction de la sécurité du Sud du Sinaï à el-Tor, qui a tué trois personnes et blessé plus de 45 autres.
En janvier 2014, il a abattu un hélicoptère militaire dans une attaque de missiles, tuant cinq soldats à bord, selon le Département d’Etat. Il a également revendiqué la responsabilité de quatre attaques impliquant des voitures piégées et de grenades au Caire, qui ont fait six morts et plus de 70 blessés, dont de nombreux passants civils.
Le mouvement a également ciblé des représentants du gouvernement, y compris une tentative d’assassinat du ministre égyptien de l’Intérieur Mohamed Ibrahim en septembre 2013.
En février 2014, il a commencé à cibler les touristes étrangers. Un attentat contre un bus de tournée dans la péninsule du Sinaï a tué le chauffeur égyptien et trois touristes sud-coréens.
 
 
Violences des FM
 
Le pays est secoué quotidiennement par des violences des partisans et militants des Frères musulmans (FM), et les attentats visant les policiers et l’armée se sont multipliés. Le procès qui devait s’ouvrir au Caire, de Mohamed al-Zawahiri, frère du chef d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, est renvoyé à une date ultérieure, comme celui de l’ex-président islamiste Mohamed Morsi et les principaux dirigeants de son parti. Souci de faire un procès sans faute aux Frères musulmans ou tenir en haleine la population pour que soit décriée davantage la confrérie islamiste vieille d’un siècle et bien introduite dans la société ne serait-ce que par ses actions caritatives dont l’absence aujourd’hui a porté un coup au pouvoir d’achat des plus pauvres qui constituent la majorité dans le pays des pharaons? Mohamed al-Zawahiri, frère du chef d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, et 67 autres personnes doivent être jugés pour formation d’un groupe terroriste en vue d’attaquer des installations gouvernementales, les forces de sécurité et des chrétiens. Mohamed al-Zawahiri avait été arrêté en août dernier pour soutien à l’ex-président islamiste Mohamed Morsi qui comparaît actuellement dans plusieurs procès. Le parquet du Caire qui a annoncé le report de leur procès a précisé que Mohamed al-Zawahiri avait envoyé des membres de son groupe en Syrie pour combattre le régime de Bachar Al-Assad.
De sa part, le président du Comité international des Sages de l’Afrique, Alpha Oumar Konaré a affirmé lors de sa visite au siège de la Ligue arabe, le soutien de l’Union Africaine (UA) aux démarches entreprises par l’Égypte pour exécuter la feuille de route. La délégation de l’UA a informé tous les partenaires politiques et partisans de tous les courants qu’elle a rencontrés en Egypte de la nécessité de parachever l’exécution de la feuille de route et d’engager un dialogue pour régler tous les problèmes. Lors d’une conférence de presse avec le chef de la diplomatie Nabil Fahmi au siège de la Ligue arabe, Konaré a réitéré la condamnation par l’UA de toute forme de violence et d’attentat commise contre les éléments de la police et de l’armée en Egypte. Il est normal que la justice prenne son cours envers les personnes reconnues coupables et il vaut mieux relâcher celles qui n’ont rien commis, a-t-il dit. La crise entre l’Égypte et l’UA a permis aux deux côtés de reconsidérer leurs engagements communs, a-t-il dit.
 
 
Promotion de la croissance économique
 
Dans ce contexte, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé qu’il prévoyait une croissance de 2,7% en Égypte en 2014, contre 2,1% en 2013. “La croissance économique du pays arable le plus peuplé en 2014 devrait être largement la même que celle de 2013 alors que l’incertitude politique va continuer à peser sur le tourisme et l’investissement étranger direct”, a précisé l’institution financière internationale dans son rapport de prévisions économiques mondiales. Le FMI a également indiqué que la croissance égyptienne ne devrait pas décoller malgré des “incitations fiscales” et le soutien financier apporté par des pays du Golfe, qui ont fourni des milliards de dollars d’aide à l’Égypte depuis l’éviction en juillet 2013 du président islamiste Mohamed Morsi. L’Arabie saoudite s’est engagée à apporter une aide de 5 milliards de dollars au pouvoir en Egypte tandis que les Emirats arabes unis et le Koweït lui ont offert ensemble 7 milliards de dollars.
De sa part, le Koweït a annoncé un accord prévoyant de vendre à l’Egypte au prix du marché 85.000 barils de pétrole par jour et 1,5 million de tonnes de fuel et de kérosène par an. Ces fournitures, au prix du marché, couvrent trois ans jusqu’en 2016, selon les termes de l’accord, a annoncé un responsable de la compagnie d’Etat koweïtienne, la Kuwait Petroleum Corp. “C’est un accord commercial et non politique”, a tenu à souligner ce responsable, Ibrahim al-Mudhaf, dans une déclaration. Les deux pays sont en train de négocier d’autres contrats énergétiques, portant notamment sur la fourniture de gaz butane à l’Egypte, a ajouté  Mudhaf, en indiquant qu’ils pourraient être conclus d’ici deux mois. Le Koweït et l’Egypte sont également en train d’examiner, selon le même responsable, des opportunités d’investissement dans le domaine pétrolier.