Le site archéologique d’Abou Mina retrouvera sa gloire

24-05-2022 07:08 AM


Le ministre du Tourisme et des Antiquités, Khaled Al-Anani, a effectué une visite au site du patrimoine d’Abou Mina dans la région de Borg Al-Arab à Alexandrie pour inspecter le projet visant à abaisser le niveau des eaux souterraine dans le site.

Le ministère s’emploie désormais à finaliser les procédures de dépôt d’une demande de retrait du site de la liste de l’UNESCO du patrimoine en péril, 21 ans après son inscription sur cette liste en raison du niveau élevé de ses nappes phréatiques.

Al-Anani a souligné l’intérêt du ministère pour le projet, car il souhaite combiner les efforts des autorités concernées du pays pour mettre en œuvre tous les travaux en coopération avec les ministères des ressources en eau et de l’irrigation, de l’agriculture et de la bonification des terres et le gouvernorat d’Alexandrie, ce qui contribuerait à la réalisation du projet de manière optimale et en accord avec l’importance du site comme l’un des sites archéologiques inscrits sur la Liste du patrimoine mondial à l’UNESCO.

Il a affirmé l’intérêt de l’État égyptien pour ce projet et d’autres projets qui se déroulent dans les sites du patrimoine mondial, car un comité supérieur a été formé pour gérer les sites du patrimoine mondial en 2018, dirigé par le président adjoint de la République pour les projets nationaux et stratégiques, suivant une décision du Président de la République.

Au cours de la visite, le ministre du Tourisme et des Antiquités a indiqué la nécessité d’achever les travaux d’aménagement de la zone dans son ensemble et de remonter les colonnes, les pièces et les découvertes archéologiques de la basilique sur le site pour les restaurer et les réinstaller à leur emplacement d’origine.

Le site est inscrit comme antiquité conformément à la résolution n°698 de 1956 et site du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979. Sa construction remonte à la fin du Ve et à la première moitié du VIe siècle après JC. Il se situe à 75 km à l’ouest d’Alexandrie, à 60 km au sud de l’ancienne ville de Borg Al-Arab, et la superficie du site est de mille hectares.

Le site a été découvert en 1905 par le scientifique allemand Kaufmann, puis par les fouilles du Musée gréco-romain d’Alexandrie de 1925 à 1929, et les fouilles du Musée copte du Caire de 1951 à 1952. Depuis 1961, l’Institut archéologique du Caire a commencé des fouilles continues dirigées par Peter Grossmann.

Les fouilles du site du patrimoine d’Abou Mina ont révélé une ville entière appelée la «ville de marbre», en raison du grand nombre de marbres qu’elle contenait. Les fouilles ont également mis au jour un groupe d’églises, de maisons et de bains.

En 2002, des fouilles ont été menées dans l’immense ensemble architectural situé à l’ouest du Hammam Nord. Parmi les ruines du monastère de Saint Mina, des restes de vases de poterie de différentes tailles connus sous le nom de bouteilles de poterie de Saint Mina ont été trouvés.

Le monastère d’Abou Mina est considéré comme un centre de rassemblement pour les chrétiens qui entreprennent le saint pèlerinage au mont Moïse et au monastère Sainte-Catherine. Certains se dirigent même du monastère Sainte-Catherine vers Jérusalem. Le monastère de Saint Mina lui-même était une destination pour les pèlerins européens cherchant les bénédictions des eaux du puits de Saint Mina.

Le musée copte d’Egypte, le British Museum et les musées européens possèdent de nombreuses collections de vases de pèlerins chrétiens remplis d’eau du monastère. Ces ustensiles ne peuvent pas se tenir debout, mais doivent être portés par des cordes reliant le cou et les oreilles.

La zone des antiquités islamiques et coptes du sud du Sinaï a révélé une collection de ces pots dans la région de Tell Al-Machraba à Dahab, région qui a été réutilisée comme forteresse byzantine au VIe siècle après JC.

Peu de ruines sont encore debout, mais les fondations des grands édifices (comme celles de la grande basilique ) sont facilement reconnaissables.

L’exploitation agricole récente de la région a provoqué la remontée de la nappe phréatique souterraine, qui à son tour a provoqué l’effondrement de certains bâtiments et en a rendu d’autres instables. Pour cette raison, en 2001, le site a été ajouté à la liste des sites du patrimoine mondial en péril.

Dans ce site, saint Mina d’Égypte fut martyrisé au IIIe ou IVe siècle. Le corps fut transporté d’Alexandrie à dos de dromadaire, jusqu’à son arrivée près du lac Maréotis, au milieu du désert. À un moment donné, le chameau a refusé de continuer, malgré tous les efforts. Cela a été reçu comme un signe de volonté divine et le corps y a ensuite été enterré.

Le lieu fut oublié jusqu’à sa redécouverte miraculeuse par un berger local. La nouvelle se répandit rapidement et l’empereur Constantin Ier ordonna la construction d’une église à cet endroit. A partir de cette époque, le site est devenu un lieu de pèlerinage populaire pour les croyants en quête de guérison ou d’autres miracles.

Sous le règne d’Arcadius, l’archevêque de cette région remarqua que la foule devenait trop nombreuse pour la petite église et il écrivit une lettre à l’empereur et ce dernier ordonna un agrandissement de l’édifice. À la fin de la période de l’Antiquité tardive, Abou Mina était devenu le principal centre de pèlerinage d’Égypte.

Les premières fouilles archéologiques ont été menées entre 1905 et 1907, mettant au jour une grande basilique, une église attenante qui abritait les reliques du saint et un bain romain.

Des travaux de fouilles ultérieurs ont été effectués par un groupe allemand jusqu’en 1998, conduisant à la découverte d’un dortoir pour les pauvres avec deux sections séparées pour les hommes et pour les femmes et les enfants. Au sud de la grande basilique se trouve un complexe dans lequel résidait probablement l’hégoumène. Le grand Xenodocheion, espace réservé à l’accueil des pèlerins, était probablement à l’origine un cimetière. A côté de l’église se trouve un baptistère qui montre les signes de multiples rénovations au cours des siècles. Un complexe de pressoirs à vin a également été découvert, ainsi que des entrepôts souterrains datant du VIe ou du VIIe siècle.

A noter que le Dimanche 10 Mai 1959, le moine Mina l’ermite du Monastère El Baramos (Sainte Vierge) fut consacré Pape et Patriarche de la Prédication de Saint Marc et 116ème Patriarche d’Alexandrie au nom du Pape Kirillos VI. Il saisit l’occasion de sa haute responsabilité à la tête de l’Eglise et ordonna de renouveler toute la région d’Abou Mina pour lui rendre sa gloire et sa réputation. Ce rétablissement de la région du Monastère Saint Mina à Mariout était le premier projet de construction auquel Sa Sainteté donna la priorité après être devenu Pape.

Le Saint Pape arriva à la région d’Abou Mina et célébra une messe à laquelle assista un grand nombre de fidèles et c’était la première fête pour Saint Mina après la consécration du Saint Pape Kirillos. C’était aussi la première fois qu’un Pape assiste à la célébration de la fête du Saint dans cette région depuis sept siècles.

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