Appel historique commun pour la «protection de la Création»

28-09-2021 09:38 AM


Instituée par le Pape François en 2015, la Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création est célébrée chaque 1er septembre : « La Journée Mondiale annuelle de Prière pour la Sauvegarde de la Création offre à chacun des croyants et aux communautés la précieuse opportunité de renouveler leur adhésion personnelle à leur vocation de gardiens de la création, en rendant grâce à Dieu pour l’œuvre merveilleuse qu’Il a confiée à nos soins et en invoquant son aide pour la protection de la création et sa miséricorde pour les péchés commis contre le monde dans lequel nous vivons » a écrit le Saint-Père.

Elle a été prolongée par un Temps pour la création jusqu’au 4 octobre. En 2015, le Pape François a retenu la date du 1er septembre pour instituer dans l’Eglise catholique, une « Journée Mondiale de Prière pour la Sauvegarde de la Création ». L’initiative rejoignait celle des Eglises orthodoxes qui à l’occasion du 3ème rassemblement œcuménique de Sibiu en Roumanie de 2007, ont proposé un « temps de la création », du 1er septembre au 4 octobre. En effet, le 1er septembre est le début de l’année liturgique pour les Églises orthodoxes, ce jour rappelle en particulier l’oeuvre de Dieu dans la création du monde. Le 4 octobre est la fête de Saint François d’Assise, saint patron de l’écologie, aimé par de nombreuses confessions chrétiennes.

Pour cette année 2021, le thème choisi par l’équipe œcuménique de la saison de la création est “Un foyer pour tous ? Renouveler l’Oikos de Dieu”.
Oikos est le mot grec pour “maison” ou “foyer”. En ancrant le thème dans le concept d’oikos, on célèbre le réseau intégral de relations qui soutient le bien-être de la Terre. Le symbole de cette année, la tente d’Abraham, signifie l’engagement à sauvegarder un endroit pour tous ceux qui partagent la maison commune, tout comme Abraham l’a fait dans le livre de la Genèse.

En soutien au lancement du Temps pour la création, le Pape François, le patriarche œcuménique Bartholomée et Justin Welby, archevêque de Cantorbery, ont publié une déclaration commune historique.

Dans ce message, premier en son genre, les trois dirigeants spirituels ont appelé tous les chrétiens et leurs communautés à faire face à «la menace sans précédent du changement climatique et de la dégradation environnementale»

Pourquoi est-ce si important, et que devrions-nous faire à présent ? Voici cinq points clés à propos de ce message historique:

Premièrement, le Temps pour la création est une opportunité pour engendrer un véritable changement dans le monde

C’est la célébration chrétienne annuelle de prière et d’action pour notre maison commune.

Selon ces dirigeants spirituels, ce temps très spécial de l’année est une opportunité de changer notre manière d’agir et de ne jamais revenir à nos anciennes habitudes. À quelques semaines de la 26ème conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, les chrétiens ont une opportunité de plaider et de générer un véritable changement pour notre maison commune au cours de la saison œcuménique.

«Nous ne pouvons pas laisser ce moment passer. Nous devons décider du type de monde que nous voulons laisser aux générations à venir» écrivent les dirigeants.

«Alors que les dirigeants mondiaux se retrouvent le mois prochain à Glasgow pour délibérer de l’avenir de notre planète, nous devons nous arrêter, réfléchir et faire des choix difficiles. En tant que chefs de nos Églises, nous appelons tous, quelles que soient leurs croyances ou leurs visions du monde, à se pencher sur leur comportement et à s’engager à faire de véritables sacrifices au nom de la Terre que Dieu nous a donnée».

Montrez le chemin à votre communauté en inscrivant un événement pour le Temps pour la création

Deuxièmement, malgré nos péchés passés, il nous reste une opportunité pour redresser nos torts à l’encontre de la création de Dieu.

Citant les saintes Écritures, les dirigeants nous ont rappelé que la tradition chrétienne nous invite à agir en tant que «gardiens – notre responsabilité collective et individuelle vis-à-vis du don que Dieu nous a fait».

Mais nous nous sommes égarés. «Nous cherchons à obtenir le maximum pour notre intérêt personnel aux dépens des générations à venir. On voit qu’en concentrant notre richesse, les ressources à long terme, y compris la richesse de la nature, se trouvent épuisées pour un plaisir à court terme», écrivent les dirigeants.

Tout n’est cependant pas perdu. Ainsi que l’a souligné le dernier rapport des Nations Unies, il nous reste encore du temps pour atteindre les objectifs de l’accord historique de Paris sur le climat.

Les dirigeants spirituels écrivent: «Aujourd’hui, en cet instant, nous avons une opportunité pour nous repentir, changer de voie de manière résolue, nous diriger dans la direction opposée. Nous devons chercher la générosité et l’équité dans la façon dont nous vivons, travaillons et utilisons l’argent, au lieu de chercher le bénéfice égoïste».

Troisièmement, le changement climatique est une question de vie et une question morale.

Les dirigeants nous rappellent que la crise écologique et l’urgence climatique constituent des questions de vie et morales. Si vous défendez la vie, vous travaillez contre la crise climatique.

«Dieu commande: “Choisis la vie afin que tu vives, toi et ta postérité” (Deut 30:19). Nous devons choisir de vivre différemment; nous devons choisir la vie».

À l’instar du puissant message du Pape François dans Laudato Si’, les trois chefs spirituels ont souligné combien la crise climatique touche les plus vulnérables d’entre nous de manière disproportionnée. Il s’agit là de membres de la création de Dieu qui n’ont pour ainsi dire aucune responsabilité dans les émissions de gaz à effet de serre se trouvant à la source de l’urgence climatique selon les scientifiques, et ce sont malgré tout elles et eux qui en subissent les pires conséquences.

«Nous sommes au service d’un Dieu de justice qui se réjouit de la création et crée chaque personne à Son image, ce qui signifie qu’il y a en nous un besoin inné de répondre avec angoisse à pareille situation d’injustice dévastatrice» écrivent-ils.

Quatrièmement, dépasser ces crises nécessite une coopération approfondie entre tous les chrétiens.

Les dirigeants spirituels ont mis en exergue la situation actuelle dans laquelle le monde fait face à plusieurs crises simultanées, y compris l’urgence climatique, la pandémie de Covid-19, la faim dans le monde ou encore la souffrance économique.

Pour progresser, nous devons saisir cette opportunité «à travers une co-responsabilité mondiale et une solidarité renouvelées», et donc des changements pour tous.

«Chacun d’entre nous, individuellement, doit assumer sa part de responsabilité pour la manière dont nous utilisons nos ressources. Ensemble, en tant que communautés, églises, villes et nations, nous devons explorer de nouvelles façons de travailler ensemble… Cette voie nécessite une collaboration encore plus rapprochée entre l’ensemble des églises dans leur engagement pour la sauvegarde de la création, nous acquittant avec équité du mandat que Dieu nous a donné (Gn, 2:15)»

Cinquièmement, nous sommes tous nécessaires.

Les trois dirigeants chrétiens n’ont pas limité aux chrétiens leur appel extraordinaire pour le Temps pour la création; ils ont invité chaque personne et institution à assumer leur part de responsabilité.

«Ensemble, au nom de nos communautés, nous en appelons au cœur et à l’esprit de chaque chrétien, de chaque croyant et de chaque personne de bonne volonté», écrivent-ils.

«Tous – qui que nous soyons, où que nous soyons – nous pouvons concourir à un changement dans notre réponse collective face à la menace sans précédent du changement climatique et de la dégradation environnementale. Prendre soin de la création de Dieu est une mission spirituelle qui exige un engagement en retour. Nous vivons un moment crucial. L’avenir de nos enfants en dépend.»

(2e en partant de la droite) lors d’une rencontre œcuménique à Assise

(Visited 9 times, 1 visits today)

commentaires

commentaires