Hommage à Jean-Paul Belmondo, mythologie de la France heureuse

20-09-2021 09:55 AM


Les obsèques de Jean-Paul Belmondo, décédé le lundi 6 septembre à l’âge de 88 ans, ont été célébrées vendredi 10 septembre à l’église de sa paroisse Saint-Germain-des-Prés, dans le VIe arrondissement de Paris, présidées par Mgr Philippe Marsset, évêque auxiliaire de Paris. Elles ont été célébrées dans la plus stricte intimité familiale. La cérémonie a été suivie d’une crémation dans l’intimité. Un hommage national lui avait été rendu la veille, jeudi, aux Invalides.

Trois jours après le décès de Jean-Paul Belmondo, l’émotion a atteint son paroxysme lors de l’hommage national. Près de 1000 personnes du public pouvaient assister à cet adieu solennel. Pour celles qui ne pouvaient pas entrer, des écrans géants avaient été installés à l’extérieur.
L’adieu au “Magnifique” a débuté par un éloge funèbre du président Emmanuel Macron et s’est terminé par une sortie très émouvante du cercueil de l’acteur au son de “Chi Mai”, musique d’Ennio Morricone utilisée dans la bande originale du film “Le Professionnel”, jouée par l’orchestre de la Garde républicaine.

Rendant hommage au “Magnifique” dans la cour des Invalides à Paris, Emmanuel Macron a prononcé l’éloge funèbre pour saluer la mémoire de l’acteur disparu, “une mythologie de la France heureuse”.
“Jean-Paul Belmondo était de la famille”, a commencé le chef d’État, avant de louer ce “héros aux mille visages”, dont la carrière a “charrié mille vies”. Il a salué “six décennies de cavalcades à nos côtés”, sa “gueule” et sa “gouaille”. “Jean-Paul Belmondo fut la figure qui transperça les styles, traversa les époques, cassa toutes les barrières”, loua encore Emmanuel Macron.
“Nous aimons Belmondo parce qu’il nous ressemblait”.
En quelques minutes et par de multiples références, le chef de l’État a revu l’ensemble de sa carrière, “flic, voyou, magnifique toujours”, a-t-il énuméré, avant d’évoquer l’acteur “de nos vingt ans, de nos trente ans et de nos cinquante ans”. “Jean-Paul Belmondo habita la France”, a rappelé Emmanuel Macron en évoquant “tous ces lieux” où l’acteur est passé. Les Champs-Élysées dans «A bout de souffle», «Le château de Maintenon» dans «Le Professionnel» ou “les rues de Marseille” et la “Riviera azuréenne”.
“Nous aimons Jean-Paul Belmondo parce qu’il nous ressemblait”, a résumé brillamment le chef de l’État, “géant parmi les géants, homme parmi les hommes”. “Belmondo, c’est un peu nous en mieux, a ajouté le président, il fut l’ami que chacun aimerait avoir, il fut le fils que tous les parents aimeraient avoir”.
“Il raconte nos contradictions, nos failles, on aime son goût du risque, l’élégance de sa joie, son style, il fit la chronique de nos vies”, a encore salué Macron qui le décrivit ”beau comme tout”.
“Vous perdre aujourd’hui, c’est perdre un immense acteur, un long moment enchanté de cinéma français et une part de nos vies”, a adressé le chef de l’État au nom de la nation, avant de conclure par un spontané “Adieu Bébel”.

Le chef de l’État qui a entièrement écrit cet éloge funèbre, a ensuite accompagné le cercueil de l’immense acteur, recouvert des couleurs nationales dans une sortie très émouvante.
A l’issue de la cérémonie, les portes des Invalides s’étaient ouvertes à tous ceux qui voulaient se recueillir devant le cercueil. Un dispositif exceptionnel qui avait déjà été mis en œuvre après le décès de Jacques Chirac en 2019, permettant à des milliers de personnes de dire adieu à l’ancien président.

Au lendemain de l’hommage national qui lui a été rendu dans la cour des Invalides, ses proches et la famille du cinéma se sont réunis en l’église de Saint-Germain-des-Prés à Paris pour ses obsèques.

De sa part, Mgr Philippe Marsset, évêque auxiliaire de Paris, a souligné dans son homélie “le comédien qu’il était, vivait dans sa vie ordinaire ce qu’il savait donner aux autres : la joie, la générosité, l’humour”,
« Si le grain de blé meurt, il porte beaucoup de fruits…. » Avec Paul son fils, nous avons choisi cette page d’Évangile pour vivre avec vous son enterrement, sous le regard de la Parole de Dieu. Nous avons d’abord pensé évidemment à tous ces fruits que révèlent les hommages de la France et de tous les artistes. Lui, l’homme à la gaieté communicative, à la joie généreuse, à l’empathie ruisselante…
Dans « itinéraire d’un enfant gâté », il nous dévoilait peut-être quelque chose de lui quand il disait à Richard Anconina : « Ce qui intéresse les personnes, c’est que tu leur parles d’eux, pas de toi » ! Et nous savons tous comment il a su insuffler à ses personnages sa sympathie, sa bonne humeur, son charme d’homme heureux.Ainsi quand il a tourné « Léon Morin, prêtre » François Mauriac avait écrit dans le Figaro littéraire : « La grâce s’imite donc, me disais-je. Qu’un bon acteur comme Belmondo puisse devenir n’importe quelle créature, entrer dans toutes les peaux, je le savais. Mais ici, dans ce rôle-là il fallait devenir ce saint qui ne sait pas qu’il est saint et qu’il fût en même temps ce garçon aimé d’une jeune femme et qui sait qu’il est aimé ».Il y avait en lui, une vraie unité de vie qui a contribué à le faire aimer. Il était aimé des gens parce qu’il aimait les gens, on l’a souvent dit et redit !Jean-Paul Belmondo était baptisé, pas franchement pratiquant dans le domaine liturgique, mais il a gardé dans sa belle humanité des traces indélébiles de sa ressemblance filiale d’avec Dieu.
Dans une interview, il disait qu’il ne craignait pas la mort : « Elle est inéluctable » disait-il « et il y a longtemps que je me suis fait une raison ». Aujourd’hui, l’homme de brio rencontre le Fils du Très-Haut. Le « bien-aimé des hommes » Jean-Paul Belmondo, découvre le Bien Aimé du Père, celui que le Père des Cieux appelle son « Fils Bien Aimé : Jésus ». Le grain de blé était volontairement tombé en terre pour que nos propres vies humaines ne se terminent pas par un saut dans le vide, mais soient absorbés dans sa vie divine. Et ce sera pour lui, comme pour nous à notre heure, une divine surprise.Dans les rares paroles qu’il a livrées sur sa vie de baptisé, Jean-Paul Belmondo parlait plus d’une deuxième vie qui prolongerait, mais en mieux, les amours et les amitiés de la terre. Il avait dit qu’il retrouverait autour d’une bonne table Lino, Gabin, Audiard et tous ces autres compères. Ses parents aussi, sa fille Patricia… Sa surprise aujourd’hui c’est de découvrir que la mort n’est pas une heureuse (ou douloureuse) prolongation de la vie terrestre mais une totale transformation.« Seigneur, je ne te demande pas pourquoi tu nous as enlevé Jean-Paul Belmondo, je te remercie de nous l’avoir donné. », a-t-il conclu.

À la fin de la cérémonie, le cercueil du monstre sacré du cinéma a quitté Saint-Germain-des-Prés, sous les applaudissements du public, moment riche en émotion….

Le Coronavirus annule le Festival du cinéma francophone

Quelques heures avant la date prévue du festival

du cinéma francophone qui devait s’ouvrir le samedi 11 septembre à l’Opéra d’Alexandrie, la direction du festival a annoncé l’annulation des activités de la première édition, vu que tous les invités étrangers, les membres du jury , les lauréats et les cinéastes se sont excusés de ne pouvoir y participer en raison de la quatrième vague de l’épidémie du Coronavirus.

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