La citadelle de Siwa rénovée au profit de l’écotourisme

18-11-2020 07:59 PM


Deux ans après le début du projet de restauration et de revitalisation de l’ancien village de “Shali” dans l’oasis de Siwa dans le gouvernorat de Matrouh avec le soutien de l’Union européenne, Dr. Khaled Al-Anani, Ministre du Tourisme et des Antiquités, Dr. Rania Al-Machate, Ministre de la Coopération Internationale, Dr. Yasmine Fouad, Ministre de l’Environnement, et le Major Général Khaled Chouaib, Gouverneur de Matrouh ont assisté à l’inauguration du projet. La délégation de l’Union européenne en Égypte, une délégation représentative du Fonds des Nations Unies pour la population en Égypte, plusieurs ambassadeurs et attachés culturels et les cheikhs des tribus de Siwa ont également assisté à l’ouverture.

Shali a été initialement construite à Siwa comme un lieu sûr pour les Siwis afin de les protéger contre les attaques des tribus bédouines. Le village était une ville fortifiée avec un mur d’enceinte solide qui comprenait trois portes, et est resté un endroit prospère jusqu’en 1926 lorsque de fortes pluies ont endommagé ses maisons construites en karchif. Les habitants ont dû l’abandonner et déménager, la laissant comme une ville fantôme. Malgré cela, les bâtiments groupés à flanc de colline et la forteresse imposante n’ont jamais cessé d’enchanter les visiteurs, tout comme l’artisanat et la broderie locaux.

L’objectif de l’événement était de mettre en lumière les réalisations considérables de l’Initiative depuis 2018 et les travaux restant à mettre en œuvre jusqu’à la fin de 2020. Conçu pour faire revivre, restaurer et conserver le karchif construit à Shali dans le site archéologique et la colonie partiellement abandonnée et délabrée qui l’entoure, l’Initiative stimulera également l’économie de Siwa en améliorant sa position internationale en tant que destination écotouristique de premier plan.

L’Initiative comprend de nombreux éléments clés qui, ensemble, ont contribué à l’autonomisation économique des habitants de Siwa grâce à la préservation du patrimoine. Cela a été réalisé à travers la restauration, la conservation et l’adaptation de l’utilisation des structures et des espaces du site archéologique, élevant la position de Shali comme l’une des principales attractions touristiques culturelles de Siwa et renforçant la capacité des résidents locaux à restaurer leurs propriétés.

L’Initiative a également réussi à concevoir, à établir et à équiper un musée de l’architecture de la Terre pour présenter et documenter le patrimoine architectural et culturel distinctif et unique de l’oasis de Siwa.

L’Initiative a démontré que la conservation des sites patrimoniaux parallèlement à la mise à niveau des services environnementaux et sanitaires améliore les conditions de vie et stimule les économies locales

Afin de répondre aux besoins socio-économiques de la jeune population de l’Oasis, l’Initiative a fourni une plate-forme pour l’amélioration des moyens de subsistance par la reconstruction et la restauration de zones commerciales, des marchés traditionnels connus sous le nom de ” khoss ”, où les propriétaires de petites entreprises et les artisans peuvent étaler et vendre leurs produits.

En outre, l’Initiative a aidé à répondre aux besoins de santé urgents des segments de population les plus vulnérables de l’Oasis – les femmes et les enfants – en créant et en équipant un centre de santé maternelle et infantile qui fournit des services de santé de base aux femmes et des soins de santé primaires aux enfants.

« Apprends à tes enfants et aux miens ce que signifie l’ancienne Shali », chantaient des fillettes aux tenues chamarrées, lors de l’inauguration de la citadelle restaurée de Shali, monument phare de l’oasis de Siwa, à 750 km à l’ouest du Caire.

Construite au XIIIe siècle, « Shali» («Chez moi» en langue siwi), a été érigée par les populations berbères installées dans l’oasis pour parer aux invasions bédouines.

Le projet de restauration, lancé en 2018, entend faire de Siwa une destination de l’écotourisme mondial. Il est financé à hauteur de 540.000 euros par l’Union européenne et mené par l’entreprise cairote Environmental Quality International (EQI) sous l’égide du gouvernement.

Longtemps isolée, l’oasis n’a commencé à accueillir des touristes que dans les années 1980, après la construction en 1984 de la route la reliant au littoral méditerranéen et à la ville de Marsa Matrouh, capitale de l’Ouest.

Dotée de palmeraies, de lacs de sel et de vestiges antiques, l’oasis constitue un modèle de tourisme alternatif qui contraste avec les stations balnéaires de la mer Rouge (est) et les grandes étapes des croisières nilotiques –Louxor, Assouan–, conçues pour un tourisme de masse.

En 2017, le gouverneur de Marsa Matrouh avait déclaré vouloir mettre en valeur cette destination de tourisme thérapeutique et environnemental, enregistrée comme réserve naturelle depuis 2002.

Baptisés «écolodges», la majorité des hôtels y ont misé sur le respect de l’environnement, arborant des jardins potagers luxuriants et des façades en karchif.

Mais située à 50 km de la Libye, en proie à la guerre civile, Siwa a pâti des troubles politiques et sécuritaires secouant la région depuis 2011, ainsi que de la crise du coronavirus, qui ont freiné son activité touristique.

Depuis 2010, le nombre annuel de visiteurs étrangers a chuté d’environ 20.000 à 3.000. Le tourisme domestique ne compense que partiellement la baisse. La restauration va profiter à l’oasis et amener des touristes.

Outre la reconstruction d’une partie du dédale et des remparts, le projet mené par EQI comprend la mise à disposition, pour les artisans, d’une petite zone commerciale où vendre leurs productions, calquée sur les marchés traditionnels siwis, ou encore la création d’un musée de l’architecture locale.

Il s’agit de ramener les habitants de Siwa à leurs origines tout en leur offrant des possibilités d’emploi et des services.

Erigé en symbole de développement durable, le karchif employé pour les travaux est issu de matériaux récupérés après le déblai des lieux.

Le matériau ancestral, de couleur ocre brun, avait été abandonné par les habitants au profit du béton et du gypse blanc, moins friables, qui dominent aujourd’hui l’oasis d’un peu plus de 30.000 âmes.

Il y a d’autres priorités à Siwa, dont la rénovation des routes ou le traitement des eaux usées agricoles qui menacent la culture de l’olivier et du palmier dattier, autres piliers de l’économie locale.

Fier de ce projet essentiel, le ministre des Antiquités et du Tourisme Khaled al-Anani reconnaît notamment l’urgence de relier Siwa au reste du monde.

«Nous avons besoin de travailler sur les infrastructures de la région, l’aéroport et les routes surtout», a-t-il dit.

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