Ce qu’il faut retenir du premier gouvernement du quinquennat Macron

25-05-2017 10:03 AM


Ce qu'il faut retenir du premier gouvernement du quinquennat Macron

Le premier gouvernement, composé de 22 membres, du quinquennat Macron, a été dévoilé mercredi 17 mai après un report de 24 heures. Pour le Premier ministre, Edouard Philippe, il fallait remplir trois critères énoncés par le président de la République : un gouvernement paritaire, ouvert à la société civile, et enfin, à la fois “de droite et de gauche”. Le pari est-il tenu ?
La parité

Avec neuf ministres femmes et neuf hommes, le gouvernement est paritaire (si l’on exclut le Premier ministre). Même chose pour les quatre secrétaires d’Etat : deux femmes et deux hommes.
Dans le détail, les trois ministres d’Etat – un titre honorifique qui atteste du poids dans le gouvernement – sont des hommes (Gérard Collomb à l’Intérieur ; François Bayrou à la Justice ; Nicolas Hulot à la Transition écologique et solidaire). Sylvie Goulard est la première femme à apparaître dans l’ordre protocolaire, comme ministre des Armées, à la quatrième place, mais sans le titre de ministre d’Etat.
Enfin, on peut noter que les hommes du gouvernement sont, pour beaucoup, des “vieux routards” de la politique (Gérard Collomb, François Bayrou, Jean-Yves Le Drian, Bruno Le Maire…). Ce qui est moins le cas des femmes, qui sont plus issues de la société civile : Agnès Buzyn, Françoise Nyssen, Muriel Pénicaud, Frédérique Vidal, Laura Flessel…
L’équilibre gauche-droite

A gauche, Gérard Collomb hérite de l’Intérieur. Membre de l’aile droite du PS, sénateur-maire de Lyon, soutien de la première heure d’Emmanuel Macron, en larmes pendant la passation de pouvoirs dimanche à l’Elysée, il intègre pour la première fois, à 69 ans, un gouvernement. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense de François Hollande pendant cinq ans, devient ministre des Affaires étrangères. Un seul autre membre de l’équipe sortante de Bernard Cazeneuve reste au gouvernement : Annick Girardin, qui obtient le portefeuille de l’Outre-mer.
Parmi les fidèles d’Emmanuel Macron, Richard Ferrand, député PS sortant et secrétaire général de La République en marche, devient ministre de la Cohésion des territoires. Jacques Mézard, patron du groupe RDSE (radicaux) au Sénat, est nommé ministre de l’Agriculture.
A droite, dans la foulée de la nomination d’Edouard Philippe à Matignon, seules deux personnalités issues des Républicains rejoignent Emmanuel Macron : Bruno Le Maire est nommé ministre de l’Economie. Et le sarkozyste Gérald Darmanin est nommé ministre de l’Action et des Comptes publics.
Le gouvernement fait enfin la part belle aux centristes, avec le retour, pour la première fois depuis 1997 au sein d’un exécutif, de François Bayrou, à la Justice, accompagné de Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes de plein exercice, et de Sylvie Goulard, qui hérite des Armées.
Le renouvellement issu de la société civile

Le gouvernement compte huit ministres issus de la société civile et dix ministres “politiques”. Comme nous l’avons signalé ci-dessus, les femmes sont surreprésentées dans la partie société civile du gouvernement : elles sont six sur huit. Ainsi, Agnès Buzyn, nommée ministre des Solidarités et de la Santé, préside la Haute Autorité de santé (elle a aussi présidé l’Institut national du cancer). La directrice de la maison d’édition Actes Sud, Françoise Nyssen, prend la tête du ministère de la Culture.
Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a dirigé l’agence nationale publique Business France ; elle a mené une carrière dans le privé en passant par des groupes comme Dassault Systèmes, Orange ou encore Danone. Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, dirigeait l’université Nice-Sophia-Antipolis, elle est aussi chercheuse en biochimie et biologie moléculaire et cellulaire.
L’ancienne championne olympique d’épée à Atlanta (1996) Laura Flessel est nommée ministre des Sports. Enfin, la présidente de la RATP Elisabeth Borne est chargée des Transports.
Côté hommes, l’ancien animateur de télé et figure de l’écologie Nicolas Hulot intègre pour la première fois un gouvernement. Il est nommé à la Transition écologique. Et Jean-Michel Blanquer prend la tête de l’Education nationale. Ce juriste dirigeait jusque-là le groupe Essec, une grande école de commerce.
La moyenne d’âge

Si la France peut se vanter de bénéficier de l’un des plus jeunes chefs d’Etat du monde (39 ans), son gouvernement n’affiche pas la même jeunesse. La moyenne d’âge des ministres nommés par Edouard Philippe et Emmanuel Macron est de 54,6 ans. En 2012, le premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault affichait une moyenne d’âge de 52,4 ans.
A 34 ans, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, est le ministre le plus jeune de ce gouvernement (le secrétaire d’Etat chargé du Numérique Mounir Mahjoubi est âgé de 33 ans). Gérard Collomb (Intérieur), Jean-Yves Le Drian (Europe et Affaires étrangères) et Jacques Mézard (Agriculture et Alimentation), tous les trois âgés de 69 ans, sont les doyens de ce gouvernement.

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