Une authenticité revivifiée

15-12-2011 09:06 AM

Névine Lamei


L’inauguration de l’Académie égyptienne des Arts à Rome restera gravée dans la mémoire des intellectuels du monde alors qu’a été dévoilé un des gigantesques édifices culturels égyptiens en occident.
L’Académie égyptienne des Arts à Rome, après sa restauration vient d’être inaugurée par le président Hosni Moubarak, accompagné du Premier ministre italien Silvio Berlusconi. Cette  académie est considérée comme la seule académie arabe et africaine dans la capitale italienne, Rome et l’une des 17 académies mondiales répandues à Rome. Elle vise à diffuser la culture égyptienne  et arabe à Rome en Italie et en Europe, et à mélanger la créativité égyptienne à celle italienne à travers les activités culturelles et artistiques, la coopération avec les institutions culturelles italiennes afin d’exécuter les plans et les programmes de coopération culturelle entre l’Egypte et l’Italie. Elle est également considérée comme la seule institution culturelle égyptienne intégrale à l’étranger. Cette Académie exprime l’authenticité de la civilisation et de l’histoire de l’Egypte. Parallèlement, le Président Moubarak a de même inauguré le musée égyptien construit au sein de l’Académie des arts égyptiens à Rome, le premier en son genre en dehors de l’Egypte.
Les travaux de modernisation et de rénovation des bâtiments de l’Académie ont commencé en juillet 2008 par un grand nombre des entreprises italiennes, à un coût de 8 millions d’Euros. Ce projet constitue un grand élan architectural et fonctionnel pour l’Académie, allant de pair avec la civilisation authentique de l’Egypte.
Ce projet comprend l’évolution des salles des arts plastiques, celles du théâtre et du cinéma, de la bibliothèque électronique, des restaurants, des salles de réunion, du bâtiment consacré pour le logement des artistes, des studios spéciaux pour les artistes nommés pour remporter le Prix de Rome pour la créativité artistique.
Ce projet comprend la construction des nouvelles salles à l’Académie, comprenant une exposition pour les artistes plastiques égyptiens de Ragheb Ayad, Mahmoud Saïd, Ahmed Sabri, Tahia Halim et Hamed Nada… etc.
L’idée de la fondation du premier musée égyptien à Rome a surgi lors des travaux de la rénovation de l’Académie. Il est situé sur une superficie de 300m2 et comprend 50 pièces archéologiques importées du musée égyptien du Caire.
Ce projet comprend la rénovation des nouvelles façades de l’Académie, situées sur les jardins de Borghèse et reflétant le principe ” de l’Authenticité et de la Modernisation “.


Histoire de l’Académie


L’idée de la fondation d’une Académie égyptienne royale des Arts est née dans l’esprit du jeune peintre Ragheb Ayad, au cours de son séjour à Rome, lorsqu’il a remarqué l’intérêt accordé par plusieurs pays européens à fonder des académies pour leurs jeunes artistes à Rome afin de trouver un lieu consacré à protéger leurs créativités sous la supervision des artistes spécialistes.
En juillet 1924, Ragheb Ayad a envoyé une lettre au ministre plénipotentiaire de l’ambassade d’Egypte à Rome, Ahmed Dhu Al-Fikar, dans laquelle il a loué l’histoire et la civilisation de l’Egypte, ainsi que ses monuments immortels répandus dans les quatre coins du monde, tout en indiquant que toutes les nations développées possèdent des académies artistiques à Rome, accueillant les étudiants des beaux arts pour financer leurs études.
Chaque académie se compose d’un bâtiment luxueux, comprenant des studios pour chaque forme d’art et des maisons spéciales pour les artistes. Toutes les dépenses des missions entièrement subventionnées par le gouvernement, qui donne également à chaque artiste une allocation équitable. A la fin de chaque année, un atelier est organisé pour exposer les chefs-d’œuvre des artistes de chaque académie. Cet atelier est inauguré par le roi de l’Italie et ses ministres. Ragheb Ayad a demandé donc la méditation du gouvernement égyptien pour fonder un institut semblable à Rome, regroupant les artistes prêts à y adhérer après avoir terminé leurs études primaires en Egypte. Cette méditation pourrait aider ces artistes à élargir leurs connaissances artistiques.
Ce rapport a joui de l’approbation du ministre des Connaissances et du Conseil des ministres sur la fondation d’une telle Académie pour être un centre aux étudiants intelligents des beaux-arts. L’Académie égyptienne royale des Arts est fondée en 1929. Le premier site de cette Académie était aux limitrophes des jardins de Borghèse. En 1930, le site de cette Académie est transporté au palais de Colle Oppio.
L’académie était connue à cette époque comme  ” une institution gouvernementale relevant du ministère égyptien des Connaissances “, qui fournit l’occasion aux artistes égyptiens élus – à travers un concours – de se communiquer avec leurs homologues dans le monde entier et d’étudier à Rome l’histoire et les chefs-d’œuvre classiques italiens, en particulier ceux de l’âge de ” Début “. Les étudiants égyptiens doivent séjourner à Rome au moins 2 ans et produisent des chefs-d’œuvre, qui seraient exposés dans une exposition annuelle organisée par le ministère au Caire. L’Administration générale des Beaux-arts au Caire est chargée d’élaborer les programmes académiques et d’octroyer des bourses de deux mois aux peintres, aux architectes et aux sculpteurs, qui ont terminé leurs études à Rome, représentées dans des voyages scientifiques dans les villes italiennes, comprenant les plus importants chefs-d’œuvre artistiques.


Département s de l’Académie
L’Académie des arts comprend une salle d’expositions qui occupe une superficie de 250 m2, elle présente chaque année des programmes distincts y compris des expositions consacrées à la peinture, la sculpture, la photographie, la poterie et le graphique auxquelles participent un grand nombre des artistes égyptiens et des jeunes talentueux. L’Académie organise également des expositions qui rassemblent les artistes égyptiens et italiens. Egalement, l’Académie comprend une bibliothèque d’environ 10000 livres et encyclopédies sur la littérature, les sciences d’archéologie, l’égyptologie, l’histoire. Pour la première fois, ses chefs-d’œuvre se présentent électroniquement, en plus d’une salle pour la connaissance et la lecture ouverte pour les étudiants et tous ceux s’intéressent aux affaires culturelles et artistiques. D autre part, une salle de théâtre et de cinéma qui assimile 200 spectateurs pour l’exposition des festivals du cinéma et des concerts orientaux et classiques, outre de la musique de danse et la musique populaire, en plus des symposiums sur l’égyptologie et l’histoire de la littérature et de l’archéologie. Cette dernière est représentée par  un musée d’archéologie égyptienne dont l’idée a jailli et été réalisée pendant les travaux de la modernisation de l’Académie. Ce musée est situé sur une superficie de plus de 300 m2, comprenant entre autres, plus de 120 pièces archéologiques de diverses civilisations égyptiennes, pharaoniques, coptes, grecques, romaines et islamiques, transportées du musée égyptien au Caire.
Pour les activités de l’Académie, des activités culturelles et artistiques sont organisées annuellement pour le public italien, européen et arabe en Italie à travers la tenue des expositions des arts plastiques contemporains (la peinture, le graphisme, la céramique et l’architecture), des métiers traditionnels égyptiens (l’industrie des tapis, les accessoires et des vêtements), des concerts musicaux arabes ou classiques (l’Opéra et le Conservatoire du Caire), des spectacles folkloriques égyptiens, des films égyptiens, participants aux festivals internationaux du Cinéma en présence des réalisateurs égyptiens, des spectacles théâtraux contemporains et des conférences sur l’Egyptologie et sur la littérature égyptienne en langue arabe et italienne.
Elle participe à tous les festivals artistiques et culturels organisés dans les différentes villes italiennes.
L’Académie œuvre à appliquer la loi du ” Prix de l’Etat pour la créativité artistique “, promulguée en 1975 et modifiée par la loi n°49 de 1984, afin d’encourager les talentueux égyptiens dans les domaines des beaux-arts, de la musique, du théâtre et du Cinéma. Cette loi stipule l’envoi de quelques jeunes artistes égyptiens prometteurs dans les différents domaines artistiques annuellement en Italie afin d’acquérir les expertises nécessaires pour enrichir la créativité artistique et la vie culturelle en Egypte. L’Académie accueille chaque année 10 jeunes artistes égyptiens, qui doivent soumettre leurs chefs-d’œuvre artistiques au comité du prix, relevant au ministère de la Culture, pour choisir le lauréat de ce prix.
L’Académie égyptienne des Arts à Rome joue un rôle fondamental dans la participation de l’Egypte à la Biennale de Venise par la coordination du pavillon égyptien et la poursuite des correspondances concernées à la participation de l’Egypte à cette importante exposition annuelle.
L’Egypte a acheté son pavillon spécial de la Suisse en 1952, bien que cette dernière participe régulièrement à cette Biennale depuis les années 1930. L’Egypte constitue le seul pays arabe, possédant un pavillon spécial à cette Biennale, ainsi qu’elle a remporté le premier prix de la Biennale en 1975.


Chronologie de l’Académie
En 1929, fut fondée l’Académie égyptienne royale des Arts à Rome, c’est l’institut arabe unique partout le monde. Elle était située d’abord aux limitrophes des jardins de la villa de Borghèse à la place de Sienne.
En 1930, le site de l’Académie s’est transféré au palais de Colle Ohio situé face de la Coupole d’or de l’empereur Néron à proximité du Colisée.
L’Académie a commencé sa première année en 1930 par l’accueil de cinq jeunes artistes égyptiens. Les années suivantes avaient contribué à former les premiers pionniers de l’art égyptien.
En 1038, l’artiste Sahab Refaat Almaz a été nommé responsable de l’Académie.
En 1947, le peintre Mohamed Nagy a été nommé comme le premier directeur officiel de l’Académie égyptienne royale des Arts.
En 1950, le Sculpteur Abdel Kader Rezk a été nommé directeur, grâce à ses efforts et à ceux du ministre des Connaissances, Dr Taha Hussein, la convention de l’échange de terrains entre l’Egypte et l’Italie, a été ranimé de nouveau.
La mission diplomatique italienne au Caire a soumis un mémorandum au gouvernement égyptien, dans lequel elle a mentionné que le gouvernement italien est prêt à octroyer une superficie des terrains dans la vallée de Julia, où se trouvent la plupart des académies mondiales pour fonder l’Académie égyptienne en échange que le gouvernement égyptien octroie une superficie similaire à l’Italie afin de fonder un institut pour l’étude de fouilles au Caire.
En 1956, Salah Youssef Kamel a été nommé comme professeur à l’Ecole supérieure des Beaux-arts et a occupé ce poste en plus de ses fonctions comme l’Attaché culturel de l’Egypte en Italie. La révolution de 1952 a reporté ce projet une autre fois sous prétexte de l’augmentation des dépenses dans les différents services gouvernementaux.
En 1957, c’est la réussite de l’application de cette ancienne convention grâce à la coopération entre l’Egypte et l’Italie.
En 1959, le premier accord officiel pour le développement des relations culturelles a été signé entre l’Egypte et l’Italie. Les travaux de la fondation de cette Académie ont commencé en 1961 dans la vallée de Julia.
En 1966, les activités culturelles et artistiques de l’Académie ont commencé dans son nouveau site à la vallée de Julia. Parmi les plus importantes réalisations au cours de cette période figure l’attribution d’une petite place à proximité au poète Ahmed Chawky où se situe sa statue sculptée par l’artiste célèbre Gamal El Séguéni.
En 1970, l’Administration de l’Académie est devenue relevant du ministère égyptien de la Culture .
En 2008, fut commencées la restauration et la modernisation des établissements de l’Académie.
En 2010, inauguration de l Académie égyptiens des arts a Rome par le Président Hosni Moubarak.


 

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