Haïti, l´île maudite

15-12-2011 09:05 AM


C’est l’un des pays les plus pauvres de la planète qui a été frappé, mardi soir, par une nouvelle catastrophe naturelle. La République d’Haïti, voisine de la République dominicaine, se situe sur l’île d’Hispaniola, dans les Grandes Antilles. En 2008, une série de cyclones a ravagé le pays, faisant près d’un millier de victimes. Routes, maisons, secteur agricole… Les dégâts ont été évalués à près de 15 % de la richesse nationale. A cause de la déforestation massive – les forêts ne couvrent plus que 2 % de la superficie -, le pays est devenu extrêmement vulnérable aux inondations. Haïti est classé au 146e rang mondial du développement humain sur 177 par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Près de 80 % des 9 millions d’habitants vivent en-dessous du seuil de pauvreté (moins de 2 dollars par jour) et la moitié des Haïtiens sont en situation d’extrême pauvreté (moins de un dollar par jour). Plus d’une personne sur quatre est sous-alimentée et le taux de chômage avoisine les 65 %. Insécurité et instabilité politique En 1990, après près de trente ans de dictature, cette ancienne colonie française élit son premier président au suffrage universel. Jean-Bertrand Aristide suscite alors une vague d’espoir, rapidement balayée par un coup d’Etat. Depuis 2006 et l’élection de René Préval à la présidence, l’ordre constitutionnel est rétabli. En 2008, la hausse mondiale du prix des matières premières et du pétrole touche particulièrement Haïti et provoque de violentes émeutes de la faim dans la capitale Port-au-Prince et dans plusieurs autres villes. Le mouvement entraîne alors la chute du gouvernement. Aujourd’hui, près de 9 000 hommes de la Mission de stabilisation des Nations unies, instaurée en 2004, sont présents en Haïti. Sur fond d’insécurité et d’instabilité politique, ils tentent de maintenir un semblant d’ordre institutionnel.

Puissant séisme Un séisme de magnitude 7,3 a frappé l’île d’Haïti dans la nuit de mardi à mercredi faisant des centaines de victimes. De nombreux immeubles et habitations ont été détruits à Port-au-Prince, la capitale surpeuplée d’Haïti qui est l’un des pays les plus pauvres du monde. Le président américain Obama a proposé une aide, de même que la France, le Vénézuela et le Canada. Des pillards étaient à l’oeuvre dans un supermarché. Des immeubles effondrés, des habitants paniqués, blessés dans les rues et peut être des morts par centaines: Port-au-Prince, dont le centre a été “détruit”, selon un témoin, était plongé dans le chaos après le puissant séisme qui a ravagé Haïti mardi. Ils sont des milliers d’habitants à errer, parfois en pleurs, dans les rues dévastées de la ville, découvrant à chaque coin de rue de nouvelles images de la désolation. “Le centre de Port-au-Prince est détruit, c’est une véritable catastrophe”, lâche Pierre, couvert de poussière. Il a marché plusieurs kilomètres pour tenter de regagner sa maison. Des habitants ont été contraints d’abandonner leurs domiciles et se sont réfugiés dans des espaces ouverts. Quelque part où ils ne risquent pas d’être écrasés par l’effondrement d’un immeuble. “Ils dorment dehors parce qu’ils ont trop peur de dormir à l’intérieur à cause des risques de répliques”, remarque une responsable du Secours catholique, Sara Fajardo. Un médecin couvert de sang, blessé au bras gauche, explique que “les morts seront comptés par centaines lorsqu’il sera possible de dresser un bilan”. Plusieurs chaînes de télévision d’Amérique du Sud ont diffusé des images de cadavres ensevelis dans les décombres. Certains bâtiments se sont effondrés comme des châteaux de cartes. D’autres sont encore debout mais de larges fissures témoignent du choc de la secousse. Le palais présidentiel a été sérieusement endommagé ainsi que des ministères aux alentours, alors que des hôpitaux, des hôtels et des écoles se sont écroulés. “Le quartier général de la Mission de stabilisation de l’ONU en Haïti (Minustah) s’est effondré en grande partie. Il y a de nombreuses personnes sous les décombres, des morts et des blessés”, affirme un employé local de l’organisation. Dans une rue envahie par la poussière, une adolescente blessée est allongée à même le sol tandis qu’on tente de la soigner, selon des images de la chaîne brésilienne TV Globo. Plus loin, un groupe de personnes tentent de secourir un homme dont les jambes sont écrasées par des gros blocs de pierre. “J’ai vu beaucoup de destructions sur mon chemin. J’ai échappé de peu à l’effondrement du bureau où je travaillais”, explique Marie Claire, employée dans un laboratoire médical de Port-au-Prince. Peu de temps après la secousse, la nuit tombée sur la capitale haïtienne plonge ses rues dévastées dans un noir complet qui ne fait qu’amplifier davantage la panique qui s’est emparée de la population. Des véhicules de la police haïtienne, des Nations unies ou de la Croix Rouge tentent de transporter des blessés mais les maisons détruites bloquent la circulation. Autre difficulté pour les secours: les moyens de communication téléphoniques ont été sérieusement affectés et l’électricité coupée dans toute la ville. La plupart des stations de radio et de télévision de la capitale ne fonctionnent plus et quelques rares radios émettent des appels d’urgence. Plusieurs établissement universitaires ont été endommagés par le choc et des étudiants étaient bloqués sous les débris. “Nous avons pu dégager quelques personnes des décombres, il y a de nombreux blessés”, a déclaré le responsable d’une institution privée sur la radio Signal FM à Pétion-ville, à l’est de Port-au-Prince. Au lycée français d’Haïti, de nombreux écoliers étaient bloqués à l’intérieur, souvent sans nouvelles de leurs parents. “Il n’y a pas de victimes, beaucoup de gens du voisinage sont venus s’abriter au lycée”, assure un enseignant. De nombreuses photos diffusées sur le site de micro-blogs Twitter montrent également des situations cauchemardesques. Sur l’un d’elles, une petite fille couverte de poussière tente de s’extraire d’un monceau de débris. Une autre montre les cadavres de deux femmes recouvertes de terre, gisant à l’arrière d’une camionnette. Les photos témoignent également des efforts entrepris par la population pour faire face au drame, commencer à déblayer les rues et secourir les victimes.

Veillée patriotique Près d’une centaine de membres de la communauté haïtienne de France se sont réunis mercredi soir à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour une “veillée patriotique” de solidarité, après le violent séisme qui a frappé Haïti mardi. Réunis à la bourse du travail de Saint-Denis, à l’initiative de la Plateforme d’associations franco-haïtiennes (PAFHA), qui regroupe une cinquantaine d’associations franco-haïtiennes, les participants ont appelé chacun à “s’engager” de façon à “venir en aide aux victimes” du séisme. “En organisant cette réunion ce soir, nous avons voulu favoriser la prise de parole, pour que chacun puisse donner les nouvelles qu’il a recueillies et partager les informations dont il dispose”, a expliqué Mackendie Toupuissant, président de la PAFAH. “Ce qui est arrivé à Haïti a été un véritable choc, pour tout le monde. Nous allons discuter de ce que nous pouvons faire pour venir en aide à nos compatriotes”, a-t-il ajouté. Selon Etienne Jean, président de l’Association nouvelle image d’Haïti (ANIH), cette rencontre devait également permettre aux Haïtiens de France de “se recueillir”, en solidarité avec les victimes du sinistre. “Ce soir, c’est une sorte de veillée patriotique, pour montrer que malgré la distance, on est de tout coeur avec eux, qu’on ne les oublie pas”, explique-t-il, le visage fermé. “Ils ont besoin d’eau, ils ont besoin de nourriture… Ce qui est arrivé, c’est terrible”, ajoute-t-il. Pour Badol Cosly, venu avec sa femme et ses deux petites filles, cette soirée est avant tout l’occasion de “prendre des nouvelles”. “Ma fille de 16 ans se trouve à Port-au-Prince. Je suis très inquiet pour elle”, témoigne ce Franco-haïtien de 43 ans, qui explique n’avoir “pas dormi” la nuit dernière. “Dès une heure du matin, j’ai essayé de l’appeler, sans succès. J’espère avoir de ses nouvelles ce soir”, confie-t-il. Dans un coin de la salle, Ignace Jean Frantz, barbe blanche, affiche un drapeau haïtien soigneusement plié sur l’épaule. “Ce qui s’est passé, c’est horrible. On parle beaucoup de Port-au-Prince, mais tout le pays a été touché”, explique-t-il. “Je suis venu pour crier au secours. Je suis venu pour dire qu’Haïti a besoin de ses amis. Il faut oublier les rancunes d’antan et penser à la solidarité”, ajoute-t-il, la gorge nouée. Selon Smith Glaude, président de l’Agence haïtienne pour le développement local (AHDL), entre 70.000 et 90.000 Haïtiens vivent aujourd’hui en France métropolitaine. “Pour nous tous, le séisme a été un choc. Dans ces moments-là, on a besoin de solidarité, de recueillement”, assure-t-il.
Préserve-nous ô Dieu par ta puissance Face à la “situation dramatique”, il faut penser tout particulièrement à la population durement touchée par un tremblement de terre dévastateur qui a causé des pertes importantes de vies humaines, un grand nombre de sans-abri et de disparus et des dégâts matériels considérables. Nous reconnaissons notre besoin de nous tourner vers Dieu. Il est puissant, et, c’est notre seule certitude. Il est notre rocher.
Dieu Tout-puissant qui exerce ta puissance dans l’univers à créer et à détruire.
.Donne-nous la grâce de vivre avec le mystère de ta puissance qui, dans des moments comme ceux-là, nous laissent confus, brisés et secoués.
Nous prions pour le peuple d’Haïti et te demandons de réconforter les familles en deuil et les blessés.
Nous te demandons d’apporter soulagement et réconfort à nos frères et sœurs victimes des catastrophes, des violences, du racisme et de la guerre, qu’ils retrouvent force et espérance. En cette journée et chaque jour, donne-nous la volonté d’écouter ta voix et de travailler ensemble pour guérir les vies brisées, construire les maisons détruites et établir la justice pour tout ton peuple.

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