Sur le Chemin de la Croix XIII-XIV

01-05-2024 10:43 AM


Ce 7e Dimanche du Carême marque la fin de notre parcours de la Via Dolorosa route traditionnelle que Jésus a suivie, portant sa croix, une couronne d’épines sur la tête. En ces deux dernières stations (XIII -XVI) Jésus est descendu de la croix et mis au tombeau. La pierre scelle le tombeau : tout est fini. Pierre et les apôtres sont dans le désarroi et la confusion. Marie de Magdala pleure. Marie, la mère de Jésus, garde dans son cœur les paroles et les promesses de son fils. Elle entre dans le grand silence du Samedi saint, jour de l’attente, jour de confiance.

Arrivé à la XIIIe station le corps de Jésus est descendu de la croix. Placé entre les deux stations précédentes(XI-XII), l’autel latin de la treizième station est orné d’un buste en bois du XVIe-XVIIe siècle, représentant la Vierge des Douleurs et offert par le Portugal en 1778.
À Jérusalem, la scène de la déposition de la croix était généralement liée à celle de l’embaumement (Mt 27,57-60) et était généralement localisée à l’ouest du Calvaire où, depuis la fin du XIIIe siècle, est vénérée la pierre dite de l’Onction, qui recouvre le rocher où le corps de Jésus aurait été déposé.
Cette pierre, que les pèlerins anciens disent être noire, verte ou blanche, est aujourd’hui constituée par une pierre rouge polie décorée tout alentour par une inscription grecque : “Le noble Joseph, en descendant du bois le corps sans péché, est arrivé avec un linceul propre et d’épices aromatiques et l’a enterré dans un tombeau vide. Joseph d’Arimathie intervint. eut l’audace d’aller chez Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors il acheta un linceul et descendit Jésus de la croix ». (Marc 15, 42-43.)
L’exemple de Joseph d’Arimathie, notable de son temps, peut nous inspirer. Nous admirons son courage, sa générosité. C’est lui qui acheta le linceul précieux, le Saint Suaire, qui jusqu’à nos jours témoigne de la Passion, du Seigneur Jésus. Prions pour avoir comme Joseph l’audace de contribuer à honorer son Corps, aujourd’hui encore, dans toutes les personnes qui souffrent.
Avant d’être mis au tombeau, Jésus est remis finalement à sa Mère. C’est l’icône d’un cœur transpercé qui nous dit que la mort n’empêche pas le dernier baiser de la mère à son enfant. Prostrée sur le corps de Jésus, Marie s’enchaîne dans une étreinte totale avec Lui. Cette icône est appelée simplement “Pietà” (pitié). C’est poignant, mais cela montre que la mort ne rompt pas l’amour. Parce que l’amour est plus fort que la mort ! L’amour pur est celui qui dure.
Des larmes et du sang sont mêlés en cette tragique remise. Comme la vie dans nos familles qui, par moments, est bouleversée par des pertes imprévues et douloureuses, avec un vide impossible à combler, surtout lors de la mort d’un enfant.
“Pietà” signifie alors se faire proche des frères qui sont dans le deuil et sont inconsolables. C’est une grande charité de prendre soin de celui qui souffre dans son corps couvert de plaies, dans son esprit dépressif, dans son âme désespérée. Aimer jusqu’au bout est l’enseignement suprême que nous ont laissé Jésus et Marie. C’est la mission fraternelle quotidienne de la consolation, qui nous est donnée dans cette étreinte fidèle entre Jésus mort et sa Mère douloureuse.
Ô Vierge douloureuse, Révèle-nous la douceur de la dernière étreinte fidèle et donne-nous ta consolation maternelle, pour que la douleur quotidienne n’interrompe jamais l’espérance de la vie au-delà la mort.

Arrivé à la XIVe station le corps de Jésus est déposé dans le tombeau. Pour se rendre au Sépulcre, le pèlerin redescend du Calvaire, passe près de la pierre de l’Onction et près d’une pierre circulaire surmontée d’une grille: de ce dernier endroit, les saintes femmes auraient regardé à distance le Christ en croix (Mt 27, 55).
Le Sépulcre occupe le centre de la rotonde appelée Anastasis (Résurrection). La pierre de l’Onction se trouve dans l’atrium de la Basilique du Saint-Sépulcre. Selon la tradition chrétienne, le corps du Christ fut oint et enveloppé dans le Saint-Suaire par Joseph d’Arimathie et Nicodème sur cette pierre avant la Mise au tombeau. Elle est l’objet d’une importante vénération depuis le Moyen Âge jusqu’à aujourd’hui.
Située au-dessus de la tombe de Jésus, la Rotonde est formée de 18 piliers ronds en marbre, qui supportent le dôme. Les piliers sont emprisonnés dans de larges blocs carrés pour résister aux séismes. Le diamètre de la Rotonde est de 20,9 m et la coupole culmine à 21,5 m du sol. Le statu quo donne des droits aux Orthodoxes, aux Catholiques ainsi qu’à l’Église Apostolique arménienne à l’intérieur du tombeau. Les trois communautés peuvent y célébrer la Divine Liturgie ou la Messe tous les jours. Une grande coupole de l’église du Saint-Sépulcre repose sur des piliers. Une fenêtre centrale ouvre au milieu de la coupole, décorée de douze pétales d’or, symbole des douze apôtres.

Le sépulcre vide de Jesus Christ est le témoin véritable de sa glorieuse résurrection (Mt 28,6). « Joseph d’Arimathie descend le corps de Jésus de la croix, il l’enveloppe d’un linceul et le dépose dans un sépulcre neuf taillé dans le roc. » (Luc 23, 53.)

Joseph, dans un infini respect, dépose le corps de Jésus sur le sein de Marie. Joseph, Nicodème, Marie, Marie Madeleine et les femmes, ont ces gestes de miséricorde dûs à un mort, enveloppants ; dans ce moment de détresse extrême, ils accueillent à bras-le-corps, à bras-le-cœur, leur Seigneur et le déposent sur la terre du sépulcre. « Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ; mais s’il meurt il porte beaucoup de fruit. » (Jean 12, 24.)
Or, dans l’obscurité du tombeau, à l’abri de tout regard, le Père n’abandonne pas son Fils à la mort, et sa chair, à la corruption. « C’était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat. Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé. Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit ».(Luc 23,54-56)
Il semble que le temps s’arrête lors de sa mise au tombeau. Le temps est suspendu, plus rien ne compte vraiment. Pourtant en voyant l’attitude des femmes qui le suivaient, nous comprenons que des actions de solidarité sont encore possibles. Elles préparent des aromates et des parfums, et nous, que préparons-nous ? Aide-nous, Seigneur, à être dignes de la vie éternelle, à nous laisser envelopper par ce mystère. Aide-nous à marcher en te contemplant, Aide-nous à porter notre croix de chaque jour, sans nous laisser abattre, Accorde-nous de participer à la Passion du Christ, pour que nous puissions parvenir un jour avec Lui à la gloire de la Résurrection.

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