Atlantis, dur retour sur Terre…

15-12-2011 09:07 AM



Avec l’ultime atterrissage d’Atlantis s’est achevé jeudi dernier le 135e et dernier voyage d’une navette. Désormais, les Etats-Unis dépendront entièrement des Soyouz russes pour transporter leurs astronautes vers l’ISS, jusqu’à ce qu’un nouveau vaisseau américain ne prenne la relève.
Midi, heure française : à Cap Canaveral, le soleil n’est pas encore levé, et la navette Atlantis vient de se poser. En ce 21 juillet 2011, le merveilleux avion spatial, porteur des rêves de toute une génération et des ambitions de conquête de l’espace de toute l’Amérique, a définitivement rejoint la Terre. Quarante-deux ans, presque jour pour jour, après le premier pas de Neil Armstrong sur la Lune, une page de l’histoire spatiale américaine se tourne. 
Ce 135e et dernier voyage d’une navette était destiné à acheminer le plus d’approvisionnement possible à l’ISS, dont l’utilisation a été prolongée l’an dernier jusqu’à au moins 2020. La Nasa avait même utilisé l’espace dans la cabine de la navette, occupée normalement par trois astronautes, pour transporter davantage de marchandises. L’équipage d’Atlantis ne comptait cette fois que quatre membres – contre sept habituellement – tous très chevronnés: Christopher Ferguson (commandant de la mission), Douglas Hurley, Sandra Magnus et Rex Walheim étaient les derniers astronautes sélectionnés pour cette dernière mission de la navette, lancée le 8 juillet. Depuis 1998, il aura fallu vingt-cinq vols de navette pour assembler l’avant-poste orbital, un projet de cent milliards de dollars auquel participent seize pays dont les Etats-Unis, la Russie, le Canada, le Japon et plusieurs pays européens. Atlantis, quatrième orbiteur construit, qui avait fait son baptême de l’espace le 3 octobre 1985, et a effectué là son 33e vol, aura pour sa part exécuté 14 missions d’entretien et d’assemblage de l’ISS.
Trop chère
Trop chère à l’usage, pas suffisamment fiable, la navette, dont on avait pu oublier avant ses premiers déboires qu’elle était avant tout une performance technique, aux succès toujours fragiles, et pas un autocar spatial, paie ainsi lourdement ses échecs.
Outre les deux accidents de Challenger en 1986 et de Columbia en 2003, elle n’a pas pu tenir ses promesses du début d’être une machine bon marché et facile à utiliser. C’était pourtant bien l’objectif officiel de la navette, approuvé par l’administration de Richard Nixon dans les années 70 : rendre les vols dans l’espace moins chers et accessibles au commun des mortels. Mais la Nasa n’a pas pu avoir les moyens de ses ambitions. La Maison Blanche, dans un souci d’économie, avait contraint l’agence spatiale américaine à des compromis dans la conception de la navette, rendant le système beaucoup plus cher à exploiter.
Ce programme n’en aura pas moins été le plus durable des cinquante années d’existence de la Nasa ; mais il aura coûté 208 milliards de dollars, tout en confinant les ambitions spatiales américaines à la proche banlieue terrestre, alors que le programme Apollo, qui avait permis aux Etats-Unis d’envoyer en 1969 le premier homme sur la Lune, avait coûté 151 milliards. Conséquence inattendue, la Russie occupe donc désormais une place cruciale dans l’espace, notamment vis-à-vis de son ancien rival de la guerre froide. Même si l’heure est aujourd’hui à la coopération.


 

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