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15-12-2011 09:05 AM


L’Opéra du Caire est témoin de la distribution des prix Cavafis 2009, l’une des figures les plus importantes de la littérature du XXe siècle.

Cette année, c’est le poète Fouad Tamman d’Egypte qui a été lauréat du prix du célèbre poète greco-alexandrin Constantin Cavafis. Il est à savoir que le prix international Cavafis est décerné à des créateurs – poète et écrivain d’Egypte et de la Grèce. Le prix Cavafis fut accordé d’abord en 1990. D’autre part, c’est en 1983 et pour la première fois, qu’une grande célébration culturelle a été organisée au nom du célèbre poète Cavafis, en Egypte, à Alexandrie. Cette célébration a commémoré le 50ème anniversaire de la mort de Constantin Cavafis, “le poète d’Alexandrie” comme il était surnommé. Cette célébration ainsi que la tradition de célébrer annuellement le prix Cavafis ont pour but de développer les relations culturelles entre l’Egypte et la Grèce. Ceci est accompli en mettant en relief les plus éminentes créations du poète grec Cavafis qui a vécu à Alexandrie depuis sa naissance et jusqu’à sa mort. Ses créations sont inspirées essentiellement de sa ville natale Alexandrie.
Cette année, c’est d’Egypte que le poète Fouad Tamman a reçu le prix Cavafis. Les créations poétiques de Tamman se caractérisent par leurs étroites alternatives à la réalité. Elles sont comme un équivalent du monde idéal. Il est à savoir que Tamman est né en 1943, à Guiza au Caire. Ses créations les plus éminentes sont: ” Réhlet al hob wal mawt ” (le voyage de l’amour et de la mort), ” solassiyet al ahd al akhir ” (la trilogie de la dernière ère) et ” lohat mén modonne al hob wal inqéssar ” (des tabelaux des villes de l’amour et de l’écroulement).

Cavafis et l’originalité de sa poésie

Il est à savoir que Constantin Cavafis est un poète grec né à Alexandrie, le 29 avril 1863. Il est mort dans la même ville, en 1933, le jour même de son 70e anniversaire. Très peu connu de son vivant, il fut fonctionnaire au ministère des Travaux publics d’Alexandrie, journaliste et courtier à la Bourse d’Alexandrie. C’est durant cette période, environ dans les années 1885, que l’ambition de Cavafis demeure cependant l’écriture et il poursuit la rédaction de poèmes et d’essais. Cavafis a beaucoup voyagé en Angleterre, en France (où il a résidé) et en Grèce. S’il eut une petite notoriété au sein de la communauté grecque d’Alexandrie et quelques amitiés dans les cercles littéraires, pendant longtemps son œuvre resta inconnue au grand public. Quoiqu’il ait rencontré de nombreux hommes de lettres grecs lors de ses nombreux déplacements à Athènes, il n’eut pas de réelle reconnaissance de la part de ses pairs, probablement à cause d’un abord déroutant de la poésie pour l’époque. Un peu de lumière est portée sur son œuvre par la publication, le 30 novembre 1903, dans la revue ” Panathinaia “, de l’article historique de Xenopoulos sur Cavafis, intitulé “Un poète”.
Considéré comme l’un des poètes les plus célèbres de la Grèce moderne, Cavafis n’a publié aucun recueil de son vivant, donnant des poèmes à des revues littéraires ou les faisant circuler auprès de quelques amis sous forme de feuillets et de brochures auto-édités. En outre il remaniait sans cesse ses textes, et en détruisait beaucoup, en particulier pour ses œuvres de jeunesse. Ainsi, l’essentiel de son œuvre a été composé après son quarantième anniversaire. Cavafis a publié 154 poèmes, auxquels on peut ajouter 75 restés inédits jusqu’en 1968, et 27 autres qu’il avait publiés entre 1886 et 1898 mais étaient reniés par la suite.
L’originalité des poésies de Cavafis réside dans le fait de tracer le premier la voie de la modernité en Grèce, malgré la critique et même la polémique de ses contemporains. De prime abord sa poésie frappe par la musicalité de sa langue, qui est celle des anciennes colonies grecques, mêlée à des éléments linguistiques archaïques remontant même jusqu’à Homère. Or son apport créateur repose d’abord sur l’utilisation d’une langue singulière, mais qui garde la fraîcheur de son passé, déridée et resplendissante.
Le recours à la mémoire est en second lieu l’aspect reconnaissable de la poésie de Cavafis. Il puise au passé ses thèmes choisis selon une technique jusqu’alors inconnue, en évacuant les contenus des mythes, pour ne garder que les noms. Il restructure ensuite ses propres mythes, en simulant une plongée dans l’histoire de la Grèce. Cette technique place la fiction du poète dans le voisinage des mythes que la tragédie ancienne put forger, éloignée du vécu historique. Les thèmes les plus marginaux, les détails que l’histoire laisse de côté, l’insoupçonnable impression d’une rencontre, l’intimité d’une pensée furtive et les regards, attendris et émus sur le corps humain, tel est son matériel de prédilection. Loin du sentimentalisme, il érige un univers dans lequel l’Homme éprouve sa “corporéïté” à l’échelle de l’éternité.

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