8627 candidatures et 862 listes pour les élections législatives

15-12-2011 09:07 AM

Abdel Massih Felli



 

 
La campagne électorale en vue d’élire les membres de l’assemblée du peuple et du conseil consultatif à partir du 28 novembre a démarré mercredi dernier, 9 mois après la chute du régime de Moubarak. Dans une déclaration à la presse, le président de la Commission suprême des élections, Abdel Moez Ibrahim, a relevé que cette campagne devra prendre fin le 26 novembre, précisant que 250 logos ont été retenus pour représenter les listes électorales et les candidatures individuelles. Il a ajouté que la commission a créé 26 nouveaux logos pour d’autres alliances et partis politiques. D’après la même source, 35 partis et alliances politiques sont en lice pour pourvoir les sièges de l’assemblée du peuple et du conseil consultatif. La Commission électorale a reçu 8627 candidatures et 862 listes pour les sièges de l’assemblée du peuple et du conseil consultatif dans le cadre de ce scrutin, 6.591 candidatures pour les sièges de députés à pourvoir au scrutin uninominal, et 590 listes pour les autres sièges. Pour l’élection du Conseil consultatif, 2.036 candidats individuels ont été enregistrés, et 272 listes, a fait savoir la Commission. Ces premières élections législatives en Egypte depuis la chute de Moubarak, devront commencer le 28 novembre courant, marquant le début d’un processus électoral de quatre mois au terme duquel l’armée promet le retour à un pouvoir civil, avec une élection présidentielle fin 2012 ou début 2013.  Le scrutin pour les députés de l’Assemblée du peuple se déroulera en trois tours, les 28 novembre, 14 décembre et 3 janvier, et cette chambre se réunira pour la première fois le 17 mars. L’élection des membres du conseil consultatif se tiendra également en trois tours, entre le 29 janvier et le 11 mars. Selon la loi électorale amendée, le nombre d’élus est passé de 504 à 498 pour l’Assemblée du peuple, et de 390 à 270 pour le Conseil consultatif.  Le futur Parlement égyptien sera, notamment, chargé de rédiger une nouvelle constitution pour le pays. 
Les expatriés égyptiens  pourront voter
Le ministre de la Justice a accepté un amendement constitutionnel autorisant des millions d’Egyptiens vivant à l’étranger à voter lors des prochaines élections législatives. Selon cet amendement, les expatriés pourront voter dans les missions diplomatiques, sans contrôle judiciaire, a-t-il précisé. De nombreux partis, mouvements et personnalités politiques réclament la possibilité pour les Egyptiens de l’étranger de participer aux scrutins, un droit qui leur était refusé sous le régime de Moubarak. Le nombre des Egyptiens vivant à l’étranger est estimé à quelque 8 millions de personnes, dont la plus grande partie réside dans d’autres pays arabes, sur une population totale de plus de 87 millions d’habitants.
 
Protestation
Les Frères musulmans et plusieurs petits partis, en majorité islamistes, ont menacé lors d’une conférence de presse de faire descendre dans la rue “un million de personnes le 18 novembre” pour empêcher la rédaction de principes constitutionnels par le gouvernement dirigé par l’armée. Selon eux, cette tâche doit incomber à l’Assemblée du peuple qui sera élue début 2012. Le vice-Premier ministre Ali Al-Salmi avait affirmé dans un entretien au quotidien gouvernemental al-Ahram que le Conseil suprême des Forces armées (CSFA), au pouvoir en Egypte depuis la chute en février de Moubarak, “étudie attentivement” un projet de “déclaration de principes fondamentaux de la Constitution”.  Le projet de déclaration constitutionnelle établit notamment que l’Egypte est un pays civil et démocratique qui réunit les citoyens dans un Etat de droit sans distinction, en référence aux chrétiens.  Ce projet, qui prévoit une Assemblée constituante composée de 80 membres, affirme également, que “la charia est la source principale du Droit”, tout en garantissant les droits des autres communautés.
 
Pour un pouvoir civil
Dans ce contexte, quelques milliers de personnes ont manifesté sur l’emblématique place Tahrir, au Caire, pour réclamer le retour rapide à un pouvoir civil et l’exclusion des membres de l’ancien régime de la scène politique. Les manifestants ont également demandé la levée de l’état d’urgence, en vigueur depuis plus de 30 ans, et l’exclusion des membres de l’ancien régime de la vie politique. Des militants ont récemment lancé une campagne contre les “vestiges” du parti de Moubarak, baptisée “Emsek Feloul”, “Attrapez un vestige”, et destinée à démasquer les proches de l’ancien pouvoir qui voudraient se remettre en selle lors des législatives prévues à partir du 28 novembre.


 

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