Sur le Chemin de la Croix VII-VIII

13-04-2024 09:42 AM


La “Via Dolorosa” est la route traditionnelle que Jésus a suivie, portant sa croix, une couronne d’épines sur la tête. Le parcours est divisé en 14 stations ou étapes qui symbolisent chacun des moments clés de la Passion du Christ. En ce temps de Carême 2024, Watani Francophone propose de la parcourir chaque dimanche, pour visiter à distance Jérusalem et méditer la Via Dolorosa, aussi appelée « Chemin de Croix » qui commence à l’Est de Jérusalem, près de la Porte des Lions et mène au Saint- Sépulcre. Pas à pas, pour commémorer les derniers moments de la vie de Jésus, jusqu’à la basilique du Saint-Sépulcre, dans l’attente de la plus grande annonce : la victoire sur la mort.

En ce 4ème Dimanche, à la septième station, Jésus tombe pour la deuxième fois. La Voie douloureuse continue sa montée et rejoint la rue qui vient de la porte de Damas. À l’entrée, on distingue la base d’une colonne de la rue principale romaine, le «cardo maximus», qui existe toujours aujourd’hui et l’un des «decumani» (les voies transversales) de «l’Aelia Capitolina» d’Hadrien. Depuis la fin du XIIIe siècle, les pèlerins situent en cet endroit la porte où les autorités faisaient crier et afficher le texte des condamnations, et par laquelle passait le chemin du Calvaire : c’est la “porte Judiciaire“. c’est là que fut annoncé le verdict de sa culpabilité : s’être proclamé « roi des Juifs », équivalait à une révolte contre le pouvoir.
L’endroit est aujourd’hui associé à une chute de Jésus conformément à l’avant-propos de Burchard, du Mont-Sion (1283) prêtre allemand, frère dominicain, pèlerin et écrivain, qui a voyagé au Moyen-Orient, à la fin du XIIIe siècle et a écrit son livre qui, sous le titre «Descriptio Terrae Sanctae» (en français : Description de la Terre sainte), considéré d’une importance extraordinaire… Propriétaires du site depuis 1875, les franciscains y ont érigé en 1894 deux chapelles superposées, où est conservée une grande colonne de pierre rouge, reste du «tétrapyle d’Aelia Capitolina» nom donné à Jérusalem par l’empereur Hadrien (Ælius Adrianus), lors de son passage dans la ville en 130.

Nous assistons à la seconde chute : « On m’a poussé, bousculé pour m’abattre ; mais le Seigneur m’a défendu. Il m’a frappé, le Seigneur, il m’a frappé, mais sans me livrer à la mort » (Ps 117, 11.12-13.18).
Poussé en avant par force, Jésus s’écroule par terre, sous le poids de la fatigue et de l’oppression, encerclé, entouré par la violence, privé désormais de force.
Nous reconnaissons en Lui l’expérience amère des détenus de chaque prison, avec toutes ses contradictions inhumaines. Mais plus grave est la pratique de la torture, hélas toujours diffusée en diverses parties de la terre, en de multiples formes. Nous sentons vraie, aujourd’hui, face à cette chute, la parole de Jésus : « J’étais en prison et vous êtes venus me visiter » (Mt 25, 36). En chaque prison, près de chaque torturé, Il est toujours présent, lui le Christ souffrant, emprisonné et torturé. Même durement éprouvés, c’est Lui notre aide, pour que nous nous ne rendions pas à la peur.

Seigneur Jésus, force dans la faiblesse , toi qui tombes sous le poids des péchés des homme et qui te relèves pour l’effacer, donne-nous la force de porter nos croix chaque jour et de nous relever courageusement après nos chutes.

A la Station VIII, Jésus parle aux Filles de Jérusalem. Après avoir traversé la rue, la Voie douloureuse monte encore pendant quelque 20 mètres, en longeant à gauche l’hospice prussien de Saint-Jean, orné d’une croix de Malte, et le couvent grec de Saint-Charalampos. Une pierre encastrée dans le mur de cette dernière propriété porte une croix latine et les mots grecs “Jésus-Christ vainc”. Les paroles de Jésus sur les filles de Jérusalem qui se lamentent font référence à cet endroit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! » (Luc, XXIII). L’édifice se trouve sur le chemin qui mène à l’endroit de la crucifixion.
Cet épisode a connu au cours des siècles différentes localisations et c’est au milieu du XIXe siècle seulement que les franciscains en ont déplacé le souvenir au-delà de la “porte Judiciaire”.
En cette huitième station, nous entendons les paroles que Jésus adresse aux femmes de Jérusalem qui le suivent. « Filles de Jérusalem, ne pleurez-pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! » (Lc 23, 28)
Ces filles d’Israël peuvent connaître Jésus par ses enseignements, par sa sainteté, peut-être par les bénédictions et les caresses qu’Il a données à leurs petits enfants, ou par les miracles qu’Il a faits pour eux : elles sont là pour le remercier encore et protester contre l’iniquité de sa condamnation et de son supplice.
Les figures féminines se présentent comme des flambeaux allumés le long du chemin de douleur. Femmes de fidélité et de courage qui ne se laissent pas intimider par les gardes ni scandaliser par les plaies du Bon Maître. Elles sont prêtes à le rencontrer et à le consoler. Jésus est là devant elles, bouleversé par leurs pleurs amers, mais il les exhorte à ne pas laisser leur cœur se consumer en le voyant si affligé, pour être non plus des femmes qui pleurent mais des femmes qui croient ! Il demande une douleur partagée et non une commisération stérile et larmoyante. II ne suffit pas de se battre la poitrine et d’éprouver de la compassion. Jésus est plus exigeant. Les femmes doivent être rassurées comme il l’a fait lui, aimées comme un don inviolable pour toute l’humanité. Pour la croissance de nos enfants, en dignité et en espérance.

Seigneur, notre Dieu, « Dieu de tendresse et de pitié, Dieu plein d’amour et de fidélité, apprends-nous, dans les jours heureux, à ne pas mépriser les larmes des pauvres qui crient vers toi et qui nous appellent au secours. Apprends-nous à ne pas passer indifférents auprès d’eux. Apprends-nous à oser pleurer avec eux. Apprends-nous aussi, dans la nuit de nos peines, de nos solitudes et de nos déceptions, à entendre la parole de grâce que tu nous révélas sur la montagne : « Bienheureux ceux qui pleurent, ils seront consolés».

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