Sur le Chemin de la Croix XI-XII

01-05-2024 10:41 AM


La “Via Dolorosa” est la route traditionnelle que Jésus a suivie, portant sa croix, une couronne d’épines sur la tête. Le parcours est divisé en 14 stations ou étapes qui symbolisent chacun des moments clés de la Passion du Christ. En ce temps de Carême 2024, Watani Francophone propose de la parcourir chaque dimanche, pour visiter à distance Jérusalem et méditer la Via Dolorosa, aussi appelée « Chemin de Croix » qui commence à l’Est de Jérusalem, près de la Porte des Lions et mène au Saint- Sépulcre. Pas à pas, pour commémorer les derniers moments de la vie de Jésus, jusqu’à la basilique du Saint-Sépulcre, dans l’attente de la plus grande annonce : la victoire sur la mort.

En ce 6ème Dimanche, à la onzième station Jésus est crucifié. Quelques mètres séparent la dixième de la onzième station. Le pèlerin se trouve dans la nef latine restaurée en 1937 par Antonio Barluzzi, architecte italien qui a créé plusieurs oeuvres en Terre-Sainte. Les mosaïques de la voûte sont l’oeuvre de Pietro D’Achiardi, peintre italien, historien de l’art, qui a conservé une figure médiévale du Christ. L’autel de bronze argenté, don de Ferdinand Ier de Médicis, cardinal italien, est attribué au dominicain Domenico Portigiani (1588) exécutée en fait pour orner la pierre de l’Onction. Des panneaux y représentent les scènes de la Passion.
A droite, une fenêtre grillée donne dans la chapelle des Francs, dédiée à la Vierge des douleurs et à S. Jean. Cette station est le lieu de la crucifixion qui aurait été sur une colline (Golgotha / Calvaire) à l’extérieur de la ville. Aujourd’hui, ce site est commémoré par un autel franciscain.

« Alors ils le crucifient, puis se partagent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir la part de chacun. C’était la troisième heure (c’est-à-dire : neuf heures du matin) lorsqu’on le crucifia. L’inscription indiquant le motif de sa condamnation portait ces mots : “Le roi des Juifs”. Avec lui, ils crucifient deux bandits, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche. Et fut accomplie l’Écriture qui dit : Il a été compté avec les pécheurs » (Mc 15, 24-28).
Et ils le crucifièrent ! La peine des infâmes, des traîtres, des esclaves rebelles. Voilà la condamnation réservée à notre Seigneur Jésus : clous rudes, douleur lancinante, le supplice de la mère, la honte d’être uni à deux bandits, les vêtements partagés comme butin entre les soldats, les moqueries cruelles des passants : « Il en a sauvé d’autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! … Qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui ! » (Mt 27, 42)
Et ils le crucifièrent ! Jésus ne descend pas, il n’abandonne pas la croix. Il reste, obéissant jusqu’au bout à la volonté du Père. Il aime et il pardonne.
Aujourd’hui aussi, comme Jésus, beaucoup de nos frères et sœurs sont cloués sur un lit de douleur, dans les hôpitaux, dans les maisons de retraite, dans nos familles. C’est le temps de l’épreuve, dans l’amertume des jours de solitude et aussi de désespoir. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46)
« Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voici ton fils. Puis au disciple : Voici ta mère. » (Jean 19, 25-26.)
Marie accompagne son fils tout au long de ce chemin. Plus encore, elle s’unit à son offrande, dans son mystère de compassion. Son cœur déjà crucifié est agrandi encore lorsqu’en lui confiant l’Apôtre Jean, Jésus lui confie chacun de nous. Et, en nous donnant sa mère, Jésus se dépouille jusqu’au bout, il nous a tout donné.

Seigneur Jésus, étends ta main et relève-nous ! faits que nos mains ne soient jamais pour transpercer mais pour approcher, consoler et accompagner les malades les relevant de leur lit de douleur alors, la maladie peut devenir une grande école de sagesse, de rencontre avec le Dieu Patient. Quand quelqu’un prend sur lui nos infirmités, par amour, alors même la nuit de la douleur s’ouvre à la lumière pascale du Christ crucifié et ressuscité.
.

Arrivé à la XIIe station Jésus meurt sur la croix. La tradition situe l’érection de la croix et la mort de Jésus dans la partie orientale de la nef gauche. Un disque d’argent placé sous l’autel grec orthodoxe et ouvert au centre marque l’endroit où la croix aurait été plantée. Là se dressait probablement à l’époque constantinienne la croix commémorative en bois que l’empereur Théodose II allait remplacer en 417 par une croix d’or et de pierres précieuses.
A droite de l’autel, à travers le verre on voit la fente qu’une vieille tradition rattache au tremblement de terre dont parle Matthieu (27,51).
Sous l’autel du calvaire orthodoxe est située la chapelle d’Adam. Elle est l’une des plus anciennes de l’église du Saint-Sépulcre. On peut y voir une crevasse dans la pierre qui aurait été provoqué par un tremblement de terre intervenu à cause de la crucifixion. Le sang du Christ aurait coulé dans cette crevasse et atteint Adam qui serait lui même enterré là, le lavant de ses péchés. L’iconographie religieuse traditionnelle montre ainsi un crane au pied de la croix sur laquelle Jésus meurt.
Les paroles de Jésus sont alors un chef d’œuvre d’espérance. Lentement, avec des pas qui sont aussi les nôtres, Jésus traverse toute l’obscurité de la nuit, pour s’abandonner avec confiance entre les bras du Père. C’est le gémissement des mourants, le cri des désespérés, l’invocation des perdants. C’est Jésus !
“Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?” (Mt 27, 46). C’est le cri de tout homme frappé par le malheur. Et Dieu se tait parce sa réponse est là, sur la croix : c’est Lui, Jésus, la réponse de Dieu, Parole éternelle incarnée par amour.
“Souviens-toi de moi…”(Lc 23,42). L’invocation fraternelle du malfaiteur, fait compagnon de douleur, pénètre le cœur de Jésus, qui y entend l’écho de sa douleur-même. Et Jésus écoute cette supplication : “Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis” (Lc 23, 42-43). Toujours, la douleur de l’autre nous rachète, parce qu’elle nous fait sortir de nous-mêmes.
“Femme, voici ton fils ! …”(Jn 19, 26). Mais c’est sa Mère, Marie, qui avec Jean se tenait sous la croix, brisant la peur. Il la remplit de tendresse et d’espérance. Jésus ne se sent plus seul. Comme pour nous, si, à côté de notre lit de douleur, il y a quelqu’un qui nous aime ! Fidèlement. Jusqu’au bout.
“Père pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font” (Lc 23, 34). Maintenant, héroïquement, Jésus sort de la peur de la mort. Parce que si nous vivons dans l’amour gratuit, tout est vie. Le pardon nous renouvelle, il guérit, transforme et console ! Il crée un peuple nouveau. Il arrête les guerres.
“Père, entre tes mains, je remets mon esprit” (Lc 23, 46). Non plus la désespérance du vide. Mais la confiance pleine entre les mains du Père, l’abandon à son cœur. Parce que “ en Dieu, chaque fraction se recompose, finalement en unité ! ”

Seigneur Jésus, à l’heure de ta mort, le soleil s’éclipsa. En cette heure d’obscurité et de trouble, aide-nous à te suivre spécialement dans les heures d’obscurité et de détresse, donne-nous ton Esprit de lumière afin que, par nos actes d’amour, nous puissions dès maintenant participer à la Vie trinitaire où dans l’éternité, avec le Père.

(Visited 41 times, 1 visits today)

commentaires

commentaires