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Toutes les églises de la diaspora copte diffusent le message pascal du pape Tawadros

16 Avril 2015 4:41 pm

 

Sa Sainteté le Pape Tawadros II d’Alexandrie, pape d’Alexandrie et patriarche de la Prédication de Saint Marc a adressé son message pontifical à travers une vidéo enregistrée à la diaspora copte dans le monde. Le message-vidéo du pape a été traduit en 17 langues: amharique, chinoise, néerlandaise, anglaise, française, allemande, grecque, indonésienne, italienne, hongroise, Malaisienne, japonaise, espagnole, Swahilie, suédoise et thaïlandaise et il a été transmis à la diaspora dans la Divine Liturgie pour la fête de la Résurrection après la lecture de l’Evangile…

Ci-dessous le contenu dudit message du pape Tawadros:

 

Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité.

 

Je vous félicite pour la glorieuse fête de la Résurrection qui est l’apogée de nos joies et la plus importante de nos fêtes. Dans la vie chrétienne, la Résurrection n’est pas juste un évènement historique. Elle n’est pas, non plus, une occasion pour faire la fête avec différentes manifestations et, naturellement, ce n’est pas un jour comme un autre. La Résurrection est le fondement du plan du Salut que notre Seigneur Jésus Christ a accompli sur le bois de la Croix. Elle est le centre de notre Foi et la réalisation de la rémission des péchés de l’humanité. La Résurrection est le cœur du combat spirituel,

étant donné que le progrès spirituel sans la résurrection n’a pas de sens. Elle est aussi notre espoir et notre espérance pour la Vie éternelle à venir. Sans la Résurrection notre Foi chrétienne ne signifie rien. Sans la Résurrection il n’y aurait pas de paix dans notre vie quotidienne sur terre. Sans la Résurrection nous n’avons pas d’espérance dans le futur. La lumière de la Résurrection éclaire la vie de l’être humain et elle irradie dans la vie de chacun et chacune tout au long de sa vie.

On pourrait se poser la question : Le Christ est-il vraiment venu ? Est-il vraiment mort ?

Effectivement, la Résurrection s’est passée il y a plus de vingt siècles. Elle ne s’est pas faite en secret mais il y a des témoins pour la confirmer. Il ne s’agit pas d’un ou deux témoins mais de plusieurs. Le centurion qui a transpercé le côté du Christ et le soldat qui montait la garde devant le tombeau sont des témoins de la Résurrection du Christ. Il y a aussi Ponce Pilate qui a monté un simulacre de jugement contre le Christ, notre Seigneur, puis, dans un geste théâtral, s’est lavé les mains en disant : « Je suis innocent du sang de ce juste. » (Matthieu 27 : 24) Il faut noter la contradiction entre « innocent » et « juste » d’une part et du fait qu’il le livre pour être jugé et mis à mort. Les prêtres et les grands prêtres juifs sont eux aussi témoins de ce qui s’est passé sur la Croix et au moment de la Résurrection. Les femmes qui de bon matin se sont rendues au tombeau en portant des aromates sont, elles aussi, des témoins de la Résurrection de notre Seigneur Jésus Christ. Il y a simultanément des indices matériels témoignant de la mort du Christ sur la Croix et de Sa Résurrection. Je vous rappelle le voile du Sanctuaire qui se déchira en deux, du haut en bas, et du séisme qui se produisit à l’heure de la Mort du Christ sur la Croix. Je vous rappelle aussi la grosse pierre qui fut roulée à l’entrée du tombeau. Cette pierre servait à garder un mort, comme s’ils avaient peur que le mort ne s’échappe.

 

Il y a aussi les linges de l’ensevelissement que les disciples trouvèrent à l’endroit où le corps du Seigneur avait été posé. Je vous rappelle aussi les gardes qui se tenaient devant le tombeau et le sceau avec lequel la pierre avait été scellée et qui portait la signature du gouverneur. N’oubliez pas que le tombeau était un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne. Dans la Résurrection Dieu a beaucoup offert à l’être humain. Il lui a donné la promesse du Salut et Il l’a réalisée. Voici le plan divin : l’Incarnation, la Crucifixion et la Résurrection. Souvenons-nous qu’au début du ministère public du Christ Il s’est rendu à la noce de Cana en Galilée et qu’Il y a réalisé son premier miracle en changeant l’eau en vin. Lorsque notre mère, la sainte Vierge Marie, lui a dit : « Ils n’ont pas de vin. » (Jean 2 : 3) ce qui veut dire : « ils n’ont pas de joie. La Vierge Marie utilisait le langage de l’Ancien Testament. Tout au long de cette période les gens n’avaient pas la joie du Salut, la joie de la Résurrection. Dans la sainte Bible le mot « vin » signifie « la joie ». Le Christ lui fit une réponse étrange. Il lui dit : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » (Jean 2 : 4) Cette « heure » est celle de la Croix, de la Résurrection et de la joie de l’Homme. Pour cela nous disons lors de la prière de la sixième heure (sexte) : « Nous Te rendons grâce car Tu as rempli nos cœurs de joie, ô Sauveur, quand Tu es venu pour aider le monde. Ô Seigneur, gloire à Toi. »

Comment pouvons-nous réagir à la Résurrection ? Comment pouvons-nous en bénéficier?

Je vais vous indiquer trois points fondamentaux pour ceci.

Premièrement : une réaction requise, un devoir.

Lorsqu’Hérode apprit que le Christ était né, il ne s’est pas déplacé pour le voir. Il dit aux mages : « Allez, vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer. » (Matthieu 2 : 8) Il crut qu’il serait exagéré et indigne pour lui de se déplacer. La Bible nous dit : « Approchez-vous de Dieu, et lui s’approchera de vous. » (Jacques 4 : 8) Pour cela les Marie(s) se rendirent au tombeau à l’aube de la Résurrection pour recevoir une grande bénédiction. Celle de visiter le saint sépulcre à l’aube de la Résurrection. Combien grande était cette bénédiction ? Cette réaction requise est constituée par votre présence et vos sentiments intérieurs.

 

Deuxièmement : une réaction chaleureuse.

Certaines personnes réagissent de manière chaleureuse aux propos qui leurs sont tenus. Par exemple, dans l’Ancien Testament, lorsque Dieu demanda à Abraham de Lui offrir Isaac en holocauste, nous n’avons pas entendu dire qu’il ait trainé à le faire. Mais il se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui son fils Isaac, le feu et le couteau. Voici une réaction chaleureuse. Il y en a qui ont avec le Christ une relation vivante remplie de chaleur spirituelle. Pour cela la Bible nous recommande : « Souviens-toi de ton Créateur, aux jours de ta jeunesse. » (L’ecclésiaste 12 : 1) Il existe la chaleur spirituelle et il existe aussi la volonté.

 

Troisièmement : une réaction continue et permanente.

Ceci signifie que l’être humain doit persister dans la vie spirituelle. Il existe un temps que nous pouvons appeler « le temps de l’interaction » pendant lequel l’Homme se trouve en relation avec Dieu par l’intermédiaire des prières, de la sainte Bible ou les moyens de la grâce. Il y a aussi le jeûne ainsi que les lectures et les services spirituels. Tout ceci maintient l’être humain dans une situation de réaction perpétuelle. Ce rapport permanent fait ressentir à l’Homme qu’il vit dans la lumière de la Résurrection.

 

Pour cela notre Eglise rend la commémoration continuelle de la Résurrection une obligation quotidienne. Ainsi, la prière de l’aube (prime) dans le livre des prières des heures (Agpia) commémore la Résurrection du Seigneur. Le Dimanche de chaque semaine est le « jour que fit le Seigneur » en commémoration de Sa Résurrection. Le 29ème jour de chaque mois copte, nous commémorons l’Annonciation, la Nativité et la Résurrection. Et chaque année, nous célébrons la Résurrection pendant 50 jours et non pas un seul jour. Nous considérons ces cinquante jours non pas comme des jours ordinaires mais comme des Dimanches. Nous pourrions même les appeler « une longue journée de Dimanche », ils préfigurent l’existence dans l’éternité. Notez que cette période de 50 jours dure sept semaines et qu’elle commence et se termine par un dimanche. Les fêtes de Pâques et de la Pentecôte sont les limites de cette période. Ceci est l’expression de la vie parfaite dans le Royaume des cieux. Pâques est la grande joie dans laquelle vit l’être humain. Dans la tradition de l’Eglise, quand nous prions chaque jour la Psalmodie (Tasbeha) nous la débutons par la prière de minuit qui commence par : « Levons nous enfants de la lumière ». Se lever nous rappelle la Résurrection. Lorsqu’au milieu de cette Psalmodie nous chantons le bel hymne « Aripsalin » nous le débutons par l’expression : « Chantez Celui qui a été crucifié pour nous et a été enterré. Il a vaincu la mort. » La Résurrection constitue un sentiment et une vie. Ainsi nous pouvons dire avec l’apôtre Paul : « afin de le connaître, Lui, avec la puissance de Sa Résurrection et la communion à Ses souffrances, lui devenir conforme dans Sa mort » (Philippiens 3 : 10) Pour la Résurrection je peux construire une relation forte et une connaissance personnelle entre le Christ personnellement et moi.

 

Je saisis cette occasion pour vous présenter mes meilleurs vœux à chacun d’entre vous ; aux Pères les évêques et les prêtres, aux diacres, aux serviteurs et aux servantes, aux jeunes, aux garçons et aux filles. J’offre mon amour à tous les conseils des églises à travers le monde. Je l’offre aussi à tous ceux qui servent en Esprit et en Vérité. Je vous invite à vivre la joie de la Résurrection tous les jours de votre vie et pas seulement le jour de la fête de Pâques.

Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité. Bonne fête à tous.