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Une justification de "l'arsenal antiterroriste" du Caire

  Karim Felli Michael Victor

25 Août 2015 11:09 am

 
Au moins six policiers ont été blessés au Caire dans la nuit de mercredi à jeudi par l’explosion d’une voiture piégée visant leur commissariat, alors que l’Egypte fait face à une vague d’attentats des jihadistes de l’Etat islamique (EI). L’attaque a été perpétrée dans un quartier du nord de la capitale contre un commissariat de la Sécurité d’Etat.
«Un inconnu a stoppé brutalement sa voiture devant le bâtiment, en est sorti et a sauté sur une moto pour prendre la fuite, puis la voiture a explosé», a expliqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. «Six policiers ont été blessés», a précisé le ministère. Le mur qui ceint le bâtiment de quatre étages s’est effondré en grande partie et les fenêtres de l’immeuble ont volé en éclat. La bombe a creusé un cratère d’un mètre de diamètre environ devant le portail d’entrée et le sol était jonché de débris de la voiture piégée et de verre brisé.
Sur le terrain, la nouvelle loi antiterroriste s’est ainsi avérée justifiée.
Le président Abdel Fattah al-Sissi avait promulgué une nouvelle loi antiterroriste créant des tribunaux spéciaux et fournissant des protections juridiques aux membres des forces de l’ordre chargés de la mettre en œuvre.
Cette loi précise aussi l’éventail des peines prévues pour les activités terroristes, qui vont de cinq ans de prison à la peine de mort.
Elle fournit un bouclier juridique aux policiers et aux militaires contre des éventuelles poursuites liées à l’obligation d’un usage proportionné de la force “dans l’exercice de leur mission”.
Confronté aux violences d’islamistes radicaux, notamment dans le Sinaï, Abdel Fattah al-Sissi a promis en juillet un renforcement de l’arsenal antiterroriste après la mort du procureur général d’Egypte dans un attentat à la voiture piégée au Caire.
Créer ou diriger une organisation qualifiée d’”entité terroriste” par les autorités sera passible de la peine de mort ou de la réclusion à perpétuité, ce qui équivaut en Egypte à 25 ans de prison. L’appartenance à une telle organisation sera passible de 10 ans de prison.
Le financement d’une “organisation terroriste” pourra valoir la prison à vie. L’incitation à la violence, notamment “la promotion d’idées incitant à la violence”, entraînera une peine comprise entre cinq et sept ans de prison, tout comme la création ou l’utilisation de sites internet qui répandent de telles opinions.
Les journalistes encourront une amende s’ils contredisent la version des autorités au sujet d’une attaque terroriste. Cette partie de la loi a été amendée après l’indignation internationale soulevée par le projet initial, qui prévoyait un emprisonnement.
En février, Abdel Fattah al-Sissi a promulgué une précédente loi antiterroriste élargissant les possibilités d’interdiction d’organisations accusées de saper l’unité nationale ou de troubler l’ordre public.
L’Egypte a riposté mercredi contre la critique étrangère d’une nouvelle loi anti-terreur que les critiques prétendent pourraient restreindre des droits humains et museler la presse, en disant que l’indépendance de l’appareil judiciaire doit être respectée.
 “L’Egypte ne commente jamais les lois d’autres pays en matière de lutte contre le terrorisme considérées par nombre de leurs propres concitoyens comme restreignant les libertés”, a réagi mercredi le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Il réagissait à un commentaire de Washington et de Human Rights Watch (HRW) mercredi.