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L’Iran fait un signe d’amitié aux États-Unis

Karim Felli

14 Janvier 2016 3:09 pm

 
 
L’Iran a relâché mercredi les dix marins américains arrêtés la veille après s’être égarés dans les eaux territoriales iraniennes, un incident rapidement clos qui témoigne du réchauffement des relations entre Téhéran et Washington à la suite de l’accord historique sur le nucléaire. Les dix marins, neuf hommes et une femme, sont restés captifs moins de 24 heures après l’interception mardi après-midi des deux petits navires rapides de guerre sur lesquels ils naviguaient au large de l’île Farsi, située dans la partie nord du Golfe. Des photos publiées sur le site des Gardiens de la révolution les ont montrés, après leur arrestation, assis à même le sol sur des tapis dans une grande pièce. Les États-Unis avaient annoncé mardi soir avoir “perdu le contact avec deux petits navires militaires qui naviguaient entre le Koweït et Bahreïn”. Mais, dès le début, Washington avait évité de jeter de l’huile sur le feu en affirmant que les marins allaient bien et pourraient être libérés rapidement.
Les Gardiens de la révolution avaient ensuite confirmé dans la nuit l’arraisonnement des deux navires et précisé que les dix marins étaient en “bonne santé”.
L’Iran et les États-Unis sont en principe toujours adversaires depuis la rupture de leurs relations diplomatiques en avril 1980 dans la foulée de la Révolution islamique. Mais les deux ministres des Affaires étrangères sont en contacts réguliers depuis l’automne 2013, à la faveur des négociations sur le dossier nucléaire iranien. Ces dernières ont abouti à un accord historique scellé à Vienne le 14 juillet dernier entre les grandes puissances et l’Iran qui vise à garantir que la République islamique chiite ne se dote pas de la bombe atomique, en échange d’une levée progressive et contrôlée des sanctions internationales. 
L’accord, qui doit d’ailleurs être mis en œuvre dans les prochains jours, a mis en rage les alliés traditionnels de l’Amérique, l’Arabie saoudite et Israël notamment, qui y voient l’amorce d’une réconciliation Washington-Téhéran. Même si l’administration Obama se défend de tout projet de rétablissement des relations diplomatiques avec la bête noire iranienne, elle cherche à ramener un certain “équilibre” au Moyen-Orient, dans l’espoir de régler les guerres de la région et d’abord celle qui ravage la Syrie, analysent des experts.
Ce nouvel incident est intervenu alors que l’Iran et les grandes puissances finalisent l’application de l’accord qui vise à limiter le programme nucléaire de l’Iran, en échange d’une levée progressive et contrôlée des sanctions internationales. L’Iran a réduit le nombre de ses centrifugeuses, envoyé à l’étranger la quasi-totalité de son stock d’uranium faiblement enrichi et doit enlever dans les prochains jours le cœur du réacteur à eau lourde d’Arak, autant de mesures nécessaires pour l’entrée en application de l’accord. Cet accord a provoqué la colère des alliés traditionnels de l’Amérique, l’Arabie saoudite et Israël notamment, qui y voient l’amorce d’une réconciliation Washington-Téhéran.
Même si l’administration Obama se défend de tout projet de rétablissement des relations diplomatiques avec la bête noire iranienne, elle cherche à ramener un certain “équilibre” au Moyen-Orient, dans l’espoir de régler les guerres de la région et d’abord celle qui ravage la Syrie, analysent des experts. Les États-Unis sont très présents militairement dans la région, leur Ve Flotte siégeant notamment à Bahreïn.