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Importants enjeux régionaux en cours de discussion

Karim Felli

21 Avril 2016 12:50 pm

 
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a rencontré le président Abdel Fattah al-Sissi et le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukry au Caire, lors d’une brève visite mercredi.
Le président a accueilli le secrétaire d’Etat américain, en insistant sur les relations stratégiques entre l’Egypte et les Etats-Unis. Il a également exprimé le souci de l’Egypte de renforcer la coopération bilatérale avec les États-Unis à tous les niveaux.
Le président al-Sissi a souligné l’importance de renforcer la coordination et la consultation entre les deux pays pour leur permettre de faire face aux différents défis, surtout à la lumière des risques pour le Moyen-Orient à cette époque de tension et d’agitation.
Pour sa part, John Kerry a mis l’accent lors de la réunion sur l’engagement des États-Unis à soutenir la stabilité de l’Egypte et renforcer les relations avec elle, en soulignant que l’Egypte est un partenaire important pour son pays, et que les États-Unis reconnaissent son importance et son rôle central dans la région en tant que pilier fondamental de la paix et de la stabilité.
Le secrétaire d’Etat américain a affirmé le souci de son pays à soutenir l’Egypte à surmonter les défis sécuritaires et économiques, se référant à l’attention de l’appui de l’administration américaine aux efforts égyptiens dans les domaines du développement économique et la lutte contre le terrorisme.
Kerry a toutefois précisé qu’il reviendrait “pour discuter des moyens que nous pouvons mettre en œuvre ensemble pour lutter notamment contre Daech” (acronyme en arabe du groupe jihadiste Etat islamique, EI).
Kerry a également relevé l’importance de travailler pour la promotion des relations bilatérales entre les deux pays dans les intérêts des deux parties, ainsi que la coordination accrue avec le côté égyptien sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun.
Au cours de la visite d’une journée de Kerry, les responsables ont discuté des relations bilatérales et des questions régionales.
Kerry s’est ensuite rendu en Arabie saoudite pour se joindre au président américain Barack Obama qui a retrouvé mercredi le roi Salmane d’Arabie saoudite pour intensifier la lutte contre les djihadistes, explorer une issue diplomatique en Syrie et au Yémen, mais aussi tenter d’apaiser les tensions avec cet allié de longue date.
Le président Abdel Fattah al-Sissi a d’autre part reçu jeudi Cheikh Mohamed ben Zayed al-Nahyane, prince héritier d’Abou Dhabi et commandant suprême adjoint des forces armées des EAU, au Palais présidentiel d’al-Ittihadiya au Caire. Les deux responsables ont abordé les relations bilatérales entre l’Egypte et les Emirats. Ils ont en outre discuté des questions régionales au sein du Moyen-Orient, y compris la lutte contre le terrorisme, la situation en Libye, en Syrie et au Yémen, ainsi que la question de la Palestine.
Le Caire était le deuxième arrêt pour ben Zayed dans une semaine de voyages dans la région. L’arrivée du prince en Egypte jeudi a suivi sa participation au sommet des États-Unis et du Golfe, qui s’est tenu à Ryad, en présence des présidents des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), le président américain Barack Obama et son secrétaire d’État John Kerry.
Arrivé en milieu de journée mercredi à Ryad, capitale du riche royaume pétrolier, M. Obama a eu un tête-à-tête avec le roi Salmane, avant de participer jeudi à un sommet avec les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
Les décisions de l’administration Obama – du refus d’intervenir en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad aux négociations avec l’Iran, grand rival chiite – ont irrité les monarchies sunnites.
À ceux qui prédisent déjà une rencontre stérile se résumant à une simple photo de famille, la Maison Blanche rappelle la solidité d’une alliance de plus de 70 ans et s’emploie à minimiser la profondeur de la fracture.
« La relation a toujours été complexe mais il existe un socle de coopération sur des intérêts communs, en particulier l’antiterrorisme », a assuré Ben Rhodes, proche conseiller de M. Obama.
Les monarchies attendent un renforcement de l’aide militaire américaine –le secrétaire à la Défense Ashton Carter étant également à Ryad– mais aussi une aide concrète pour lutter contre les cyber-attaques déstabilisatrices.
« La principale inquiétude de l’Arabie saoudite est que l’Iran se mêle de ses affaires intérieures et travaille avec les dissidents au sein du pays pour affaiblir le gouvernement », souligne Lori Plotkin Boghardt du Washington Institute for Near East Policy.
Les monarchies sunnites espèrent aussi que le président américain, qui quittera le pouvoir début 2017, articulera un discours ferme vis-à-vis de Téhéran. Dans un article publié mi-mars dans le magazine The Atlantic, il appelait ses « amis » saoudiens à rejeter l’approche consistant à dire que « l’Iran est la source de tous les problèmes ». La formulation est très mal passée à Ryad.
Un autre sujet sensible, source de tensions récurrentes, a refait surface dans ce voyage présidentiel: le possible rôle de l’Arabie saoudite, ou de certains de ses responsables, dans les attentats du 11 septembre 2001 (15 des 19 pirates de l’air étaient Saoudiens).
Des élus républicains comme démocrates du Sénat ont rédigé un projet de loi qui permettrait de traduire ces derniers devant des tribunaux américains.
À la veille de son départ, M. Obama est monté au créneau pour expliquer combien il était « opposé » à ce texte. « Si nous rendons possible le fait d’attaquer en justice d’autres pays, alors nous ouvrons la voie à ce que des individus d’autres pays lancent en permanence des actions en justice contre les Etats-Unis », a-t-il mis en garde.
L’exécutif américain espère que les discussions se concentrent d’abord sur la lutte contre le groupe Etat islamique, qui a subi de sérieux revers en Irak, et sur les moyens de mettre un terme aux conflits qui déchirent la région. Mais en Syrie comme au Yémen, les timides efforts de paix ont montré leur extrême fragilité au cours des dernières heures.
L’opposition syrienne vient de suspendre sa participation « formelle » aux négociations de paix de Genève, accusant le régime de Damas de « bombarder et d’affamer les civils » dans la région d’Alep (nord).
Le régime syrien a lui accusé l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar, parrains de l’opposition, de vouloir faire échouer les pourparlers.