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Une coalition pour lutter contre le terrorisme

Karim Felli

17 Décembre 2015 2:12 pm

 
 
Le président Abdel Fattah Al-Sissi a déclaré que l’Égypte et l’Arabie saoudite sont des suites de la sécurité nationale arabe. Al-Sissi a ajouté, dans un discours prononcé lors de la cérémonie des collèges militaires et en présence de ministre de la Défense saoudienne le Prince Mohammed ben Salmane ben Abdel Aziz: “À l’heure actuelle par laquelle la région, nous sommes dans le besoin d’être ensemble pour faire face aux défis que nous confrontons”.
De sa part, l’Arabie saoudite a promis d’investir 8 milliards de dollars en Égypte et d’apporter une aide pétrolière pendant cinq ans à ce pays qui connait des difficultés économiques, selon les médias officiels mercredi. Cette annonce a été faite dans un communiqué commun publié au terme d’une visite du vice-prince héritier et ministre saoudien de la Défense Mohamed ben Salmane mardi au Caire. Le roi Salmane a “ordonné que les investissements saoudiens en Égypte dépassent les 30 milliards de riyals (8 milliards de dollars)” et que le royaume “contribue à couvrir les besoins de l’Égypte en pétrole durant les cinq prochaines années”, selon le communiqué publié par l’agence officielle SPA. En outre, “les navires saoudiens soutiendront le trafic dans le canal de Suez”, ajoute le texte sans plus de détail.
A cet égard, après avoir acheté 24 Rafaleune frégate FREMMquatre corvettes Gowind et deux Mistralle président Abdel Fattah al-Sissi souhaite très rapidement acheter un satellite d’observation et un satellite de télécoms militaire à Airbus Space Systems et Thales Alenia Space (TAS), désigné comme mandataire. Le montant du contrat s’élève à environ 1 milliard d’euros pour les deux satellites. Preuve de cette volonté de trouver un accord rapidement, il vient à nouveau d’envoyer en France le général Al-Assar, qui est devenu en septembre le ministre de la Production de défense.
C’est notamment lui qui avait été le négociateur égyptien pour les contrats portant sur les 24 Rafale et la FREMM en février dernier. Il avait été envoyé en septembre par le président al-Sissi pour faire avancer les négociations et lever les derniers obstacles au moment des négociations sur les deux bâtiments de projection et de commandement (BPC), de type Mistral (DCNS et STX). Le 29 novembre, Abdel Fattah Al-Sissi avait quant à lui dîné avec le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, l’homme de confiance du Caire. Le président égyptien, qui était à Paris pour la COP21, avait été également reçu le 30 par Manuel Valls.
Le ministre de la Production de défense est arrivé mercredi pour rejoindre des équipes égyptiennes déjà sur place et doit repartir le 22 décembre avec en principe un accord en poche. Un calendrier qui semble ambitieux mais tout reste possible avec les Égyptiens, les négociations pour le contrat Mistral n’ayant duré qu’un peu plus de deux mois. Pour autant, il restait encore pas mal de travail pour parvenir à cet accord, dont la position orbitale des satellites, qui poserait problème. Un contrat pourrait être signé en fin d’année, voire au tout début 2016.
L’Arabie saoudite a annoncé la formation d’une coalition islamique antiterroriste de 34 pays. Si l’Égypte, la Turquie et le Mali en font partie, l’Iran, l’Irak et Oman n’y participeront pas. Autrement dit, l’Arabie saoudite a annoncé la création d’une coalition de 34 pays musulmans dont l’objectif sera de “combattre le terrorisme militairement et idéologiquement” dans un contexte de montée en puissance de groupes djihadistes. Ni l’Iran, ni l’Irak, ni la Syrie ne font partie de la liste de ces États diffusée mardi par l’agence officielle SPA après l’annonce surprise de Ryad. Cette coalition, placée sous la conduite de l’Arabie saoudite, comprend des pays majoritairement sunnites comme l’Égypte, la Turquie, le Pakistan et le Sénégal. Elle sera dotée d’un centre de commandement basé à Ryad pour “soutenir les opérations militaires dans la lutte contre le terrorisme”, a ajouté l’agence.
L’alliance témoigne de la volonté du “monde islamique de combattre le terrorisme et à être un partenaire dans la lutte mondiale contre ce fléau”, a expliqué le vice-prince héritier et ministre saoudien de la Défense Mohamed Ben Salman lors d’une conférence de presse à Ryad. Des mécanismes seront établis pour “la coordination avec des pays amis épris de paix et des organismes internationaux” afin de soutenir les efforts pour “sauver la paix et la sécurité internationales”, selon l’agence SPA. Les 34 pays formant la coalition sont membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), basée à Djeddah, dans l’ouest du royaume saoudien.
L’Arabie saoudite dirige déjà une coalition militaire arabe contre des rebelles chiites au Yémen et fait partie de la coalition internationale qui, sous la conduite des États-Unis, combat le groupe djihadiste État islamique (EI) en Syrie et en Irak. Interrogé sur le point de savoir si la nouvelle coalition se consacrerait à la lutte contre l’EI, le prince Mohamed, fils du souverain saoudien Salmane, a souligné qu’elle allait combattre “toute organisation terroriste qui fait son apparition” dans le monde musulman, “le premier à avoir souffert du terrorisme”. Parmi les pays ou les régions confrontées au terrorisme, il a cité “la Syrie, l’Irak, le Sinaï (Égypte), le Yémen, la Libye, le Mali, le Nigéria, le Pakistan et l’Afghanistan”.
“Concernant la Syrie et l’Irak, nous ne pouvons mener les opérations (antiterroristes) qu’en coordination avec (les autorités) légitimes dans ces pays et avec la communauté internationale”, a souligné le prince Mohamed, dont le pays conteste le régime syrien du président Bachar Al-Assad. Cette initiative intervient après une série d’attentats perpétrés par des groupes djihadistes, dont l’EI, qui ont récemment frappé l’Égypte, la France, le Liban, la Tunisie et la Russie.
Dix autres pays, dont l’Indonésie le plus grand pays musulman par sa population, soutiennent la nouvelle coalition et pourraient se joindre à elle ultérieurement. Ces pays ont “à prendre certaines mesures avant de rejoindre la coalition”, a expliqué le ministre de la Défense. “La coalition va combattre le terrorisme militairement, idéologiquement et médiatiquement, en plus de l’effort sécuritaire”, a conclu celui qui apparaît de plus en plus comme l’un des hommes forts de l’Arabie saoudite. L’annonce de la nouvelle coalition intervient alors que les États-Unis multiplient les déclarations sur la nécessité de mobiliser des troupes au sol, notamment arabes, pour réussir la guerre contre les djihadistes de l’EI. Fin novembre, deux sénateurs américains avaient plaidé pour l’envoi de 100.000 soldats étrangers, en majorité de pays sunnites, mais aussi Américains, pour combattre l’EI en Syrie.
Le ministre d’État émirati aux Affaires étrangères Anwar Gargash avait ensuite affirmé son pays était prêt à participer à une force terrestre pour combattre l’EI en Syrie. “Les pays de la région doivent supporter une part du fardeau. Et il n’y a pas lieu d’avoir une intervention étrangère comme celle des Américains pour libérer le Koweït” en 1991, avait ajouté Gargash.
La liste des 34 pays comprend plusieurs pays africains comme le Bénin, le Tchad, le Togo, la Tunisie, Djibouti, le Gabon, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Maroc ou le Niger.