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Les pyramides d'Égypte scannées pour révéler leurs secrets

Michael Victor

22 Octobre 2015 4:08 pm

 
Une mission scientifique, pluridisciplinaire et internationale, se déploiera à partir de ce dimanche au pied de Kheops. Sa mission : percer de manière irréfutable le mystère de la construction de cette merveille du monde.
Au Caire le professeur Mamdouh al-Damaty, ministre des Antiquités, a annoncé officiellement ce dimanche matin le lancement d’un nouveau projet égypto-International destiné à percer le mystère de la construction des pyramides.
Un projet de numérisation des Pyramides intitulé “projet international pour découvrir les secrets des pyramides”, doit être mis en œuvre à la fin d’octobre, a déclaré le ministre des Antiquités.
Mamdouh Mohamed al-Damaty a dit que le projet vise à résoudre l’énigme des pyramides de l’Ancien Empire à Dahchour et Guizeh et de fournir une meilleure compréhension de leur architecture et leur design intérieur.
Le projet, a-t-il ajouté, fournira également des photos en 3D et une étude détaillée de l’architecture pyramidale en Egypte.
“La sonde sera mise en œuvre par des techniques invasives, et non destructrices de balayage en utilisant des rayons cosmiques en coopération avec des scientifiques et experts en provenance du Japon, de France et du Canada”, a déclaré al-Damaty.
Le ministre a ajouté que les rayons cosmiques sont immensément dotés d’un rayonnement de haute énergie, provenant principalement en dehors du système solaire, et sont également utilisés par les Japonais pour la détection précoce des volcans et des séismes.
La sonde de numérisation des Pyramides, a-t-il souligné, sera la première fois qu’un laboratoire des rayons cosmiques a été établi en dehors du Japon et sera seulement la deuxième jamais accomplie.
“La Pyramide de la fille du roi Senefrou à Dahchour a été choisie pour être la première pyramide qui sera soumise à une telle sonde en raison de sa conception architecturale distinguée et unique et parce qu’elle est la première tentative de construction de la pyramide qui n’a pas été soigneusement étudiée”, a déclaré al-Damaty.
Al-Damaty a dit que la sonde est une joint-venture entre le Japon et l’Egypte, en collaboration avec un consortium de la Faculté de génie de l’Université du Caire, ainsi que l’Institut de l’Innovation et de la préservation du patrimoine en France, qui sont tous sous la supervision du ministère des Antiquités.
Le projet de numérisation des Pyramides a été approuvé par le comité permanent au ministère des Antiquités et a obtenu toutes les autorisations nécessaires des organismes de sécurité et d’autres autorités concernées.
 
 
Baptisé «ScanPyramids» ce projet va mettre en œuvre «des techniques de détection non-invasives et non-destructives» destinées à scanner les monuments de Guizeh et plusieurs autres situés plus au sud le long du Nil ou dans le désert.
Ingénieurs, scientifiques et archéologues égyptiens, japonais, canadiens et français vont donc tout d’abord œuvrer ensemble ces prochains mois au pied de Kheops, la plus grande de toutes les pyramides, sous l’égide de la Faculté des ingénieurs du Caire et de l’Institut français Héritage Innovation Préservation (HIP). Signe d’une relance des missions prestigieuses dans le pays.
Comment au juste les bâtisseurs ont-ils pu procéder pour ériger jusqu’à 146 mètres de haut, en quelque vingt-cinq années, Kheops? Cela alors qu’ils n’ont pas eu recours à la roue pour le transport des 2,5 millions de blocs nécessaires? Certaines parmi les plus grosses dalles de granit pèsent 63 tonnes. Elles ont été taillées avec des outils de pierre et de cuivre… Tels sont les plus grands mystères d’Égypte. Aussi persistants et passionnants.
Plusieurs théories évoquant des grues manuelles ou des rampes ont été émises. Ces dernières étant les plus convaincantes. Mais en fait rien n’a encore été démontré de manière incontestable. Le scannage de Kheops et de ses petites sœurs pourra peut-être également expliquer certaines anomalies de structure.
Que dire par exemple d’une entrée de pyramide remarquée à Dahchour, à une quinzaine de kilomètres au sud de Saqqarah? Elle est la seule ménagée à l’ouest parmi toutes celles construites durant l’Ancien Empire (2575 – 2134 avant Jésus-Christ)? Autre mystère: pourquoi Kheops présente ces originalités d’avoir trois chambres étagées et aucune antichambre? Et à quoi servaient ses conduits, dits de ventilation? Étaient-ce des leurres pour les profanateurs? Kheops a Pourtant été rapidement pillée.
À la manœuvre HIP, l’initiateur français de la mission. Cette structure d’intérêt général à but non lucratif, créée cette année, en est à son premier défi. Elle se caractérise par sa multidisciplinarité, mettant les plus récentes innovations technologiques au service du patrimoine mondial.
Ses fondateurs comptent des personnalités aussi différentes que Hany Helal, professeur à la faculté des ingénieurs du Caire, ancien ministre de la Recherche et de l’Éducation ; François Schuiten, dessinateur de bandes dessinées, passionné d’architecture ; ou encore Mehdi Tayoubi, ancien directeur de Dassault Systèmes «Passion for Innovation», une structure de pointe dans la reconstitution 3D de monuments ou d’engins disparus.