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Alexandrie organise une conférence internationale sur les antiquités sous-marines

3 Novembre 2016 2:27 pm

Une conférence internationale de trois jours sur l’archéologie sous-marine a été inaugurée lundi à Alexandrie, une ville célèbre pour ses riches antiquités sous-marines.

La Conférence internationale d’Alexandrie sur l’archéologie maritime et sous-marine, tenue conjointement par la Bibliothèque d’Alexandrie et le Ministère égyptien des Antiquités, a discuté de plusieurs sujets, y compris les récentes découvertes archéologiques en Egypte et la construction navale ancienne.

«Alexandrie et ses eaux environnantes hébergent les restes du phare d’Alexandrie et de l’ancienne ville de Thonis-Heracleion, cette conférence représente donc une quête pour ressusciter l’histoire glorieuse de la ville», a déclaré le Dr Ismaïl Séragueldine, le directeur de la Bibliothèque d’Alexandrie.

Parmi les 25 scientifiques et archéologues présents à la conférence était l’archéologue français Franck Goddio, reconnu comme le découvreur de Thonis-Heracleion.

En 2000, l’équipe de Goddio a découvert la ville ancienne submergée de Thonis-Heracleion, le principal port commercial de l’Égypte avant le 4ème siècle av. J.-C. à la baie d’Abou Qir, à environ 25 km au nord-est du centre-ville d’Alexandrie.

Depuis la découverte de la ville portuaire hellénistique, les eaux au large d’Alexandrie sont devenues un amphithéâtre des principales missions archéologiques subaquatiques du monde et un site d’essai pour les techniques avancées d’exploration et de cartographie sous-marine.
L’expédition du Centre d’études alexandrines (CEAlex) avait commencé la tâche de l’indexation, de photographie et de documentation de 4.000 pièces des vestiges du 3ème siècle avant JC du Phare d’Alexandrie, une des sept merveilles du monde antique. Les morceaux ont été trouvés par les archéologues français sur le lit de la Méditerranée au port oriental d’Alexandrie à la pointe de laquelle se trouve la Citadelle de Qaïtbay, le fort médiéval construit sur le site de l’ancien phare.
Le phare a été gravement endommagé par trois tremblements de terre entre 956 et 1323. Ce fut une ruine abandonnée jusqu’à 1480, quand les dernières de ses pierres ont été utilisées pour construire la citadelle de Qaïtbay sur le site. En 1994, les archéologues français ont découvert des vestiges du phare sur le fond marin du port de l’Est.

Une fois que l’indexation sera terminée, les travaux reprendront pour sauver le navire coulé Qaïtbay 2.
Le Centre d’Etudes Alexandrines (CEAlex) a été fondé en 1990 par Jean-Yves Empereur, avec le soutien du CNRS (RCP 403), le ministère français des Affaires étrangères et l’IFAO.
Les bureaux de l’équipe sont logés dans des appartements loués sur quatre étages d’un immeuble moderne dans le centre d’Alexandrie. Six autres appartements à proximité servent de logement pour les chercheurs invités et membres d’autres missions archéologiques. Depuis 1997, le ministère égyptien des antiquités a aimablement accordé l’utilisation d’un entrepôt d’excavation couvrant plus de 3.000 m2 pour stocker, l’inventaire, l’étude et la restauration du matériel archéologique découvert lors de nos fouilles. Une partie de ce bâtiment a été rénové en 2008 et abrite aujourd’hui le stockage et l’étude des espaces, le laboratoire de restauration CEAlex, les archives du Musée gréco-romain et le département des missions étrangères. La rénovation devrait se poursuivre à l’automne 2016, avec l’ouverture de deux nouvelles salles.
Au début, le CEAlex a été principalement impliqué dans les fouilles de sauvetage, à la fois sur terre et sous l’eau, en réponse à l’essor du développement immobilier du début des années 1990. Plus de 20 fouilles ont été menées, couvrant une variété de contextes: domestique (logement du hellénistique, romaine et romaine tardive, et époques islamiques), institutionnels (citernes de l’époque médiévale, Citadelle de Qaïtbay), religieux, (Caesareum, l’Eleusinion d’Alexandrie) et funéraires (nécropoles Gabbari, Terra Santa). Les fouilles sous-marines ont été effectuées dans le site du Phare d’Alexandrie, au pied de la Citadelle de Qaïtbay et les épaves se trouvant un peu plus loin en mer. Au début des années 2000, le CEAlex s’est également tourné vers l’arrière-pays alexandrin avec une enquête archéologique et paléo-environnementale systématique au sud du lac Mariout avec l’excavation de quatre sites (péninsule Marea, villa de ferme Akademia, le site Quarry Kom, et Kom Bahig, qui a ouvert au printemps 2016).

Les fouilles urbaines touchent à toute l’histoire de la ville et l’étude de l’histoire d’Alexandrie sur le long terme, depuis sa fondation en 331 avant JC jusqu’à l’époque moderne, s’étant développée naturellement. Cela a conduit à des collaborations avec des historiens et des archéologues spécialisés dans les périodes médiévales, ottomanes et modernes, et la construction des ressources documentaires pertinentes (cartographie historique, archives des institutions et des familles alexandrins, les collections de la presse francophone de l’Egypte).
Jean-Yves Empereur a étudié des représentations du phare plus ou moins fidèles (documents figurés, mosaïques), mais aussi des sources écrites (Strabon, Plutarque, Abou Hamid Al-Andalousi, Ibn Battouta, etc.) et a réussi à en tirer un plan assez précis. Il a notamment étudié des pièces de monnaie frappées à Alexandrie entre le ier siècle avant notre ère et le iie siècle. Il s’est aussi appuyé sur une sépulture antique du -iie siècle à Taposiris Magna (actuellement Abousir au bord du lac Mariout, à environ 40 km d’Alexandrie), au-dessus de laquelle le propriétaire avait fait réaliser une copie réduite du phare.
Il a déduit de ses travaux que le phare devait être un bâtiment à trois étages : Une base carrée légèrement pyramidale, une colonne octogonale, et une petite tour ronde distale surmontée d’une statue, le tout pour une hauteur d’environ 135 mètres.
Son rayon de visibilité s’étendait sur environ 50 km.
La base devait mesurer environ 70 mètres de hauteur sur 30 mètres de côté. On y accédait par une rampe à arcades. Une cinquantaine de pièces servant d’habitation au personnel chargé de l’entretien du phare ou d’entrepôt de combustible étaient aménagées tout autour d’une rampe intérieure, ce qui explique les fenêtres asymétriques qui suivaient l’axe de la rampe, assez large pour livrer passage aux bêtes de somme chargées d’acheminer le combustible. Elle donnait accès à une sorte de terrasse munie d’une rambarde de 2,30 mètres de haut entourée de quatre tritons soufflant dans des cornes, un à chaque coin de la terrasse.
Le deuxième étage était de forme octogonale et mesurait 34 m de hauteur et 18,30 m de largeur. Il comportait un escalier intérieur qui menait au troisième étage. Celui-ci était circulaire et ne mesurait que 9 mètres de hauteur. Il contenait lui aussi un escalier de18 marches.