Le musée Khalil, panorama inégalé de l’art français

25-01-2021 07:09 AM


La Ministre de la Culture, Dr Enas Abdel-Dayem, a suivi le travail de développement et de réhabilitation du Musée Mohamed Mahmoud Khalil et son épouse. Ce musée est affilié au Secteur des Beaux-Arts. Il a été fermé depuis plus de 10 ans, en vue de son ouverture en avril prochain.

La ministre de la Culture a déclaré que le développement de l’art et des musées nationaux fait partie des efforts visant à enrichir la structure culturelle en Égypte et est basé sur la croyance en la valeur de la créativité dans l’édification de la personnalité ainsi que dans la consolidation de l’identité nationale et la documentation de la mémoire collective. Elle a ajouté que le musée Mohamed Mahmoud Khalil et son épouse sont l’un des sites spécialisés les plus importants en raison de ses rares collections qui font partie de l’histoire créative de la civilisation humaine.

C’est l’un des musées d’arts plastiques les plus importants en Egypte.. En 1920, le défunt politicien égyptien Mohamed Mahmoud Khalil avait érigé son palais à Guizeh d’après le style français. Il avait collectionné dans ce palais des œuvres artistiques de grande valeur qui y sont restés 40 ans.

Le côté oriental du palais surplombe le Nil et présente le style artistique français d’Arnoveau, qui se manifeste dans le travail du métal et du verre à l’entrée du palais. Le côté ouest du bâtiment présente les caractéristiques du style néoclassique, un mélange de différents ornements. L’immense fenêtre à meneaux du côté nord est particulièrement impressionnante. Les visiteurs se tenant au premier et deuxième étage peuvent voir la fenêtre, qui est au-dessus de l’escalier intérieur et porte la signature de l’artiste français Lucien Mette (Paris-1970).
Avant sa mort en 1953, Mahmoud Khalil avait légué ces biens à son épouse, à condition qu’elle les lègue – à son tour – en plus du palais, au gouvernement égyptien pour servir de musée. Le palais avait été inauguré en tant que musée pour la première fois en 1962, la collection a été transmise au palais du prince Amr Ibrahim à Zamalek en 1971 et a été ré-inauguré en 1979.
Face au palais – à présent – se trouve une statue du propriétaire, et à l’entrée du jardin nous apercevons une plaque en marbre portant le nom du musée, entourée d’une superficie verte. À la droite du jardin s’élève un centre de restauration et d’entretien des tableaux. En grimpant quelques escaliers, vous vous trouvez à la salle du premier étage préservant plusieurs meubles et chaises ainsi que le piano du propriétaire du palais au même endroit.
Quant à la bibliothèque, elle contient environ 4000 livres et références artistiques que Mahmoud Khalil avait acquis.
Elle renferme également une salle de lecture et une autre de conférences, en plus d’une banque de données en contact direct avec la plupart des centres d’arts plastiques à travers le monde.
Le nombre de tableaux à l’huile, au pastel, les aquarelles et les dessins au palais atteint environ 304 tableaux reproduits par 143 peintres, dont 30 faits par 9 peintres égyptiens.
Les statues en bronze, en marbre et en gypse s’élèvent à 50 faites par 14 sculpteurs.
La collection française comprend des œuvres des plus grands artistes du XIXème siècle, dont Renoir et Van Gogh. Parmi les tableaux les plus importants du musée, figure celui du “Bandage blanc” de Renoir, en plus de 4 autres tableaux du même artiste : l’un d’eux représente les fleurs de dahlias, le deuxième une tasse de thé et des mandarines, le troisième un paysage naturel de printemps, et le quatrième une petite fille portant un chapeau, Claude Renoir, fille de l’artiste.
Au deuxième étage se trouvent deux salles consacrées aux plus précieux et plus beaux tableaux dans la collection de Mahmoud Khalil et de son épouse, à savoir: celui des “Baigneuses” l’un des plus rares œuvres de Gauguin et celui des “Fleurs de pavot” de Van Gogh.
Chaque œuvre artistique jouit d’un certificat de naissance fixé derrière le tableau, sur lequel sont enregistrés le nom de l’œuvre, ses descriptions artistiques et toutes les informations documentaires la concernant, ce qui constitue une fenêtre ouverte sur le monde des trésors artistiques.

A l’origine, Mohamed Mahmoud Khalil aimait plus la France que ses peintres. Né en 1877 dans une riche famille, il est un parfait produit de cette élite égyptienne qui envoyait ses fils étudier à la Sorbonne et parlait français à la maison. Lors de son séjour à Paris, il épouse Emilienne Hector, en 1901. Cette dernière l’entraîne alors dans des dépenses qu’il semble trouver inconsidérées selon le journal qu’il a laissé: «Paris, février 1903. J’ai dû payer 400 livres égyptiennes pour un tableau représentant une femme, qu’Emilienne a acheté aujourd’hui. Je ne peux m’imaginer qu’on puisse payer ce prix pour un seul tableau… Mais Emilienne dit que nous sommes gagnants dans l’affaire. Qui sait, c’est peut-être vrai.» Il s’agissait de la Jeune Femme au nœud de tulle blanc de Renoir. Pendant les cinquante années suivantes, jusqu’à sa mort à Paris en 1953, Mohamed Mahmoud Khalil ne cessa d’enrichir sa collection tout en menant une carrière politique couronnée par une charge de président du Sénat égyptien de 1938 à 1942.
A sa mort, Khalil lègue l’ensemble de son impressionnante collection à sa femme.. A la mort d’Emilienne en 1960, le tout a été légué par testament à l’Etat égyptien. La donation fut assortie d’une condition: que la demeure familiale soit transformée en musée pour les oeuvres.
C’est chose faite en 1962. La visite du musée Khalil offre un panorama disparate et inégal de l’art français du XIXe siècle.
Fervent amateur d’art, Mohamed Mahmoud Khalil était également un homme d’État, un ministre et président du Sénat. Il a joué un grand rôle dans l’enrichissement du mouvement culturel en Égypte en parrainant le mouvement des beaux-arts après avoir co-fondé et présidé la Société des amoureux des beaux-arts en 1924. Il a également contribué à renforcer les échanges culturels entre l’Égypte et la France dans la première moitié du 20e siècle. Ses efforts et son dévouement ont été reconnus lorsqu’il a reçu les plus prestigieuses médailles et récompenses françaises.

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