« Phare de l’espérance »

27-02-2025 04:23 PM


Mère Teresa inscrite par le pape dans le calendrier liturgique

La mémoire facultative de Mère Teresa de Calcutta (1910-1997), béatifiée par le pape Jean-Paul II en 2003 et canonisée par SS François en 2016, est désormais inscrite dans le calendrier romain général. Le dicastère pour le Culte divin et la discipline des sacrements a rendu public le 11 février 2025 un décret en ce sens datant du 24 décembre 2024, jour de l’ouverture du Jubilé de la Miséricorde.

Le décret signé par le cardinal Arthur Roche, préfet du dicastère en charge des questions liturgiques, indique que le pape François, “accueillant les demandes et les désirs des pasteurs, des religieux et religieuses, ainsi que des associations de fidèles, considérant l’influence exercée par la spiritualité de sainte Teresa de Calcutta dans les différentes régions du monde”, a ordonné que le nom de la fondatrice des Missionnaires de la charité “soit inscrit dans le calendrier romain général et que sa mémoire facultative soit célébrée par tous le 5 septembre”.

Concrètement, cette nouvelle mémoire doit être incluse dans tous les calendriers et livres liturgiques pour la célébration de la messe et de la Liturgie des Heures, en adoptant les textes liturgiques joints à ce décret, qui doivent être traduits, approuvés et, après confirmation par le dicastère pour le Culte divin, publiés par les conférences épiscopales. Depuis sa canonisation, la mémoire de Mère Teresa était librement mentionnée par de nombreux prêtres lors des messes célébrées le 5 septembre mais elle n’était pas encore formellement inscrite dans le canon liturgique universel, qui n’inclut pas forcément les saints les plus récents.

Dans une note explicative, le cardinal Roche précise que “compte tenu du rayonnement de la spiritualité de sainte Teresa de Calcutta à travers le monde”, SS le pape François “a voulu la proposer comme un témoignage exceptionnel d’espérance pour les laissés-pour-compte de la vie”.

Il appartiendra ensuite aux conférences épiscopales de traduire, d’approuver et, après confirmation du Dicastère, de publier les textes liturgiques de cette célébration. L’inscription de sainte Teresa de Calcutta dans le calendrier romain a pour but de proposer au monde un témoin d’humilité, de charité et d’espérance pour tous, et notamment pour ceux qui ont été rejetés dans la vie.

« En choisissant d’être non seulement la plus petite, mais la servante du plus petit, elle est devenue un modèle de miséricorde et une icône authentique du bon samaritain » a souligné le cardinal Arthur Roche, suivant la demande du pape François. Le préfet souhaite ardemment que cette décision aide les fidèles « à contempler cette femme, phare d’espérance, petite par la taille mais grande par l’amour, témoin de la dignité et du privilège de l’humble service en défense de chaque vie humaine et de tous ceux qui ont été abandonnés, rejetés et méprisés jusque dans la clandestinité du sein maternel. »

Née de parents albanais en 1910, Anjeze Gonxhe Bojaxhiu (future Mère Teresa) entre, à l’âge de 18 ans, à l’Institut des sœurs de Notre Dame de Lorette, où elle reçoit le nom de sœur Mary Teresa, en hommage à sainte Thérèse de Lisieux. En 1946, pendant un voyage en train, Mère Teresa reçoit « l’appel dans l’appel » qui la conduit à fonder, quatre ans plus tard, la communauté religieuse des Missionnaires de la Charité. Deux ans plus tard, elle sort du couvent pour se rendre dans les périphéries dégradées de Calcutta et servir le Christ en ceux qui ne sont « pas voulus, pas aimés, pas soignés ». Quelques-unes de ses anciennes élèves se joignent à elle.

Le pape Paul VI lui concède d’étendre l’activité des Missionnaires de la Charité en dehors de l’Inde tandis que le pape Jean-Paul II se lie d’une amitié personnelle avec la religieuse. L’admiration pour Mère Teresa dépasse les frontières de la foi et en 1979 elle reçoit le prix Nobel pour la Paix « pour son service pour les pauvres et avec les pauvres ». À cette occasion, elle saisit l’occasion de son discours de remerciement pour lancer un message contre l’avortement. Son expression est restée célèbre : « Si une mère peut tuer son enfant, qui empêchera les hommes de se tuer entre eux ? » Moins de deux ans après sa mort, en raison de sa réputation de sainteté et des grâces obtenues par son intercession, saint Jean-Paul II fait une dérogation en permettant l’ouverture de la cause de canonisation. C’est ainsi qu’elle est proclamée bienheureuse, le 19 octobre 2003..

Le pape François l’a canonisée en ces termes en septembre 2016, dans le cadre du Jubilé de la Miséricorde : “Mère Teresa, tout au long de son existence, a été une généreuse dispensatrice de la miséricorde divine, en se rendant disponible à travers l’accueil et la défense de la vie humaine, la vie dans le sein maternel comme la vie abandonnée et rejetée. Elle s’est dépensée dans la défense de la vie, en proclamant sans relâche que « celui qui n’est pas encore né est le plus faible, le plus petit, le plus misérable ». Elle s’est penchée sur les personnes abattues qu’on laisse mourir au bord des routes, en reconnaissant la dignité que Dieu leur a donnée ; elle a fait entendre sa voix aux puissants de la terre, afin qu’ils reconnaissent leurs fautes face aux crimes de la pauvreté qu’ils ont créée eux-mêmes. La miséricorde a été pour elle le ‘‘sel’’ qui donnait de la saveur à chacune de ses œuvres, et la ‘‘lumière’’ qui éclairait les ténèbres de ceux qui n’avaient même plus de larmes pour pleurer leur pauvreté et leur souffrance.

Sa mission dans les périphéries des villes et dans les périphéries existentielles perdure de nos jours comme un témoignage éloquent de la proximité de Dieu aux pauvres parmi les pauvres. Aujourd’hui, je remets cette figure emblématique de femme et de consacrée au monde du volontariat : qu’elle soit votre modèle de sainteté ! Je crois qu’il nous sera un peu difficile de l’appeler sainte Teresa ; sa sainteté nous est si proche, si tendre et si féconde que spontanément nous continuerons de lui dire : ‘‘Mère Teresa’’. Que cet infatigable artisan de miséricorde nous aide à comprendre toujours mieux que notre unique critère d’action est l’amour gratuit, libre de toute idéologie et de tout lien et offert à tous sans distinction de langue, de culture, de race ou de religion. Mère Teresa aimait dire : « Je ne parle peut-être pas leur langue, mais je peux sourire ».

Portons son sourire dans le cœur et offrons-le à ceux que nous rencontrons sur notre chemin, surtout à ceux qui souffrent. Nous ouvrirons ainsi des horizons de joie et d’espérance à tant de personnes découragées, qui ont besoin aussi bien de compréhension que de tendresse », avait-il expliqué dans son homélie.

Rappelons que parmi ses citations, sainte Teresa disait : “La vie est un défi à relever, un bonheur à méditer, une aventure à tenter.” Elle affirmait aussi que « nous autres, nous n’avons besoin ni de bombes ni d’armes, car notre seule arme, c’est l’amour.” Elle conseillait en outre : “Si vous ne pouvez pas nourrir cent personnes, nourrissez-en au moins une.”

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