Baptême de Jésus-Christ, d’Alain Chenal

30-01-2025 04:10 PM


L’Église copte célèbre aujourd’hui l’Épiphanie, dite la Théophanie. Lors de cette fête, la liturgie de bénédiction de l’eau est utilisée par le prêtre pour bénir le peuple en commémoration du baptême du Christ. Par Son incarnation, Il est devenu un vrai homme alors qu’Il n’était encore que le Fils unique de Dieu, et par le baptême, nous devenons à notre tour enfants de Dieu alors que nous ne sommes que des êtres humains.

A cet égard, il est écrit: «Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.» (Matthieu 3:16-17)

C’est ainsi une occasion de présenter l’icône du Baptême de Jésus-Christ réalisée par Alain Chenal. Cette icône traditionnelle des 12 grandes fêtes de l’année liturgique est centrée sur le cœur de Jésus, lieu de la présence de l’Amour de Dieu “descendu des cieux” en la personne de l’Esprit Saint, sous la forme d’une colombe blanche et lumineuse. Celle-ci se détache sur une étoile à 8 branches constituée de 2 quadrilatères de même forme que celle qui nimbe le Christ dans l’icône de la Transfiguration: elle représente la “Gloire de Dieu” descendue du ciel figuré par 3 nuées d’où sort la main bénissante de Dieu le Père.

Cette “Gloire” est comme une boule de lumière, une boule de feu comme celle qui est descendue à la Pentecôte et se divisa en langues de feu pour baptiser les apôtres dans le feu de l’Esprit. Le Christ reçoit en même temps “le baptême d’eau et de feu” annoncé à ses apôtres. Il demande à Jean qui baptise les israélites au bord du Jourdain pour la rémission de leurs péchés, de le baptiser également malgré ses protestations.

Jésus avec un corps nu très charnel, se soumet humblement à ce rite du baptême d’eau. L’onde nimbe son corps en vagues concentriques et tourbillonnantes. Le Christ bénit les eaux des deux mains.

Saint Jean-Baptiste, bouleversé de devoir baptiser son Messie, va être témoin de la descente de l’Esprit Saint sur Jésus et de la parole du Père affirmant sa filiation divine.

Les 3 anges témoins éblouissants du monde divin, vénèrent le Christ et l’Esprit Saint, les mains couvertes de leur tunique en guise de respect. Ils sont les messagers et images de la Sainte Trinité. Les montagnes “jubilent” et un buisson déroule la spirale de la Vie, de la nouvelle naissance au monde divin par le baptême.

Le baptême chrétien est en effet la manifestation de notre origine divine, la reconnaissance de la véritable source de notre vie. Etre baptisé c’est avoir découvert cette source, savoir qu’elle est toujours en nous. Ainsi, le baptême, démarche de foi, par son signe sacramentel nous révèle la source de la Vraie Vie en Jésus-Christ.

Comme le Christ a purifié les apôtres en leur lavant les pieds avant le banquet du Jeudi Saint, nous sommes purifiés par ce baptême d’eau, celui que Saint Jean pratiquait dans le Jourdain. Jésus ne vient pas recevoir le baptême de Jean pour se purifier de ses péchés, mais pour nous purifier de nos péchés qu’il porte car il est “l’agneau sans tache” portant tous les péchés du monde, qui deviendra bouc émissaire pour nous sur la croix.

Le Christ en entrant dans les eaux du Jourdain, vient sanctifier les eaux de la création, nos eaux primordiales, celles aussi de notre inconscient profond, éclairant nos ténèbres intérieures de sa lumière. En étant plongés dans l’eau, retournés dans nos eaux matricielles nous renaissons à nouveau à une autre vie, notre Vie avec le Christ dans la Sainte Trinité figurée sur l’icône par la colombe représentant l’Esprit Saint et par la main du Père bénissant son fils bien aimé.

Le monde des croyants est représenté par Saint Jean, héritier d’Abraham, lui aussi témoin d’une “Théophanie” (manifestation trinitaire de Dieu). Il est le témoin du baptême du Christ comme le parrain et la marraine seront témoins de l’enfant baptisé. Ils seront témoins du “potentiel de ressemblance” de l’enfant au Christ, de la manifestation de la vie divine en lui et qu’ils devront lui révéler progressivement quand il grandira.

Comme le baptême de Jésus est la révélation à Jean que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu et à Jésus sans doute aussi confirmation de sa filiation divine et de sa mission, ainsi le baptême du chrétien est la révélation de sa filiation divine et de sa mission d’annonceur de la bonne nouvelle que tout homme est fils de Dieu et appelé à Sa ressemblance.

Le baptême du chrétien, en l’Eglise, est le signe sacramentel, la révélation qui lui est faite officiellement de cette filiation et mission, c’est son entrée dans la “confrérie” chrétienne, l’Eglise du Christ son peuple.

Saint Jean prêchait un baptême de pénitence par l’ascèse, le Christ vivifie par l’Esprit d’amour. Jean voyait la venue du Royaume de Dieu de manière apocalyptique, comme un déluge qui purifie la terre. Le Christ révèle le Royaume par ses miracles pour les pauvres: les aveugles voient, les boiteux marchent, ceux qui ont faim mangent à satiété… comme il le fait dire à Jean. L’eau est signe de nettoyage, de purification, mais aussi de vie, de renaissance, elle peut être déluge ou inondations catastrophiques mais aussi fertilisation et pluie bienfaisante.

L’Eglise primitive a toujours associé la fête du Baptême du Christ et celle de la Nativité, dans une même célébration de l’Incarnation de Dieu, incarnation cachée de la naissance d’un bébé dans une grotte avec pour seuls témoins Joseph, les bergers et les anges, manifestation de l’incarnation dans l’homme mûr de 30 ans au seuil de sa Mission, devant le grand témoin d’Israël, le dernier et le plus grand des prophètes.

Pour l’enfant le baptême est cette nouvelle naissance à ce monde de la grâce, le royaume de Dieu, naissance cachée comme un Noël et qui devra être confirmée par le “baptême de feu ” instauré par le Christ à la Pentecôte, le baptême dans l’Esprit Saint, préfiguré au baptême du Christ dans le Jourdain.

C’est un germe, une graine semée qui devra être arrosée, réchauffée, soignée, cultivée pour éclore grandir et porter des fruits. L’Eglise devrait être le jardin, le climat qui favorise cette croissance, la famille, le parrain et la marraine les jardiniers.

Que la contemplation de cette icône nous fasse mieux entrer dans le mystère insondable et déterminant de l’incarnation divine et de notre “Baptême en Christ” comme révélation de la vie divine trinitaire en nous.

En ce jour sacré,Nous vous souhaitons chers lecteurs une joyeuse et bénie fête de l’Épiphanie ! Que la lumière du Christ remplisse votre cœur et guide votre votre vie, vous apportant espoir et sérénité.

(Visited 27 times, 1 visits today)

commentaires

commentaires