Découverte d’inscriptions colorées sur la surface du temple d’Edfou

29-09-2024 02:24 PM


Les couleurs originales du temple d’Edfou et plusieurs inscriptions ont été révélées pour la première fois lors des travaux de restauration de la surface de ce temple dédié au culte du dieu Horus.
« C’est une découverte très importante qui révèle davantage sur les croyances religieuses des Anciens égyptiens », a déclaré le ministre du Tourisme et des Antiquités, Shérif Fathy. « Ce projet de restauration a commencé en 2021, financé par la Fondation allemande Gerda Henkel, a-il-ajouté.
« Le projet a pour but de nettoyer et de restaurer les murs et les chambres intérieures du temple d’Horus. Il vise à préserver l’ancienne structure et à documenter numériquement ses inscriptions avec des traductions plus précises que celles publiées au cours du siècle dernier », a expliqué pour sa part Mohamed Ismaïl Khaled, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (SCA). «Durant la restauration du Sanctuaire, l’équipe a découvert des scènes murales et des inscriptions démotiques écrites par des prêtres. Il y a aussi des inscriptions en or reflétant des symboles royaux», a-t-il ajouté.
De son côté, Ayman Ashmawy, président du secteur des antiquités au SCA, a expliqué que les travaux de restauration redonneront au temple son éclat d’origine, ce qui permettra une expérience plus riche pour les visiteurs. Il a noté que les inscriptions récemment découvertes suggèrent que certaines parties du temple étaient autrefois ornées de feuilles de cuivre dorées. Des fragments de ces feuilles ont été trouvés dans les murs supérieurs du sanctuaire de la barque sacrée.
A cet égard, Martin Andreas Stadler, directeur du projet et professeur d’égyptologie à l’Université Julius-Maximilian de Würzburg, a souligné l’importance de la découverte d’une inscription démotique unique décrivant l’entrée des prêtres dans le Sanctuaire. De telles inscriptions personnelles sont rarement trouvées. « Les peintures multicolores fournissent des détails supplémentaires sur qui ne pouvaient pas être identifiés dans les reliefs, comme par exemple les éléments des vêtements ou des offrandes », a dit Victoria Altmann-Wendling cheffe du projet.
A noter que le temple d’Horus à Edfou abrite une collection d’inscriptions et de dessins qui fournissent des informations importantes sur la langue égyptienne ancienne, les mythes égyptiens, les croyances religieuses et les pratiques culturelles. C’est le deuxième plus grand temple de l’Egypte ancienne.
La construction du temple a commencé sous le règne du roi Ptolémée III Euergetès et s’est achevée sous le règne du roi Ptolémée XII. Le bâtiment est un monument unique du point de vue architectural. Ses couleurs vives et éclatantes lui confèrent un charme particulier.
Ce temple était consacré à Horus, le faucon, fils d’Isis et d’Osiris. C’est une copie des temples anciens, remarquablement conservé en raison de son enfouissement sous le sable. Etabli en lieu et place d’un ancien lieu de culte, l’édifice respecte parfaitement les principes architecturaux d’un temple pharaonique, qu’il s’agisse du plan, de l’échelle ou de l’ornementation. Le souci du détail a été poussé jusqu’à représenter les rois grecs en tenue égyptienne. La cité antique, aujourd’hui en ruine, gît sous les maisons de la ville actuelle. On peut malgré tout apercevoir encore les fondations d’une porte de temple datant de Ramsès II à l’Est du gigantesque premier pylône.
La découverte du temple est à mettre au crédit d’Auguste Mariette qui entreprit de le mettre à jour sur la base d’informations recueillies auprès des habitants du bourg d’Edfou construit sur la toiture de l’édifice. Celui-ci avait été recouvert par le sable du désert et les gravats amoncelés au fil du temps.
De nos jours, les visiteurs longent le monument et passent sous le pylône au travers d’une porte pour arriver jusqu’à l’esplanade située à l’arrière du temple. Ce lieu était chaque année le théâtre de la fête du couronnement qui assurait le renouvellement de la royauté de Horus et réaffirmait dans le même temps le pouvoir du pharaon. Entre les piliers on pouvait voir un grillage placé entre les colonnes pour empêcher les oiseaux de rentrer et de détériorer le temple. La porte percée au centre du pylône, encadrée de deux statues de faucon en granit, donne accès, à l’avant-cour, la première partie de l’édifice d’une taille impressionnante. La tête de la statue du faucon Horus est surmontée de la double couronne de la Haute et de la Basse-Egypte.
Le pylône monumental est sculpté de gigantesques reliefs du pharaon Ptolémée XII, tirant ses ennemis par les cheveux, sous les regards de Horus et de Hathor. Les bas-reliefs peints des murs décrivent de nombreuses scènes rituelles et d’offrandes ainsi que certaines représentations du pharaon. La décoration est parfaitement symétrique. Sur les parois latérales, une même scène de procession se répète : le roi, coiffé, à gauche, de la couronne rouge de la Basse-Egypte, à droite, de la couronne blanche de la Haute-Egypte, conduit vers le sanctuaire les vingt nomes du nord et les vingt-trois nomes du sud, chacun représenté par un groupe de quatre personnages.
La première salle hypostyle ou pronaos, dont les portes ne s’ouvraient qu’à certains profanes lors des rares manifestations religieuses de l’année, est ornée de douze gigantesques colonnes. La partie droite a été baptisée bibliothèque, car les bas-reliefs représentent un catalogue d’ouvrages. Le grand prêtre y trouvait le papyrus qui contenait la liturgie du jour. La seconde salle hypostyle, de taille plus modeste, contient dix colonnes. Elle conduit, à l’ouest, à la chambre du Nil qui renfermait le puits nécessaire aux ablutions.
La salle du trésor qui contenait les objets précieux et le matériel de culte se situe à l’Est. La porte centrale située au fond conduit à la première antichambre, dotée de part et d’autre d’un escalier de 242 marches qui conduit à la terrasse, cette chambre servait de salle d’offrandes. La seconde antichambre, ornée d’un grand nombre de scènes, contient en son centre le sanctuaire de Horus et sur son périmètre, plusieurs petites chapelles dont celle du fond qui abrite une magnifique barque funéraire. La chapelle centrale abritait parfois la barque sacrée. Une barque a été retrouvée à l’intérieur du temple mais celle que l’on peut observer aujourd’hui n’en est qu’une reproduction.
C’est l’archéologue Mariette qui a reconstitué une de ces barques. On y retrouve un naos : c’est le seul qu’on a trouvé sur tous les temples qui ont été remis à jour. Les inscriptions sur les murs des chapelles ont permis de déterminer l’usage. Elles étaient destinées aux sacristies, salles de dépôts des offrandes, garde-robe des statues, bibliothèques, laboratoires pour la préparation des parfums et des onguents dont on enduisait les statues ou nécessaires à la préparation des momies… Même les recettes sont gravées sur les murs.
Hathor, à tête et oreilles de vache, qui séjournait à Dandara à 160 km en amont, venait rendre visite à son époux Horus chaque année pendant deux semaines. Cet événement, appelé « Fête de la bonne réunion », donnait lieu à d’importantes réjouissances populaires.

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

(Visited 56 times, 1 visits today)

commentaires

commentaires