Adieu, Anba Pakhomios

01-05-2025 06:22 AM


Son Éminence Anba Pakhomios, Métropolite de Beheira, Matrouh et des cinq villes occidentales, et abbé du monastère de saint Macaire d’Alexandrie à Djebel el-Qalali, s’est endormi dans le Seigneur le dimanche 30 mars 2025, à l’âge de 90 ans, après avoir servi l’Église pendant plus de 70 ans en tant que servant, diacre consacré, moine, évêque et métropolite — dont environ 54 années au service pastoral épiscopal, après une vie riche de dons au service de l’Église et de la patrie.

Né le 17 décembre 1935, il a grandi dans une famille chrétienne pieuse qui lui a inculqué l’amour de l’Église et du service. En 1949, à l’âge de treize ans, il a commencé à servir dans l’école du dimanche, à la demande de l’un des premiers serviteurs adjoints du mouvement. Il a servi dans plusieurs villes et villages, établissant des classes et des réunions de jeunes. À cette époque, il rencontra Nazir Gayed (le pape Chenouda III) et appris de lui les principes essentiels du service. En 1952, il s’installa au Grand Caire pour suivre les cours de l’université Ain Chams ; il fut alors l’un des membres fondateurs d’une réunion collégiale et servit dans les villages de Guizeh.

Il devint également secrétaire général de l’école du dimanche à cette époque. En 1959, il retourna au Grand Caire pour y vivre en tant que serviteur consacré. Il géra une maison pour diacres à Guizeh et commença à fréquenter le Collège théologique et clérical copte, puis l’Institut supérieur d’études coptes. En 1961, il fut envoyé en mission pastorale comme diacre au Koweït.

Rentrant en Egypte, il a choisi la voie monastique et est entré au monastère des Syriens à Wadi El-Natroun, où il a été tonsuré moine sous le nom d’Antonius Al-Souryani le 11 novembre 1962. Il s’est distingué par sa piété, son humilité et son dévouement total à la prière, à la méditation et au travail spirituel.

En 1967, il a été envoyé au Soudan, où il a prêché l’Évangile et baptisé de nombreux autochtones. Le 28 juillet 1968, il a été élevé au rang d’hégoumène par l’évêque Daniel de Khartoum. En 1971, il fut envoyé par le pape Cyrille VI en Éthiopie, puis à Londres, où il établit la première Église copte au Royaume-Uni.

Au cours de cette période, il fut également choisi pour représenter l’Église copte au sein du Conseil œcuménique des Églises, du Conseil des Églises du Moyen-Orient et de la Conférence des Églises de toute l’Afrique.

Le 12 décembre 1971, il a été ordonné évêque du diocèse de Beheira, Matrouh et des cinq villes occidentales, étant l’un des premiers évêques consacrés par le Pape Chenouda III après son accession au trône de Saint-Marc. Dès le début, il a travaillé à développer le service dans son diocèse, à construire des églises, à préparer des prêtres et des servants, et à accorder une attention particulière à l’enseignement et à la pastorale. Avec l’élargissement de son ministère et l’impact de son leadership, il a été promu métropolite le 2 septembre 1990. Il était un berger fidèle, aimé et respecté par son peuple, connu pour sa sagesse, son calme et son profond amour pour les fidèles, restant proche d’eux dans toutes les circonstances de leur vie.

Après le départ du Pape Chenouda III le 17 mars 2012, Anba Pachomios a été choisi comme patriarche locum tenens, dirigeant l’Église durant une période de transition délicate, du 22 mars au 18 novembre 2012, à une période cruciale pour la nation et l’Église, qu’il a guidée avec fermeté et sagesse, tel un capitaine expérimenté, s’appuyant sur la prière et le jeûne, remettant tout entre les mains de Dieu assurant sa stabilité face aux défis, et a organisé l’élection papale qui a conduit à la désignation du Pape Tawadros II comme Patriarche de l’Église copte orthodoxe. Son leadership sage et éclairé a été salué tant au sein qu’en dehors de l’Église, témoignant de son aptitude exceptionnelle à gérer les affaires avec amour et discernement.

Puis, une fois sa mission achevée, il est revenu avec humilité auprès des fidèles de son diocèse, poursuivant son œuvre pastorale avec une fidélité sans faille, sans que ni l’âge avancé ni la faiblesse du corps ne l’empêchent d’accomplir son service… jusqu’à ce jour où il a achevé sa course et est parti en paix vers les demeures du repos éternel.

Anba Pachomios était un père spirituel et un mentor pour des générations de prêtres, de moines et de servants. Parmi ses disciples les plus éminents figure Sa Sainteté le Pape Tawadros II, qui a grandi et appris sous sa direction dans le diocèse de Beheira avant de devenir Pape d’Alexandrie.

Connu pour son humilité, sa sagesse, sa large vision et sa capacité à résoudre les problèmes avec amour, Anba Pachomios était un homme de paix, recherchant toujours l’unité et la réconciliation. Il n’était pas seulement un leader ecclésiastique, mais un véritable père aimant, ouvrant son cœur à tous et s’occupant de leurs soucis avec une bienveillance infinie. Son engagement ne se limitait pas aux affaires ecclésiales, mais s’étendait également à la société, œuvrant pour la paix et la coexistence, et prenant à cœur les préoccupations nationales avec un profond sens des responsabilités.

Les prières funéraires ont eu lieu le dimanche 30 mars 2025, en la cathédrale Saint-Marc à Abbassia, sous la présidence de Sa Sainteté le Pape Tawadros II, en présence de nombreux métropolites, évêques, prêtres et fidèles venus lui rendre un dernier hommage.

Le lundi 31 mars, une messe funéraire a été célébrée, suivie des prières des funérailles à l’évêché de Damanhour. Par la suite, le corps du défunt a été transféré au monastère de Saint-Macaire d’Alexandrie à Djebel Al-Qalali, où il avait lui-même choisi d’être inhumé. Il a été déposé dans la tombe qu’il avait préparée de son vivant, aux côtés de feu Son Éminence l’évêque général Anba Isaac. Sa Sainteté le Pape a conduit le cortège funéraire jusqu’au monastère et a présidé la cérémonie d’inhumation, rendant ainsi un dernier hommage à ce père et maître vénéré.

Le monastère de Saint-Macaire d’Alexandrie à Djebel Al-Qalali est un ancien monastère qui était tombé dans l’oubli pendant environ 1200 ans avant d’être redécouvert à l’époque moderne. Anba Pachomios a joué un rôle essentiel dans la renaissance de la vie monastique en ce lieu, restaurant la présence spirituelle et monastique dans ce site sacré après douze siècles d’extinction.

Avec le départ d’Anba Pachomios, l’Église copte perd l’un de ses grands piliers, un homme de Dieu d’une rare piété qui a consacré toute sa vie au service et au soin de son troupeau. Son nom restera gravé dans le cœur de son peuple, et son parcours lumineux continuera d’inspirer les prêtres et les servants. Que Dieu repose son âme en paix et lui accorde une place parmi les saints pères, l’accueillant dans le paradis de joie, où il intercédera pour l’Église qu’il a servie avec tant d’amour et de fidélité.

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