En ce dimanche de l’Avent, 4e dimanche du mois de kiahk, nous lisons la 4e partie de l’Evangile de Luc (Luc 1 : 57-80), la Nativité de saint Jean-Baptiste. L’événement de sa naissance est entouré d’un joyeux sentiment d’émerveillement, de surprise et de gratitude. Elle marque le début du déploiement du plan divin de rédemption.
Aujourd’hui l’évangile de Saint Luc nous rapporte la réjouissance de la famille d’Elisabeth et de ses voisins autour de la naissance miraculeuse, inattendue de cet enfant prédestiné. «Le temps où Élisabeth devait accoucher arriva, et elle enfanta un fils. Ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur avait fait éclater envers elle sa miséricorde, et ils se réjouirent avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour circoncire l’enfant, et ils l’appelaient Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole, et dit: «Non, il sera appelé Jean». Ils lui dirent: «Il n’y a dans ta parenté personne qui soit appelé de ce nom». Et ils firent des signes à son père pour savoir comment il voulait qu’on l’appelle. Zacharie demanda des tablettes, et il écrivit: «Jean est son nom». Et tous furent dans l’étonnement. Au même instant, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia, et il parlait, bénissant Dieu. La crainte s’empara de tous les habitants d’alentour, et, dans toutes les montagnes de la Judée, on s’entretenait de toutes ces choses. Tous ceux qui les apprirent les gardèrent dans leur cœur, en disant: «Que sera donc cet enfant?». Et la main du Seigneur était avec lui».
Jean-Baptiste est un des personnages principaux de la liturgie de l’Avent qui nous invite à nous préparer dans la prière et la pénitence à la venue du Seigneur. La naissance du Précurseur nous parle de la proximité de Noël. Le Seigneur est proche! Préparons-nous!. «Quand les prêtres qui vinrent de Jérusalem lui demandèrent qui il était, il répondit: «Je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Aplanissez le chemin du Seigneur» (Jn 1,23).
«Voici que je me tiens à la porte et je frappe: si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec Moi» (Ap 3,20). Nous devons nous examiner pour voir comment nous sommes en train de nous préparer à recevoir Jésus le jour de Noël: Dieu veut naître surtout dans nos cœurs.
La vie du Précurseur nous enseigne les vertus dont nous avons besoin afin de profiter pleinement de la venue de Jésus, fondamentalement, l’humilité du cœur. Il se reconnaît comme un instrument de Dieu pour accomplir sa vocation, sa mission. Cherchons uniquement la gloire de Dieu. La vertu de l’humilité nous conditionne à nous préparer dûment pour les fêtes qui approchent.
La naissance de saint Jean-Baptiste fut une grande joie pour la terre, puisqu’elle lui annonçait l’approche de sa Rédemption. La puissance divine était intervenue d’une manière extraordinaire dans la naissance de quelques prophètes, de Samuel et de Jérémie, par exemple; mais elle éclata bien davantage dans celle du saint Précurseur, que la dignité de son ministère futur et le degré éminent de grâce et de sainteté auquel il était élevé rendaient, selon la parole de Jésus-Christ Lui-même, bien supérieur à tous les patriarches et à tous les prophètes.
Le message d’un Ange à Zacharie pour lui annoncer la naissance de Jean-Baptiste, la maternité d’Élisabeth à un âge très avancé, le mutisme subit de Zacharie depuis l’annonce de l’Ange jusqu’à la Circoncision de l’enfant, et sa guérison miraculeuse, qui lui permit d’affirmer que tout est merveilleux dans l’apparition du Précurseur, qui allait montrer bientôt le Sauveur promis et attendu depuis quatre mille ans.
Parmi les récits évangéliques, il en est peu d’aussi intéressants ni d’aussi touchants que celui de la naissance de saint Jean-Baptiste. Les miracles s’ajoutaient aux miracles autour du berceau de l’enfant; les habitants du voisinage furent saisis d’une crainte respectueuse, et le bruit de ces merveilles se répandit dans toutes les montagnes de la Judée, de sorte que tous se disaient les uns aux autres: “Que pensez-vous de l’avenir de cet enfant?”
A cet égard, l’acte le plus marquant de Jean-Baptiste fut le baptême de Jésus dans le Jourdain. Bien qu’il se considérait indigne de cette tâche, Jean obéit à Jésus et, en le baptisant, il vit le ciel s’ouvrir et l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe sur Jésus, tandis qu’une voix du ciel disait: “Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection” (Matthieu 3, 17).
Jean-Baptiste mena une vie de grande austérité dans le désert, prêchant la repentance et baptisant dans le Jourdain. Son message était simple mais puissant: “Repentez-vous, car le Royaume des cieux est proche” (Matthieu 3, 2). Il appelait les gens à se tourner vers Dieu et à se purifier de leurs péchés, annonçant ainsi la venue imminente de Jésus-Christ.
La vie de Jean-Baptiste se termina par le martyre. Il fut emprisonné par Hérode Antipas pour avoir dénoncé publiquement l’illégalité de son mariage avec Hérodiade, la femme de son frère. À la demande de cette dernière, Hérode ordonna sa décapitation, faisant de Jean Baptiste un martyr de la vérité et de la justice.
Saint Jean-Baptiste occupe ainsi dans l’histoire de l’humanité une place incomparable: il sert de trait d’union entre les deux mondes, il résume en lui tout l’Ancien Testament et prépare le Nouveau; il ferme la mission des prophètes et ouvre celle des Apôtres. “Prophète, apôtre, docteur, solitaire, vierge, martyr, il est plus que tout cela, parce qu’il est tout cela en même temps. Il réunit tous les titres à la sainteté, et, rassemblant en lui seul tout ce qui constitue les différentes classes des saints, il forme au milieu d’eux une classe particulière.”
La Nativité de Saint Jean-Baptiste est enfin un rappel de l’importance de la préparation spirituelle et de la repentance. Jean-Baptiste, par sa vie et son ministère, nous invite à ouvrir nos cœurs à la venue du Christ, à renoncer au péché et à vivre dans la justice et la vérité.
