“Habiba” de Hassan Benjelloun, meilleur scénario du FFFC

11-12-2022 09:28 PM


Le film marocain “Habiba” du réalisateur Hassan Benjelloun a remporté le prix du meilleur scénario lors de la 2ème édition du Festival du film francophone du Caire qui s’est tenu du 28 novembre au 2 décembre à l’Opéra du Caire.

Ce film de 90 minutes raconte l’histoire d’un amour innocent né pendant la période de confinement sanitaire lié à la pandémie de la Covid-19, dont les premiers cas avaient été déclarés au Maroc, au printemps 2020.Les premiers rôles du film sont joués par Fettah Ngadi, Fatima Zahra Baladi, Abdelghani Sennak et Souad Alaoui.
Musicien et compositeur, Fettah Negadi a été choisi pour ce long-métrage par Hassan Benjelloun pour incarner le rôle de Fettah, un professeur de musique, non-voyant, ayant pu avec le temps s’adapter avec sa situation de handicap et de ne dépendre de quiconque. En plus de son incarnation du premier rôle dans «Habiba», ce lauréat du Conservatoire de Casablanca, non-voyant, a également été chargé de composer la musique de ce film.
L’histoire de ce film se déroule entre Casablanca et la commune rurale de Aïn Belal (dépendant de la province de Settat). «Habiba» met en scène Fettah et son étudiante Habiba, dont le personnage est interprété par la jeune actrice Fatima Zahra Baladi. Ce professeur de musique, très sensible, attentif et prêt à apporter son aide dans le besoin, a vu sa vie basculer lorsqu’il a décidé d’accueillir chez lui cette jeune étudiante pendant cette période de confinement. Car avec la fermeture de l’hôtel, où elle logeait, Habiba n’a pas pu rejoindre son village en raison de l’interdiction de voyage pour éviter la propagation de la pandémie sur le territoire national. Ainsi, ils ont eu ensuite assez de temps tous les deux pour mieux se connaître et de se rapprocher l’un de l’autre.
Au-delà du désespoir et de la frustration, une connivence puis une attirance mutuelle vont naître entre ces deux êtres sensibles et perdus. Ils vont partager leurs souvenirs, leurs espoirs et surtout des moments privilégiés de musique. Fettah évoque ses malheurs liés à l’abandon de sa famille en le laissant seul face à son sort de personne non-voyante. Tandis que la jeune ne ressent aucune gêne à lui raconter sa fugue pour intégrer le conservatoire de la ville afin de pouvoir développer sa passion pour la musique et y faire carrière.

Par ailleurs, le grand prix du festival a été décerné au film argentin “Les exilés loin de la mer”, tandis que le prix du jury a été attribué au film tunisien “L’assassin de Nabeul”.

Le festival a célébré la culture francophone en projetant des films issus de l’ensemble des pays membres de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).

De nombreux films, longs et courts métrages, fictions et documentaires en provenance des Etats membres de l’OIF ont été projetés lors de cette édition.

Le Festival du Film Francophone du Caire est un festival compétitif annuel organisé par la société “Media Hub for PR, Events and Communications”.

Selon ses organisateurs, le festival vise à renforcer les liens créatifs entre l’Egypte et les différents pays du monde francophone, à travers ses différents programmes, qui comprennent de nombreuses activités cinématographiques et culturelles et des présentations des meilleures expériences cinématographiques dans les pays francophones.

Il a pour objectif de développer l’intérêt pour le cinéma égyptien, international et surtout francophone auprès du public égyptien, de consolider les liens artistiques entre les peuples, de permettre les rencontres entre professionnels du cinéma égyptiens et les professionnels de par le monde et ainsi de promouvoir l’industrie d’un cinéma en Egypte, dans le Monde Francophone, Arabe et partout ailleurs.
Le festival, qui célèbre la culture francophone en projetant des films de tous les Etats membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) — 88 pays et gouvernements – a reçu cette année de nombreux artistes, diplomates et spécialistes francophones les plus importants, lors de sa session de 5 jours.
Cette deuxième session du festival visait à déplacer le public égyptien et les masses de jeunes, de cinéastes et d’intellectuels en Egypte dans un voyage à travers les écrans des salles d’exposition, des initiatives et des tables rondes au cœur de l’industrie du cinéma francophone et de ses arts, dans le but de revitaliser et de promouvoir le septième art égyptien, tout en ouvrant de nouveaux et efficaces canaux de discussion et d’échanges culturels et cinématographiques.

Encadré
Carrière de Hassan Benjelloun

Scénariste, réalisateur et producteur marocain, Hassan Benjelloun est né le 12 Avril 1950 à Settat. C’est le benjamin d’une famille de dix enfants. En 1965, il rejoint le lycée Abdelmalek Essaadi à Kénitra pour continuer des études scientifiques de 2ème cycle et poursuivra des études supérieures de pharmacie à Caen où il sera diplômé en 1976.
De retour au Maroc, il effectue son service civil à la faculté de médecine de Casablanca.
Passionné du septième art, il s’inscrit dans des clubs de cinéma dits d’art et d’essai. Il réalise de 1976 à 1979 des reportages et films médicaux.
En 1980, fidèle à son amour pour l’art et le cinéma, il décide de retourner à Paris pour suivre des études de réalisation au Conservatoire Libre du Cinéma Français (CLCF). Après un stage à FR3 , il réalise en 1983 son premier court métrage «A sens unique» .
Ses études de cinéma terminées, il retourne au Maroc en 1984 et assiste Abdelkader Lagtaa dans l’émission « Image et Son ». Il crée dans un premier temps, en collaboration avec d’autres cinéastes marocains, dont feu Mohammed Reggab, la société «Film Maghreb». Ils réalisent ensemble des films institutionnels, documentaires et publicitaires (1985-1990).
En 1989, il s’associe à quatre autres réalisateurs pour créer « le groupement de Casablanca » qui donne naissance à cinq longs métrages, dont «La Fête des Autres», sa première fiction.
Depuis, il a produit et réalisé six autres longs métrages qui ont reçu un bon accueil auprès du public. Cinéaste soucieux des problèmes que vit la société marocaine, il traite des sujets variés tels que les droits de la femme, les années de plomb, l’exode des juifs marocains…
Plusieurs prix lui seront décernés, ce qui lui vaudra une notoriété et une reconnaissance nationales et internationales.

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