Forever is Now revient avec onze œuvres d’art aux Pyramides de Guizeh

23-11-2022 01:43 PM


L’exposition Forever is Now revient pour la deuxième année consécutive. Les anciennes pyramides de Guizeh servent de toile de fond à onze oeuvres d’art contemporain de grande envergure. Organisée par la société de conseil égyptienne Art d’Egypte, Forever is Now 2 se poursuit jusqu’au 30 novembre.

L’année dernière, environ 500000 personnes ont visité l’exposition pendant ses trois semaines d’existence et plus d’un milliard l’ont regardée en direct sur les réseaux sociaux. Cette année, 11 artistes présentent leurs oeuvres aux pyramides.

Issus de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, ils comprennent l’artiste multimédia émiratie Zeinab Alhashemi, l’artiste saoudien Mohamad Alfaraj et les sculpteurs égyptiens Thérèse Antoine et Ahmed Karaly.

La sculptrice britannico-américaine Natalie Clark, l’artiste italien de la lumière et du son Emilio Ferro, l’artiste camerounaise Pascale Marthine Tayou, l’artiste visuel suédois d’origine syrienne Jwan Yosef, l’artiste espagnol SpY, l’artiste franco-tunisien eL Seed et l’artiste de rue français de retour au pays JR font également partie de l’exposition.

Mme Alhashemi est la première artiste émiratie à participer à l’exposition. Elle avait participé à Desert X à Al Oula, en Arabie saoudite, en février, mais elle considère qu’il s’agit de sa première grande participation internationale pour une œuvre d’art public.

Son oeuvre «Camoulflage 1.618 : The Unfinished Obelisk» (l’obélisque inachevé) rend “hommage aux chameaux de la région” en utilisant une peau de chameau qui ressemble aux dunes de sable du désert. Elle l’associe à des éléments égyptiens, faisant référence à l’obélisque inachevé d’Assouan et à la position des pyramides, censée être basée sur le “nombre d’or” – 1.618.

De nombreux artistes ont utilisé des inspirations de l’Égypte ancienne pour s’accorder avec le décor. La sculptrice Clark a voulu capturer le divin féminin avec son œuvre «Spirit of Hathor» (esprit de Hathor), réalisée à partir de 2,5 tonnes d’acier Corten et de marbre de Carrare. Elle la représente se levant pour illuminer le monde le matin, tenant le soleil dans ses cornes.

L’oeuvre «Panthéons de divinités» de la sculptrice égyptienne Thérèse Antoine symbolise le cadran solaire et cinq dieux de l’Ancien Empire – Rê, Maât, Osiris, Isis et Horus.

L’artiste saoudien Mohamad Alfaraj a passé trois semaines au Fayoum, une oasis située à une centaine de kilomètres au sud-ouest du Caire, pour trouver les idées et les matériaux nécessaires à la réalisation de son œuvre «Guardians of the Wind» (gardiens du vent).

L’oeuvre est faite de tuyaux d’eau rouillés, de branches de palmiers et de lignes de pêche appartenant à des pêcheurs locaux qui ne peuvent plus pêcher dans le lac Qaroun du Fayoum en raison de la pollution. Ces éléments se combinent pour ressembler à une cage thoracique et à un fossile futuriste.

L’œuvre porte un message environnemental, social et politique” sur ce que l’humanité laisse derrière elle. Sur le tuyau central se trouve un poème en arabe écrit par Alfaraj qui commence par : “Entendez-vous le cri du désert en moi et le désarroi de la mer ?”.

D’autres artistes, comme Jwan Yosef, ont voulu refléter le mélange du passé et du présent. Il a utilisé son propre visage comme référence pour sa sculpture «Vital Sands» (sables vitaux), qui montre les traits de son visage en calcaire de Galala, partiellement immergés sous le sable.

Les pyramides et les monuments sacrés parlent des cieux et de l’au-delà, et Jwan Yosef voulait que cette sculpture parle de l’endroit où se trouve l’exposition et qu’elle projette d’une certaine manière la personne de tous les jours sur ces lieux.

«Under the same sun» (Sous le même soleil) de l’artiste espagnol SpY s’inspire de la culture égyptienne ancienne avec des formes et matériaux dérivés des éléments de la mathématique et du concept de la création et l’au-delà.

L’une des oeuvres qui ne manque pas de susciter l’intérêt du public est «Inside Out Giza» (à l’intérieur et en dehors de Guiza) de JR. Les visiteurs entrent dans le photomaton interactif en forme de pyramide et perçoivent un portrait en noir et blanc à grande échelle à partir d’une fente située à l’extérieur. Des bénévoles portant des combinaisons blanches collent ensuite les portraits sur des panneaux d’affichage devant les pyramides, leur offrant ainsi cinq minutes de gloire devant ces monuments intemporels.

Inside Out fait partie d’un projet artistique mondial lancé par JR en 2011, auquel plus de 400000 personnes de plus de 140 pays ont adhéré.

Parallèlement à l’exposition sur les pyramides, une oeuvre d’art solaire composée de 1 200 lumières est exposée à la Cop27 du sommet des Nations unies sur le climat tenue à Charm El Cheikh.

Elle fait partie d’un mouvement populaire d’éclairage solaire appelé Liter of Light, fondé par l’entrepreneur social philippin Illac Diaz.

Les lampes solaires fabriquées à la main pour l’oeuvre ont été assemblées par des coopératives de femmes à Safi, au Maroc, et des jeunes volontaires.

Les préoccupations concernant la durabilité à une époque de crise environnementale est l’un des thèmes de l’exposition de cette année, parallèlement à la mission d’Art d’Egypte de relier l’art du passé de l’Egypte à celui du 21ème siècle.

Art d’Egypte a organisé quatre grandes expositions sur des sites historiques, notamment le Musée égyptien de la place Tahrir, le Musée du Palais de Manial et la rue Al Mouizz au vieux Caire.

Forever is Now 2 est organisée sous l’égide du ministère égyptien des affaires étrangères, du ministère du tourisme et des antiquités, du conseil égyptien de promotion du tourisme et sous le patronage de l’Unesco.

Son principal sponsor cette année est le promoteur immobilier Qatari Diar Egypt, avec une longue liste d’autres sponsors, du ministère de la culture et de la jeunesse des EAU à Christian Dior et Instagram by Meta.

Les visiteurs peuvent s’attendre à des œuvres d’art à grande échelle, spécifiques au site, qui visent à se fondre dans les monuments en pierre naturelle de Guizeh, vieux de 4500 ans, et qui s’inscrivent dans le thème de l’exposition “l’intemporalité et les mystères d’une civilisation ancienne”. La durabilité trouve également sa place à Forever is Now II avec des œuvres d’art créées à partir de matériaux naturels et industriels, le message étant que l’avenir ne peut être envisagé sans un regard sur le passé.

La deuxième édition de Forever is Now est une méditation sur l’intemporalité, le patrimoine, l’écologie et l’humanité, plaçant des œuvres d’art contemporaines face à la magnificence ancienne des pyramides.

“Forever is Now II” n’est pas simplement une reprise de cette histoire. Elle apporte plutôt un héritage artistique contemporain dans un lieu d’importance mondiale, un lieu où la nature était une force divine, où il y avait des dieux du soleil et de la végétation, et où les animaux étaient des manifestations sacrées…”.

Les pyramides, construites dans l’alignement du soleil levant et du soleil couchant, indiquent un cycle de mort et de renaissance et les voies de passage d’un monde à l’autre. Elles expriment les connexions entre le terrestre et le céleste.

Cette année, de nombreuses œuvres d’art abordent les thèmes de l’immortalité et de la durabilité, les artistes commentant les préoccupations environnementales actuelles et produisant leurs œuvres à partir de divers matériaux d’origine locale produits en Égypte, tels que l’acier, le marbre, la pierre et la fibre de verre.

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