Saint François d’Assise, symbole de pauvreté et de joie

15-12-2011 10:12 AM


C’est ce 4 octobre que l’Église fête saint François d’Assise dont la vie a particulièrement ressemblé à celle de son Seigneur. Le 4 octobre le jour de la Saint François d’Assise est déclarée “Journée mondiale des animaux” par le Congrès International pour la protection des animaux. Ce n’est pas une coïncidence mais bien la conséquence des relations qu’il entretenait avec les animaux. L’occasion de découvrir qui était cet homme et quels liens l’unissaient aux loups.

François est issu d’une riche famille marchande d’Assise, en Ombrie. À sa naissance, sa mère le fait baptiser sous le nom de Giovanni (Jean). De retour de son voyage en France où il a fait de très bonnes affaires et en hommage à ce pays, son père, Pietro Bernardone, lui donne le nom de Francesco (François = français), qu’il gardera et par lequel il sera universellement connu.

La jeunesse dissipée de Francesco est marquée par les aspirations de son époque. Fils d’un riche commerçant, il pratique la belle vie et organise des fêtes avec ses condisciples. À l’époque des révoltes et des communes, roturier, il fait la guerre à la noblesse d’Assise et de Pérouse. La défaite des Assisiates à Ponte San Giovanni, en novembre 1202 sera pour lui suivie d’une année d’emprisonnement. Il est malade durant sa captivité et, après son retour à Assise, doit calmer ses ardeurs.

Cependant, il rêve toujours d’acquérir le rang de noblesse par de hauts faits d’armes et d’être adoubé chevalier. Alors qu’il veut rejoindre l’armée de Gauthier de Brienne, un songe fait à Spolète lui fait abandonner ce projet. De retour à Assise, il abandonne peu à peu ses compagnons de fête et fréquente de plus en plus souvent les chapelles de la vallée dite Val di Spoleto.

En 1205 il a 23 ans. Alors qu’il est en prière devant le crucifix de la chapelle San Damiano, Francesco entend une voix lui demandant de ” réparer son Église en ruine “. Prenant l’ordre au pied de la lettre, il se rend à la ville voisine de Foligno y vendre des marchandises du commerce de son père pour pouvoir restaurer la vieille chapelle délabrée.

Furieux des excentricités de son fils, Pietro Bernardonne exige qu’il lui rende des comptes et l’assigne en justice. Francesco, se réclamant d’un statut de pénitent qui le fait échapper à la justice laïque, sera alors convoqué par l’évêque d’Assise. Lors de son audition sur la place d’Assise, au printemps 1206, François rend alors l’argent qui lui reste, ainsi que ses vêtements et se retrouvant nu, il dit à son père et à la foule rassemblée: ” Jusqu’ici je t’ai appelé père sur la terre ; désormais je peux dire : Notre Père qui êtes aux cieux, puisque c’est à Lui que j’ai confié mon trésor et donné ma foi “. L’évêque d’Assise le prend alors sous sa protection.

François part pour Gubbio. Revenant à Assise vers l’été 1206, il restaure successivement les chapelles de San Damiano de San Pietro, et de la Portioncule. Au début de 1208, dans la chapelle de la Portioncule (La Porziuncola), François comprend enfin le message de l’Évangile :

” Dans votre ceinture, ne glissez ni pièce d’or ou d’argent, ni piécette de cuivre. En chemin, n’emportez ni besace, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. “- Matthieu 10,9

Vœu de pauvreté

Il décide alors d’ ” épouser Dame Pauvreté “, se consacrant à la prédication et gagnant son pain par le travail manuel ou l’aumône. Il change son habit d’ermite pour une tunique simple. La corde remplace sa ceinture. Il est probable que sa fréquentation des lépreux date de cette époque et de la stabilité qu’il pouvait trouver auprès de la léproserie voisine. Bernard, fils de Quintavalle, et Pierre de Catane le rejoignent très vite, puis d’autres encore et François se retrouve à la tête d’une petite communauté.

En 1210, le pape Innocent III, qui l’a vu en rêve soutenant la basilique Saint-Jean de Latran en ruines, valide verbalement la première règle rédigée par François régissant la fraternité naissante.

En 1212 il accueille Claire Offreduccio parmi les siens et fonde avec elle l’ordre des Pauvres dames dite plus tard Clarisses en référence à leur sainte patronne.

Rapidement, l’ordre franciscain tel que l’avait conçu François est dépassé par son succès et s’organise contre les vœux du fondateur, si bien qu’après un voyage en Égypte et une rencontre étonnante avec le sultan Al-Kamel (1219), François confie la direction de l’ordre à Pierre de Catane puis à Élie d’Assise. Il désapprouve également le goût naissant des Franciscains pour l’étude et l’enseignement, si bien qu’il refuse un jour d’entrer dans une maison conventuelle à Bologne lorsqu’il apprend qu’elle est surnommée ” Maison des frères ” et qu’elle comporte une école.

En 1221, durant le Chapitre général, il couche sur le papier la règle officielle qu’il veut donner à l’ordre. Ce texte, appelé aujourd’hui Regula prima, est jugé trop long et trop flou pour être praticable.

En 1222, François se rend à Bologne où, à la demande de laïcs, il crée un troisième Ordre après celui des frères mineurs et des sœurs pauvres : le Tiers-Ordre, appelé aujourd’hui Fraternité séculière à laquelle adhère notamment la jeune duchesse de Thuringe, Elisabeth de Hongrie ( 1231).

En février 1223, François se retire dans un ermitage pour reprendre la rédaction de la règle. Celle-ci sera discutée au chapitre de juin puis approuvée par la ” bulle Solet annuere ” du pape Honorius III, d’où son nom de ” Regula bullata “.

En août 1224, Francesco se retire avec quelques frères au monastère de La Verna. Le 17 septembre (3 jours après la fête catholique de la Croix glorieuse), il aurait reçu les stigmates. Désormais, il est souvent malade et en proie à des crises d’angoisses, il se réfugie dans une hutte près de la chapelle San Damiano, où il avait commencé son itinéraire spirituel et où vit la communauté des sœurs pauvres initiée par Claire d’Assise. Il y écrit son ” Cantique de frère soleil ” (ou ” Cantique des créatures “, premier texte en italien moderne), célébration de Dieu en sa création, et l’un des premiers grands poèmes italiens.

Il meurt le 3 octobre 1226, dans la chapelle du Transito (qu’on peut voir ainsi que la chapelle du Portioncule, conservées intactes et englobées dans la basilique Sainte Marie des Anges dans le Val di Spoleto non loin de la ville haute d’Assise). Il laisse un testament où il professe son attachement à la pauvreté évangélique et à la Règle.

François a été canonisé dès 1228 par le pape Grégoire IX. Il fait partie des saints catholiques les plus populaires et sans doute celui qui est le mieux accueilli parmi les non catholiques ou non chrétiens.

À la suite de la nuit qu’il célébra dans une grotte à Greccio, l’usage de la crèche de Noël s’est répandu dans la famille franciscaine puis dans les foyers. À la suite de sa rencontre avec le sultan à Damiette, l’annonce de la prière par les cloches, puis l’Angélus se sont répandus.

Histoire d’un saint et de frère loup

François est le patron notamment des louveteaux (branche du scoutisme réservée aux jeunes enfants, probablement en référence au miracle du ” Loup de Gubbio “), des écologistes et des animaux.
Au cours de sa vie, il a eu l’occasion de défendre la réputation des loups. En effet, lors de son voyage à Gubbio, on lui expliqua qu’un loup féroce mangeait les hommes et les animaux de ce village. Saint François, ayant trouvé le loup qui s’apprêtait à se jeter sur lui, commença à lui parler. Le loup, en entendant sa voix se calma tout de suite et se jeta à ses pieds. Saint François, s’adressait à lui en lui en le nommant Frère Loup, signe de sa proximité envers le loup. Il lui ordonna de ne plus faire de mal à personne et de ne plus semer la terreur dans le village. Frère Loup accepta cette demande, et pour montrer sa bonne volonté, leva la patte droite de devant et la mit dans la main de Saint François. Celui-ci dit : “Combien est donc à craindre la gueule de l’enfer quand la gueule d’un petit animal tient en peur et tremblement une telle multitude”. Il expliqua que le feu de l’enfer était plus redoutable que la rage du loup qui ne peut tuer que le corps. Il a ensuite fait promettre aux gens du village de nourrir le loup car c’était la faim uniquement qui poussait le loup à commettre ces méfaits. Il a ainsi permis que le pacte se forme entre les habitants du village et le loup. Frère Loup vécut ainsi deux ans à Gubbio et entrait familièrement de porte en porte dans les maisons sans faire de mal à personne et sans qu’il lui en soit fait, il fut nourri par les habitants. Puis il mourut de vieillesse et tout le village le regretta.
Grâce à son amour immodéré pour chaque créature de la Terre, Saint François d’Assise, surnommé “Poverello” (petit pauvre) ou encore, “la plus parfaite copie du Christ” est compté parmi les Saints catholiques les plus populaires. C’est un homme porteur de pensées encore d’actualités qui sert de modèle à beaucoup d’hommes et de femmes.

Citations de Saint François d’Assise

“Commence par faire le nécessaire, puis fait ce qu’il est possible de faire et tu réaliseras l’impossible sans t’en apercevoir.”

“Un homme vaut réellement ce qu’il vaut aux yeux de Dieu et rien de plus.”

“Que sont les serviteurs de Dieu, sinon comme ses jongleurs qui doivent élever les coeurs des hommes et les émouvoir de la joie spirituelle ?”

“Rappelez-vous que lorsque vous quittez cette terre, vous n’emportez rien de ce que vous avez reçu – uniquement ce que vous avez donné.”
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“On atteint plus vite le ciel en partant d’une chaumière que d’un palais.”

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