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Trois ans entre guerre et crise humanitaire au Soudan du Sud

10 Juillet 2014 3:32 pm

 
Le Soudan du Sud, qui souffle sa troisième bougie, est ravagé par la guerre depuis plusieurs mois. Dans le plus jeune État au monde, les rivalités politiques ont divisé la population, semant misère et désolation.
Le pouvoir et les rebelles du Soudan du Sud ont assuré être prêts à reprendre les discussions de paix, mercredi pour les trois ans du plus jeune Etat du monde célébrés en pleine guerre civile et sous la menace d’une famine.
“Déposez les armes et rentrez à la maison”, a lancé le président Salva Kiir à l’adresse des rebelles dirigés par Riek Machar, son ancien vice-président.
Pour le troisième anniversaire de l’indépendance, il s’exprimait devant la foule réunie à Juba, capitale d’un pays ravagé par les massacres ethniques et les atrocités depuis le 15 décembre 2013.
Après les danses et les chants, des milliers de Sud-Soudanais agitaient des drapeaux du jeune pays en assistant aux parades militaires au cœur de la ville, placée sous haute surveillance des forces gouvernementales et pavoisée d’affiches proclamant “Un peuple, une nation”.
Mais, malgré les professions de foi, chaque camp a agi jusque-là comme s’il pensait une victoire militaire à sa portée.
Trois cessez-le-feu sont restés lettre morte. Et les négociations de paix qui se tiennent dans le confort de luxueux hôtels à Addis-Abeba, en Ethiopie, sont à l’arrêt depuis juin dernier: les belligérants les boycottent, et chacun en rejette la faute sur l’autre.
“Si nous n’arrêtons pas la guerre, beaucoup de nos compatriotes vont encore mourir”, a averti le président Kiir, se disant “toujours engagé” pour le dialogue.
Mais il a rejeté l’une des exigences capitales des rebelles: que l’Ouganda, qui a envoyé des troupes pour soutenir les forces de Juba, se retire du pays.
Le président ougandais Yoweri Museveni était d’ailleurs l’un des rares dirigeants de la région présents. Le Soudan voisin, l’ennemi durant des décennies, avait dépêché son deuxième vice-président.
Riek Machar, s’exprimant depuis Addis-Abeba, s’est lui aussi dit “prêt à discuter”. Mais il s’est empressé de fustiger la “tyrannie” du régime de Juba, appelant à des sanctions.
Sous le président Kiir, “notre pays n’a connu rien d’autre que la dictature, l’anarchie, la corruption, le tribalisme et le sous-développement”, a-t-il tonné.
A la veille de ce sombre anniversaire, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avait appelé les belligérants à “déposer les armes et retourner immédiatement à la table de négociations”, alors que toutes les pressions internationales ont été vaines jusqu’à présent.