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Quatre soeurs de Mère Teresa tuées dans un attentat au Yémen

11 Mars 2016 4:56 pm

 
Quatre sœurs Missionnaires de la Charité, Sœur Anselm, d’origine indienne, Sœur Marguerite du Rwanda, Sœur Judith du Kenya et Sœur Reginette, originaire du Rwanda ont été tuées le vendredi 4 mars 2016 à Aden, au Yémen. Elles ont été attaquées par un groupe d’hommes armés qui s’est infiltré dans la maison où les religieuses s’occupaient de personnes âgées et handicapées. Au total, l’attentat a fait 16 morts.
 
En plus des quatre religieuses, les terroristes ont tué au moins 12 autres personnes, dont deux femmes yéménites travaillant dans l’établissement, et huit personnes âgées. On reste sans nouvelle du père Tom Uzhunnalil, salésien, qui résidait au couvent des sœurs.
«Ces religieuses étaient au service des plus pauvres et avaient accepté de rester pour eux dans l’enfer qu’est devenu le Yémen aujourd’hui, explique Marc Fromager, directeur de l’antenne française de l’Aide à l’Église en Détresse. Elles ont été victimes d’un absurde assassinat de sang-froid, qui semble encore plus violent que les bombardements quotidiens qui auraient pu les tuer à n’importe quel instant. Clairement, on cherche à faire disparaître toute présence chrétienne dans ce pays».
En septembre dernier, Mgr Paul Hinder, vicaire apostolique d’Arabie du Sud, rendait hommage à ces religieuses qui «malgré les menaces de guerre, confiait-il à l’AED, restent dans le pays et continuent de s’occuper des personnes handicapées».
 
Il y a quelques mois, avant la prise de la capitale par les Houthis (mouvement chiite en guerre contre le gouvernement sunnite), on évaluait le nombre de chrétiens vivant au Yémen à environ 9 000, essentiellement des expatriés, majoritairement indiens.
On estime aussi qu’il pourrait y avoir entre 500 et 1 000 chrétiens d’origine musulmane au Yémen. Mais comme l’apostasie est passible de la peine de mort, il est impossible d’en parler officiellement. Ces chrétiens sont obligés de vivre leur foi en secret et ne peuvent se réunir que clandestinement. «Être prudent et discret fait partie de notre comportement général dans les pays de la péninsule, surtout dans un pays en conflit comme le Yémen», explique Mgr Hinder.
Aujourd’hui, victimes collatérales de la guerre entre sunnites et chiites, les rares chrétiens expatriés sont partis, à cause de la violence et du risque d’enlèvement. Restent donc les plus pauvres, ou ceux qui ont une mission particulière, comme les religieuses des Missionnaires de la Charité de Mère Teresa. Demeurent aussi deux prêtres salésiens,