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Pape François au pays du matin calme.. Hommage aux martyrs de l’Eglise Coréenne

Michael Victor

21 Août 2014 12:20 pm

   Pour son premier voyage en Asie, le pape François a choisi la Corée du Sud. Le samedi 16 août il a béatifié un noble coréen du XVIIIe siècle, décapité pour avoir embrassé sa foi catholique, avec 123 autres martyrs: le début de l’histoire d’une Eglise minoritaire mais dynamique et politiquement influente.
Arrivé le 14 août, il a célébré la Messe du 15 août en la solennité de l’assomption au World Cup Stadium de la ville de Daejon, avant de se rendre au sanctuaire de Solmoe, au Sud-Ouest de Séoul, lieu de naissance de Saint André Kim, premier prêtre catholique coréen, exécuté en 1846 à l’âge de 25 ans.
Le lendemain, 16 août, c’est au sanctuaire de Seosomun, cette fois au cœur de Séoul, où reposent plusieurs dizaines de martyrs, que le pape s’est rendu. Il s’agit du plus grand sanctuaire dédié aux victimes des persécutions religieuses. C’est là que furent tués les 103 martyrs canonisés par Jean-Paul II en 1984.
Puis, le même jour et toujours à Séoul – sur la place Gwanghwamun, l’un des lieux les plus importants du pays – le pape  a célébré   la messe de béatification de Paul Yun Ji-chung et de ses 123 compagnons, tués en haine de la foi entre 1791 et 1888. Dans l’après-midi, le pape s’est rendu   en Corée centrale dans le centre de Kkottongnae (la colline des fleurs, en coréen), dans le diocèse de Cheongju, d’où fut diffusé le christianisme vers le Nord. Plusieurs des martyrs béatifiés le 16 août sont originaires de cette région.
Messe de Béatification
Les 124 martyrs catholiques coréens qui  ont été béatifiés sont les premiers parmi les nombreux catholiques qui ont sacrifié leur vie pour leurs croyances aux XVIIIe et XIXe siècles dans le pays alors dominé par le confucianisme.
La béatification est la troisième étape du processus de canonisation qui en compte quatre dans l’Eglise catholique. Une fois qu’une personne est béatifiée, il ou elle reçoit le titre de «bienheureux» ou «bienheureuse».
Les martyrs ont été persécutés entre 1791 et 1888 durant la dynastie Joseon alors que les autorités de l’époque considéraient cette religion comme une menace au confucianisme. Bien que la Corée du Sud compte 10% de catholiques pour une population d’environ 50 millions d’habitants à l’heure actuelle, la religion est encore relativement nouvelle. Le catholicisme a officiellement commencé en Corée en 1784 quand Pierre Lee Seung-hoon, le premier converti catholique coréen, a été baptisé.
L’introduction de la religion chrétienne dans un pays asiatique basé sur le bouddhisme a entraîné plusieurs milliers de martyrs durant le siècle suivant, dont le premier catholique persécuté Paul Yun Ji-chung. Yun a rencontré par hasard le catholicisme à travers Jean Jeong Yak-yong, un proche paternel, et a été baptisé en 1787 après avoir étudié la religion pendant trois ans.
Il a commencé à enseigner sa nouvelle foi en Dieu aux membres de sa famille, mais en 1791, Yun a été arrêté par le magistrat du comté après que ce dernier a appris que Yun a organisé une cérémonie de funérailles catholique après le décès de sa mère au lieu de suivre le rite ancestral confucianiste. Après plusieurs semaines d’interrogatoire, Yun a été décapité à l’âge de 32 ans pour n’avoir pas renoncé à sa croyance.
  Moment  marquant du voyage 
François a entrepris une visite historique en Corée du Sud qui a duré  cinq jours, jusqu’au lundi 18 août. 

A vrai dire il y eut trois moments marquants de ce voyage. Le premier, à Solmae. Il y a eu une intensité de relation exceptionnelle entre le Pape François et les 2000 jeunes de l’Asian Youth Day venus de 23 pays d’Asie. A l’énergie, la sensibilité et les attentes spirituelles de la jeunesse asiatique, le pape, visiblement touché, a répondu avec spontanéité. Les jeunes l’ont accueilli et écouté comme un père. Ce charisme du pape à parler aux cœurs est un atout pour aller à la rencontre de la jeunesse du continent, et toucher l’âme asiatique.

Et puis bien sûr, en plein cœur de Séoul, l’acclamation de la béatification des 124 martyrs coréens par près d’1 million de personnes sur l’immense place Gwanghwamun. Ce fut l’occasion pour nombreux Coréens de redécouvrir la vie de ces fidèles laïcs à l’origine de l’évangélisation dans le pays.
Enfin, la messe pour la paix et la réconciliation en la cathédrale de Myeong-Dong dans une péninsule divisée. Cette visite a suscité un grand espoir de paix dans le pays. Le pape a invité les catholiques à faire preuve du témoignage radical du pardon. Ce qui paraît irréalisable du point de vue humain, Jésus le rend possible. « La croix du Christ révèle le pouvoir qu’a Dieu de résorber toute division, de guérir toute blessure et de rétablir les liens originels de l’amour fraternel. Ayez confiance en la puissance de la croix », c’est le dernier message qu’il a laissé en conclusion de sa visite.