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La grâce divine manifestée

7 Avril 2016 1:22 pm

 
Des proches du Père jésuite Henri Boulad que son état de santé est stable et en amélioration, mais il a besoin d’un repos complet, selon les instructions de ses médecins, et il peut être hors de danger après avoir subi un caillot de sang dans le cerveau, ce qui a été le résultat d’un grand stress et des charges lourdes qui lui sont confiées, et ceux qui sont proches de lui ont confirmé qu’il est conscient et est encore sous les soins des médecins, et a appelé les gens à prier pour lui.
Le Père a reçu un appel de Sa Sainteté le pape Tawadros II d’Alexandrie pour se rassurer sur son état de santé après avoir subi un malaise.
Il est à noter que le Père Boulad est un prêtre jésuite depuis cinquante ans, a dirigé l’école des jésuites pendant une longue période et est un philosophe contemporain auteur de beaucoup de livres et d’œuvres littéraires dans le domaine de l’athéisme et de la philosophie chrétienne et est titulaire de l’Ordre du commandant de la République de la France et de l’Ordre National du Cèdre de la République du Liban .
Watani Francophone lui adresse ses vœux de prompt rétablissement pour continuer à enrichir la philosophie de vie en Egypte à travers ses grandes connaissances religieuses.
A cet égard, nous avons l’honneur de publier ci-dessous ses réflexions à l’hôpital où il était soigné.
Réflexions sur un AVC
Le mercredi 23 mars, vers 17h45, tranquillement installé à mon ordinateur, je m’aperçois que mes fautes de frappe se multiplient et que la salive coule involontairement de ma bouche. Puis, tout à coup, voilà qu’une main se pose lentement sur mon bras droit. Je l’observe attentivement et m’aperçois qu’il s’agit de ma propre main gauche qui s’est déplacée toute seule sans me consulter. J’ai l’impression de rêver.
Le téléphone sonne alors et la standardiste, Elham, m’annonce une visite, que j’attendais d’ailleurs. Je tente de lui répondre, mais m’aperçois que seuls des sons inarticulés sortent de ma bouche. Elham s’affole et m’appelle plusieurs fois par mon nom pour s’assurer que c’est bien moi qui lui parle.
Une fois parvenu à la réception, je tente de communiquer avec elle par écrit. J’en fais autant avec mon visiteur. Entre-temps, le Père Viesieck, supérieur de la communauté, et le Père Nader, médecin, m’ont rejoint à la réception. Ils m’emmènent illico à l’hôpital Hayat d’Héliopolis où l’on détecte un AVC, qui nécessite une radio RMI. Comme cet hôpital n’en possède pas, on m’oriente vers l’Hôpital universitaire Ain-Chams, où je me trouve réquisitionné.
On m’administre aussitôt quatre comprimés de Plavix pour dissoudre le caillot responsable de mon problème. Je poursuivrai le même traitement, à raison d’un comprimé par jour tout le reste de ma vie, en plus de l’Aspirine que je prends déjà depuis la forte hémorragie qui m’a surpris en pleine nuit il y a près de trois ans.
Dans ma chambre d’hôpital, forcé d’éteindre mon portable et privé d’ordinateur, je me retrouve face à moi-même. Ces moments de solitude me forcent à réfléchir, à méditer, à plonger au fond de moi-même.
Que suis-je, au fond ?… Un rien du tout. Je m’applique à moi-même ce que dit Pascal de l’homme dans l’une de ses Pensées : « Une humeur, une vapeur suffit pour le tuer… » Dans mon cas, un minuscule caillot de sang dans un des milliards de vaisseaux de mon cerveau suffira à me rendre muet. Me sachant beau parleur, le Seigneur s’est sans doute dit : « Je vais le prendre par son point faible et lui apprendre à se taire. » J’ai alors réalisé que ce don de la parole ne tenait qu’à un fil – un fil capable de se rompre d’un moment à l’autre sans aucun préavis.
Au cours de ces quelques jours d’hôpital j’ai aussi fait l’expérience de ma totale dépendance vis-à-vis des autres : ma communauté, mes amis, le personnel de l’hôpital… qui m’ont entouré de leurs mille et une attentions. Mes innombrables amis à travers l’Egypte et le monde m’ont aussi donné tant de témoignages de sympathie que j’en suis tout bouleversé. Je me sens vraiment indigne de toutes ces attentions dont tant de gens sont privés. Pourquoi moi et pas eux ?… C’est injuste. Ce sentiment ravive en moi le désir de me donner encore davantage aux autres pour soulager leurs misères. Me reviennent alors à l’esprit ces mots d’une chanson de Léon Chancerel : « Fût-on brûlé d’amour à en mourir, on n’aime pas encore assez… on n’aime jamais assez. »
Ce petit incident aura finalement été pour moi la source d’innombrables grâces. Merci, Seigneur… tu sais ce que tu fais… Et quoi que tu fasses, je te remercie d’avance, sachant que ce que tu permettras sera toujours pour mon plus grand bien. 
TOUT EST GRACE!