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Le monde célèbre Noël

4 Janvier 2015 12:03 pm


Les chrétiens ont célèbre Noël mercredi dernier à travers le monde, mais à Bethléem, lieu de naissance du Christ selon la tradition, la fête était assombrie par les violences qui déchirent le Moyen-Orient.  
Au pied de la Basilique de la Nativité, sur la place de la Mangeoire, les fanfares des scouts palestiniens défilaient au son des cornemuses et des tambours devant un gigantesque sapin décoré, tandis qu’un Père Noël distribuait des chocolats.
Mais à quelques mètres d’eux, des photos de Ziad Abou Ein, le haut responsable palestinien récemment tué lors de heurts avec l’armée israélienne, s’étalaient en grand. Elles rappellent la récente escalade de violence dans les Territoires palestiniens occupés.
Ce climat de tensions, lié aussi à la guerre qui a ravagé la bande de Gaza durant l’été, a fait fuir les pèlerins étrangers. Seuls quelques cars de pèlerins étrangers circulaient dans les rues de la ville palestinienne, traditionnellement bondée pour Noël, et de petits groupes épars de pèlerins ralliaient la place de la Mangeoire.
A Rome, l’affluence a été bien plus importante pour la messe de minuit célébrée par le pape François en la basilique Saint Pierre.
Le chef de l’Église catholique a exprimé sa forte inquiétude face au sort des chrétiens dans cette région ravagée par des conflits de plus en plus sanglants, notamment en Irak et en Syrie où des groupes jihadistes multiplient les exactions, s’en prenant notamment aux minorités religieuses.
Dans une longue lettre adressée aux chrétiens d’Orient, François les exhorte à la “persévérance” et au dialogue interreligieux en dépit des difficultés, affirmant qu’il n’y avait pas d’alternative. Le dialogue, assure le pape argentin, est “le meilleur antidote à la tentation du fondamentalisme religieux”.
Dans une allusion claire à l’organisation jihadiste Etat islamique (EI), il exprime son inquiétude devant une “organisation terroriste, d’une dimension autrefois inimaginable, qui commet toutes sortes d’abus”. Elle “frappe de manière particulière certains d’entre vous chassés de façon brutale de leurs propres terres, où les chrétiens sont présents depuis les temps apostoliques”, dénonce François, en évoquant aussi le drame d’autres communautés pourchassées comme les yazidis.
Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, la plus haute autorité catholique romaine en Terre sainte, a également dénoncé ces exactions, ainsi que la récente guerre à Gaza et les attentats menés notamment à Jérusalem ces derniers mois.
“Au-delà de la tragédie inhumaine qui ensanglante et déchire le Moyen-Orient, nous sommes tous surpris de voir de jeunes gens en Europe embrasser des idéologies radicales et aller combattre en Syrie et en Irak”, a ajouté le chef religieux qui est arrivé à la mi-journée à Bethléem à la tête d’une procession.
Dans la soirée, Mgr Twal a présidé la grand-messe de Noël en l’église catholique Sainte-Catherine, contiguë à la Basilique de la Nativité, en présence notamment du président palestinien Mahmoud Abbas.
Ce Noël est particulièrement difficile pour les 150.000 chrétiens déplacés d’Irak, qui “vivent une situation tragique et aucune solution rapide ne leur est proposée”, a déclaré le patriarche chaldéen Louis Sako.
“Tout particulièrement en cette période de Noël, ils ont besoin de signes les rassurant. Il faut leur dire qu’ils ne sont pas abandonnés et oubliés”, a-t-il ajouté.
Ailleurs dans le monde, Noël était célébré dans un climat de sécurité renforcé en France après trois attaques, dont une liée à l’islamisme radical, ayant fait un mort et 25 blessés.
A Cuba, les célébrations de Noël, longtemps interdites par le régime, se déroulaient dans un climat égayé cette année par un cadeau anticipé: le rapprochement avec les Etats-Unis.
En revanche, il n’y a pas eu de rassemblements publics festifs en Sierra Leone à cause de l’épidémie d’Ebola.