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Jean XXIII et Jean-Paul II canonisés le 27 avril

17 Avril 2014 1:37 pm

À l’approche des canonisations des deux papes, le diocèse de Rome a annoncé une soirée spéciale pour les jeunes le 22 avril, l’ouverture de réseaux sociaux dédiés à l’événement et une « nuit blanche de prière » le 26 avril.

 
 « La plupart des jeunes aujourd’hui ont un vague souvenir de Jean-Paul II et connaissent encore moins Jean XXIII », reconnaît Mgr Walter Insero, chargé des communications sociales au diocèse de Rome, s’interrogeant sur la manière de « raconter leur histoire dans un langage accessible pour les jeunes ».
À cette fin, le diocèse de Rome prévoit une rencontre pour les jeunes, mardi 22 avril, à la basilique Saint-Jean-de-Latran, la cathédrale du pape. Présidée par le vicaire général du diocèse, le cardinal Agostino Vallini, la soirée comportera les interventions des deux postulateurs des causes des nouveaux saints, suivie d’une catéchèse du service des vocations.
Réseaux sociaux
Au-delà de Rome, les jeunes du monde entier sont aussi visés à travers les réseaux sociaux spécialement mis sur pied en collaboration avec un groupe d’étudiants romains. Un site multilingue www.2papisanti.org, en cours de construction, sera consacré à l’événement. Une page Facebook 2popesaints, un compte Twitter @2popesaints, un suivi sur Youtube (2popesaints), sur Storify et Instagram déploieront une panoplie complète pour suivre en direct l’événement. Un thème lié aux canonisations a été proposé sur ces réseaux sociaux chaque jour à compter du 6 avril.
Tous âges confondus mais également susceptible d’attirer les jeunes, le samedi 26 avril, veille des canonisations, le diocèse de Rome propose une « nuit blanche de prière », laissant onze églises du centre de la ville ouvertes. L’occasion de prier et de méditer à partir de textes des deux papes canonisés. Ces veillées se déclineront en plusieurs langues. Celle en français est prévue dans l’église S. Andrea della Valle (piazza Vidoni).
Outre ces événements officiels, d’autres se tiendront à la même occasion: présentations de livres sortant sur Jean XXIII et Jean-Paul II, spectacle sur Karol Wojtyla. Les églises françaises de Rome organisent un pèlerinage à travers ces lieux pour le public francophone.
DEUX FIGURES TRÈS DIFFÉRENTES
Le choix du 27 avril correspond à une fête bien précise de l’Eglise, celle de la Divine Miséricorde, qui a justement été instituée dans l’Église catholique romaine par Jean-Paul II, le jour de la canonisation de Sainte Faustine.
Célébrée pour la première fois dans l’histoire de l’Église le 22 avril 2001, elle a lieu, dans le calendrier liturgique, le dimanche qui suit le dimanche de Pâques.
Le choix d’un tel jour est d’autant plus symbolique que Jean-Paul II mourut lors des vêpres de la Divine Miséricorde, et en l’honneur de sa dévotion à la miséricorde, sa béatification eut lieu également le dimanche de la Divine Miséricorde, c’était le 1er mai 2011.
 Canonisation « express » pour Jean-Paul II
La canonisation de Jean-Paul II (élu en 1978) est une des plus rapides de l’histoire récente de l’Église puisqu’elle intervient moins de neuf ans après sa mort. Un « record » rendu possible parce que Benoît XVI avait anticipé le procès en béatification, commencé seulement un mois après le décès de Jean-Paul II, alors que la règle veut que l’on attende cinq ans…
Mais pour être saint, il fallait encore que la Congrégation pour la Cause des saints puisse attribuer un second miracle à Jean-Paul II. Ce fut fait en juillet dernier: il s’agissait du cas d’une femme du Costa Rica qui souffrait des conséquences d’une hémorragie cérébrale dont elle fut soudainement délivrée le soir du 1er mai 2011, jour de la cérémonie de béatification de Jean-Paul II.
Pour Jean XXIII (élu en 1958), cette canonisation a aussi un caractère exceptionnel mais pour une autre raison: elle relève en effet de la décision du pape François. Le « bon pape » n’avait pas de second miracle à faire valoir après qu’il ait été béatifié et son dossier « stagnait ». C’est donc le pape François qui a approuvé, seul, sa canonisation. Une décision très rare dans l’Histoire récente du Vatican.
 Deux modèles de sainteté pour l’Eglise
L’idée de canoniser deux papes le même jour peut paraître surprenante. Elle répond sans doute au besoin de montrer une Eglise unifiée malgré les différences de sensibilités qui la compose. Il s’agit ainsi de célébrer deux modèles de sainteté pour l’Eglise catholique toute entière. D’ailleurs, en septembre 2000, Jean-Paul II avait également célébré une double béatification de papes: celles de Pie IX et de Jean XXIII.
Ces deux papes furent en tout cas les plus populaires de la seconde moitié du XXe siècle. Et ils ont marqué l’histoire à leur manière. Elu à l’âge de 77 ans, au douzième tour de scrutin, on disait alors de Mgr Roncalli qu’il serait un pape de « transition ». Son pontificat (55 mois) fut effectivement très court mais Jean XXIII aura indéniablement marqué les esprits, et pas seulement pour avoir convoqué un concile œcuménique afin de réaliser l’aggiornamento de l’Eglise, c’est-à-dire sa « mise à jour ». Il fut aussi le premier pape, depuis Pie IX, à sortir de l’enceinte du Vatican après son élection. Et il parvint à faire reculer Kennedy et Khroutchev qui étaient à deux doigts d’une guerre nucléaire…
De son côté, l’élection de Karol Wojtyla (au 8e tour de scrutin) fut aussi une surprise puisqu’il n’était pas italien! Premier pape slave de l’histoire, il a marqué l’Histoire au-delà de la seule sphère religieuse.  Echappant à un attentat, beaucoup  le considère comme l’un des meneurs politiques les plus influents du XXe siècle. Opposant à l’idéologie communiste, son action, notamment en Pologne, aurait favorisé la chute du bloc de l’Est. Inlassable voyageur, ayant parcouru près de 130 pays, il lança les Journées mondiales de la jeunesse, contribua à rapprocher les religions (il est à l’origine de la première réunion internationale interreligieuse d’Assise en 1986) et défendit sans relâche la dignité humaine. Jean-Paul II fut aussi le pape qui a redonné une impulsion au culte des saints, en réformant les exigences de la canonisation (un seul miracle au lieu de deux). Au cours de ce qui fut l’un des plus longs pontificats, il béatifia 1.340 personnes et canonisa 483 saints, soit davantage que pendant les cinq siècles précédents…