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Daech revendique l’assassinat d’un prêtre copte dans le Sinaï

1 Juillet 2016 12:39 pm

Marina El kess Barsoum 

 

Le P. Rafael Moussa, 46 ans, marié et père de deux enfants, curé de la paroisse Saint-Georges à El Arish dans le Sinaï (Égypte) a été tué par balles jeudi 30 juin

 

Le P. Rafael Moussa, 46 ans, prêtre copte orthodoxe, curé de la paroisse Saint-Georges à El Arish dans le Sinaï (Égypte) a été tué par balles jeudi 30 juin, ont indiqué la police et l’Église copte.

La branche égyptienne du groupe djihadiste Daech a revendiqué l’attaque. Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, le groupe a affirmé que ses membres avaient tué ce prêtre accusé de « combattre l’islam ».

Un homme non identifié lui a tiré dans la tête, a indiqué Boulos Halim, un porte-parole de l’Église. Marié et père de deux enfants, le P. Rafael venait d’assister à la messe et se trouvait près de sa voiture au moment de la fusillade.

Selon le ministère de l’intérieur, il s’était rendu dans la zone industrielle d’El Arish pour y faire « réparer sa voiture ».

Le Sinaï, bastion de l’État islamique

En juillet 2013, un autre prêtre copte, le P. Mina Aboud, avait déjà été tué par balles dans la même localité, trois jours après la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi, dont les partisans ont été ensuite réprimés par les nouvelles autorités.

Des pro-islamistes avaient ensuite attaqué et incendié des dizaines d’églises et de maisons chrétiennes, accusant la minorité copte d’avoir soutenu le renversement de Morsi.

Les organisations djihadistes ciblent des chrétiens ainsi que des musulmans accusés de collaborer avec le pouvoir. La branche égyptienne de Daech a en outre commis de nombreux attentats visant policiers et soldats dans son bastion du nord du Sinaï, cette péninsule désertique de l’est, frontalière avec Israël et Gaza.

«La situation générale à El Arish et dans le Nord-Sinaï est menacée», selon le porte-parole de l’Église copte. «Beaucoup de gens (chrétiens) sont partis».

La minorité copte, qui représente moins de 10% de la population égyptienne, se plaint depuis plus de vingt ans de discriminations et de harcèlement systématique.