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Ouvertures de l'Iran aux négociations nucléaires

17 Octobre 2013 1:46 pm

Une prochaine réunion sur le programme nucléaire iranien se tiendra à Genève les 7 et 8 novembre, selon la déclaration finale rendue publique mercredi après deux jours de négociations à Genève entre les 5+1 et l##Iran.

 
 La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a lu cette déclaration devant la presse et souligné que les participants n’allaient pas parler, en public, des détails du plan proposé par l’Iran. Ils avaient déjà fait savoir que, d’un commun accord, ils garderaient confidentiel ce plan présenté mardi dernier à l’ouverture des travaux par le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.  Il y aura avant la prochaine réunion de Genève une réunion entre experts nucléaires, scientifiques et experts dans le domaine des sanctions, a indiqué Mme Ashton qui depuis trois ans préside les négociations sur le programme nucléaire iranien controversé.
Elles réunissent avec la délégation iranienne, les représentants des 5+1, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume Uni, France, plus l’Allemagne. Mme Ashton a estimé que les discussions de Genève avaient été substantielles et tournées vers l’avenir. Ce fut une réunion très intense et importante, a-t-elle dit.
L’Iran n’est tenu de notifier l’existence d’un site nucléaire que trois mois avant introduction de matériel fissile dans l’installation. L’application d’un protocole prévoyant des inspections surprises des sites nucléaires iraniens est prévue, a affirmé mercredi dernier le chef des négociateurs nucléaires iraniens, Abbas Araghchi. Ces propos ont été tenus à Genève au terme de la deuxième journée de négociations sur le programme nucléaire iranien controversé, constituant un test de la crédibilité du changement proclamé par la nouvelle présidence iranienne.
“Ces questions ne sont pas prévues dans la première étape de notre plan mais font partie de la dernière étape”, a affirmé Abbas Araghchi, cité par l’agence Irna, en référence au plan présenté mardi par l’Iran au groupe 5+1 (Etats-Unis, Royaume-Uni, Russie, Chine, France et Allemagne). Abbas Araghchi était interrogé par des journalistes iraniens pour savoir si l’application du Protocole additionnel du Traité de non-prolifération (TNP) et la question du niveau d’enrichissement d’uranium faisaient partie de l’offre iranienne. Mardi, il avait pourtant affirmé que le protocole additionnel ne faisait “pas partie” du plan iranien.
Abbas Araghchi avait expliqué plus tôt que le plan proposé aux grandes puissances comprenait deux phases essentielles. Une première phase, qui doit durer six mois, permettra de “rétablir la confiance mutuelle” et une phase finale où l’Iran applique des mesures de vérifications de l’AIEA pour faire la “transparence” sur son programme nucléaire contre la levée des sanctions internationales. Le protocole additionnel permet des inspections renforcées et inopinées des installations nucléaires par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et oblige un pays à communiquer des renseignements sur toutes les opérations du cycle du combustible nucléaire. L’Iran n’est jusqu’à présent tenu de notifier l’existence d’un site nucléaire que trois mois avant introduction de matériel fissile dans l’installation.
L’application du Protocole additionnel était l’une des demandes du secrétaire d’Etat américain John Kerry à l’Iran pour montrer sa bonne volonté dans les négociations. Les résolutions de l’AIEA et du Conseil de sécurité de l’ONU exigent aussi que l’Iran signe et applique ce protocole additionnel. L’Iran, signataire du TNP, a appliqué de manière volontaire le Protocole additionnel entre 2003 et 2005 avant de cesser de le faire quand le dossier nucléaire iranien a été envoyé au Conseil de sécurité de l’ONU.
Le niveau d’enrichissement est aussi une des questions centrales des discussions entre l’Iran et le 5+1, qui demandent à l’Iran d’arrêter l’enrichissement à 20%. Téhéran affirme que le droit à l’enrichissement d’uranium est une “ligne rouge”, mais se dit prêt à discuter “du niveau, de la forme et de la quantité de l’enrichissement”. Les pays occidentaux et Israël soupçonnent l’Iran de chercher à acquérir l’arme atomique sous couvert de programme nucléaire civil, ce que dément Téhéran.