Dernières nouvelles

Les enjeux du sommet de l'Otan

Abdelmasih YOUSUF

7 Septembre 2014 8:09 pm

Plus de 9.000 policiers britanniques ont été mobilisé pour assurer la sécurité du luxueux complexe hôtelier qui a accueilli plus de 60 chefs d’Etat et de gouvernement au sommet de l’Otan, jeudi et vendredi derniers, dans le sud du Pays de Galles. Les forces de l’ordre ont commencé à être déployées sur le terrain de golf d’un manoir situé à Newport, et le long d’une grille de 13 kilomètres entourant le site, en prévision de l’arrivée des responsables politiques qui doivent mener des discussions cruciales sur le rôle de la Russie dans la guerre en Ukraine.

Politique d’expansion militaire
Le sommet de l’Otan s’est ouvret jeudi dernier à Newport dans le sud du Pays de Galles, dans un climat géopolitique tendu. Le conflit entre l’Ukraine et la Russie sera abordé ainsi que la situation en Afghanistan. Les discussions porteront également sur menace de l’Etat Islamique présent en Syrie et en Irak. La sécurité est d’autant plus renforcée que la Grande-Bretagne a relevé son niveau d’alerte la semaine dernière contre la menace terroriste de “substantiel” à “grave”, en raison de la menace terroriste que constituent les centaines de Britanniques aguerris au jihad en Irak et en Syrie.
Au total, quelque vingt kilomètres de clôture de sécurité ont été érigés autour des principaux sites de Newport et Cardiff, qui étaient de surcroît quadrillés par des patrouilles de police et survolés par des hélicoptères. Clou de cette démonstration de force, six navires de guerre britannique, letton, français, lituanien, norvégien et néerlandais mouilleront pendant la durée du sommet dans la baie de Cardiff.
Face à la mobilisation policière, plusieurs centaines de militants pacifistes ont organisé une marche jeudi. Ils ont protesté contre le sommes colossales dépensées pour la protection des membres de l’Otan, et dénoncé la politique d’expansion militaire de l’alliance, qu’ils jugent en partie responsable de la crise en Ukraine. Un millier de militants pacifistes et antinucléaire ont déjà manifesté dans le calme à Newport à l’appel d’associations comme “Stop the War” et “Campaign for Nuclear Disarmament” (CND).

Moscou montre les dents
L’Ukraine a dominé les discussions du sommet. Bien que ce pays ne soit pas membre de l’Otan, son président Petro Poroshenko a été présent pour tenter d’obtenir un soutien militaire de son homologue américain Barack Obama. Au sommet de l’Otan au Pays de Galles, la Russie durcit le ton face à l’Otan. Moscou prévient: la Russie est prête à réagir aux décisions prises par l’Alliance atlantique. “La Russie va adapter sa doctrine militaire en prenant en compte les nouvelles menaces qui planent sur elle”, a lancé le secrétaire adjoint au conseil de sécurité russe. Pour Mikhaïl Popov, le renforcement de la présence militaire de l’Alliance à proximité des frontières russes est “inacceptable”.Les pays de l’Otan à Cardiff prévoient d’autoriser le déploiement de plusieurs milliers de soldats en Europe de l’Est et d’adopter des sanctions économiques supplémentaires contre la Russie. Mais le secrétaire adjoint du conseil de sécurité russe estime que le rôle de son pays dans le conflit ukrainien a été évalué de manière non objective, et que les mesures prises en conséquence sont inadéquates. “Tous les faits témoignent de la volonté des Etats-Unis et de l’Otan de poursuivre leur politique de détérioration des relations avec la Russie”, a-t-il martelé avant de déplorer : “On attend toujours de la Russie des concessions unilatérales sur les questions de politique étrangère.” Une manière d’affirmer que face à de nouveaux déploiements militaires de l’Alliance, Moscou ne se laissera pas faire.

Obama rassure les Baltes et l’Europe de l’Est
De sa part, Barack Obama est arrivé dans la nuit de mardi à mercredi à Tallinn, en Estonie. Une escale dans les pays baltes pour rassurer les pays d’Europe de l’Est inquiets des tensions entre l’Ukraine et la Russie, et de la montée de ce que certains qualifient d’expansionnisme russe. Barack Obama se rendra ensuite au Pays de Galles pour un sommet de l’Otan. Le Pays de Galles, a accueillé un sommet des 28 membres de l’Otan qui a été très largement consacré à la crise ukrainienne. Le président Petro Porochenko a été présent. Le président russe Vladimir Poutine, qui se défend toujours d’une intervention directe de la Russie sur le territoire ukrainien, a prévenu que la Russie réagirait à toute “menace” venant du renforcement des moyens de l’Otan en Europe de l’Est.
La situation en Ukraine inquiète beaucoup les pays voisins. Tandis que la Pologne a adopté une attitude de fermeté à l’égard de Moscou, l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie redoutent que la politique de Moscou dans la région ne les déstabilise aussi. La visite de Barack Obama est donc accueillie avec bienveillance. “La décision de venir ici est déjà en soi une déclaration de principe, explique l’ancienne présidente de la Lettonie Vaira Vike-Freiberga. C’est-à-dire que si par malheur la France ou l’Allemagne ou n’importe qui d’autre en Europe décidait de nous abandonner, comme on l’a fait en 1945, il y aura quelqu’un qui s’intéresse à notre sort et qui est prêt à remplir ce que dit textuellement l’article 5 de l’Otan : que le territoire de l’Union européenne, et surtout celui de l’Otan, est un territoire de défense commune et donc que n’importe quelle agression envers l’un des pays membres sera bel et bien interprétée comme une agression contre l’Otan dans son entièreté, et donc que l’Otan devra réagir en conséquence”.

 

obama Poutine