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La coalition mondiale contre l'EI dirigée par Washington

Abdelmasih YOUSUF

14 Septembre 2014 8:27 pm

Les instances religieuses d’Egypte, Al-Azhar en tête, rejettent toute forme de violence et de terrorisme au nom de la religion, a affirmé le mufti de la république lors d’une entrevue avec le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Les actes commis par le groupe terroriste Daech “l’Etat islamique”, ne peut être approuvé par aucune religion, a indiqué le Mufti au terme d’une visite officielle à Bruxelles. Dar El-Ifta est disposé à coopérer pour éclaircir l’image de l’Islam et à être une référence pour l’UE dans le domaine des fatwas (avis religieux), a-t-il dit, cité par un communiqué publié par Dar El-Iftaa. Le mufti a appelé les communautés musulmanes vivant dans les pays européens à intégrer positivement leurs sociétés et à réprouver tout extrémisme. Le mufti a participé, pendant son déplacement à Bruxelles, à de nombreuses activités dans le but de rectifier l’image de l’Islam, dénigré intentionnellement ces derniers temps.
De sa part, le grand Imam Ahmed El-Tayeb, le cheikh d’Al-Azhar a déclaré que les chrétiens des pays d’orient sont des partenaires de la même patrie, et ne doivent avoir aucune crainte du déplacement forcé ou de l’exclusion. Le cheikh d’Al-Azhar a fait ces déclarations lors de sa rencontre avec une délégation des chefs des églises évangéliques au Moyen-Orient conduite par le Pasteur Safwat Al Bayadi. La délégation a transmis au grand Imam la crainte des chrétiens du Proche-Orient de subir le même sort que leurs frères en Irak. Le premier ministre, Ibrahim Mahlab a déclaré que l’Égypte est le berceau de la civilisation et protège le monde entier du terrorism. L’Égypte est la seule qui a pu résister face aux menaces du terrorisme sur le plan régional, a déclaré le premier au cours d’une réunion avec les membres de la chambre américaine de commerce (AmCham), d’hommes d’affaires, d’écrivains et de journalistes.

Mobiliser ses alliés contre les jihadistes
Le président Barack Obama semblait prêt à autoriser des frappes en Syrie et à renforcer l’armée irakienne pour lutter contre l’Etat islamique à quelques heures d’un discours visant à préparer l’Amérique à un long combat contre les jihadistes. Obama, qui s’exprimera dans la soirée depuis la Maison Blanche, réunissait en milieu de journée son Conseil de sécurité nationale en présence des plus hauts responsables de l’armée et du renseignement. Peu avant, il avait appelé le roi Abdallah d’Arabie saoudite depuis le Bureau ovale au moment où Washington tente de mobiliser ses alliés contre les jihadistes sunnites qui veulent établir un “califat” à cheval entre l’Irak et la Syrie et ont revendiqué la décapitation de deux journalistes américains, suit au sommet de l’OTAN en Grande Bretagne. “Le président explique comment les Etats-Unis mettront en place une stratégie globale pour affaiblir et, à terme, détruire l’EI”, a indiqué un responsable américain sous couvert d’anonymat, évoquant, au-delà du rôle de l’armée américaine, le soutien aux forces combattant l’EI sur le terrain, “à la fois l’opposition en Syrie et le nouveau gouvernement irakien”.
Selon le New York Times, le président américain s’apprêterait à autoriser des frappes aériennes contre les combattants de l’EI en Syrie, comme les Etats-Unis le font déjà dans le nord de l’Irak depuis le début du mois d’août. A Bagdad, le secrétaire d’Etat américain John Kerry, qui entame une tournée destinée à mettre en place une coalition internationale contre les jihadistes, a affirmé que l’armée irakienne, mise en déroute par l’EI au cours de ces derniers mois, serait “reconstituée et entraînée” avec l’aide des Etats-Unis et d’autres pays. “Notre coalition internationale réussira à éliminer la menace en Irak, dans la région et dans le monde”, a lancé Kerry à quelques heures de l’allocution de Obama.

Soutien Occidental et Arabe
Les Etats-Unis ont reçu l’appui de nombreux pays, comme la France, dont le président François Hollande s’est rendu vendredi à Bagdad avant d’organiser lundi à Paris une conférence sur l’Irak. Kerry a félicité le nouveau Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi pour son engagement à entreprendre des réformes “nécessaires” pour impliquer toutes les communautés d’Irak. Abadi a affirmé que son pays était résolu à combattre ce “cancer” que représente l’EI. Cependant, a-t-il insisté, la communauté internationale a aussi “la responsabilité de protéger l’Irak et la région toute entière” de “cette organisation terroriste”. La visite du secrétaire d’Etat américain a été marquée par un double attentat qui a fait au moins 19 morts à Bagdad.

Tournée dans le proche-Orient
Après Bagdad, Kerry s’est rendu mercredi soir à Amman puis jeudi à Jeddah, dans l’ouest de l’Arabie saoudite. Il y a rencontré les chefs de ladiplomatie des six monarchies arabes du Golfe ainsi que des représentants d’Irak, de Jordanie, d’Egypte et de Turquie. Les Américains veulent notamment obtenir le soutien des monarchies du Golfe qui, après avoir été accusées de financer des groupes radicaux, ont pris récemment conscience de la menace que représente l’EI pour leur propre stabilité.
Sur le terrain, les Etats-Unis mènent depuis le 8 août des frappes dans le nord irakien qui se sont révélées déterminantes dans la reprise par l’armée et les forces kurdes de certains secteurs. Mais Washington n’envisage pas de déployer de troupes au sol. La perception de la menace a changé aux Etats-Unis depuis la décapitation de deux journalistes James Foley et Steven Sotloff, revendiquée par l’EI qui a diffusé les vidéos de leur exécution. Selon un sondage réalisé pour le Washington Post et ABC News, plus de deux tiers des Américains soutiennent désormais des frappes aériennes américaines en Irak.

Nouveau groupe jihadistes
En Syrie, un important groupe rebelle islamiste, Ahrar Al-Cham, a nommé mercredi une nouvelle direction au lendemain d’un attentat non revendiqué ayant tué au moins 47 de ses chefs politiques et militaires à Idleb (nord-ouest). L’élimination de la direction de ce mouvement devrait entraîner une recomposition de la rébellion car le Front islamique, dont Ahrar al-Cham était la principale composante, combat non seulement les forces du régime mais aussi l’EI. “L’EI est le principal bénéficiaire de ces meurtres car Ahrar Al-Cham est la plus importante composante des forces rebelles à lui être hostiles dans le nord” de la Syrie, a estimé Noah Bonsey, un analyste d’International Crisis Group. Cet attentat, provoqué par une bombe placée dans le couloir menant à la salle où se tenait la réunion, a notamment tué le chef charismatique du groupe, Hassan Abboud, connu sous le nom d’Abou Abdallah Al-Hamawi.