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Christelle Daunay, championne d’Europe du Marathon

Michael Victor

17 Août 2014 2:11 pm

Au bout d’un long mano à mano, la Française a devancé l’Italienne Valeria Straneo, vice-championne du monde en titre (2h25:27), tandis que la Portugaise Jessica Augusto s’est emparée du bronze (2h25:41).

Christelle Daunay apporte à la France sa 15e médaille des championnats d’Europe 2014, la 6e en or.

Sur un parcours vallonné extrêmement exigeant, rendu piégeux par l’asphalte humide et les nombreux rails de tramway serpentant sur le bitume, Daunay a rendu coup pour coup à l’Italienne Straneo.

La Française a souvent été mise en difficulté par le rythme de l’Italienne dans l’une des ascensions du parcours, perdant quelques mètres au même endroit à chaque tour.

Mais dans la dernière boucle, au dernier passage au sommet situé à moins de 6 km de l’arrivée, Daunay a réussi à rester dans la foulée de Straneo.

Dans la descente, et au bout de 2h15 d’effort, elle a alors produit une accélération qui est progressivement venue à bout de l’Italienne, mètre après mètre.

Au 40e km, rien n’était joué, avec seulement 3 secondes d’avance. Mais l’ascendant était définitif et Daunay a pu s’emparer d’un drapeau tricolore dans les derniers mètres pour célébrer son succès.

« J’y croyais, je savais que j’étais très, très forte et je l’ai montré », a commenté Daunay, qui avait pris la 4e place du marathon de New York à l’automne dernier, une performance exceptionnelle.

« J’ai de l’expérience maintenant, c’était mon 10e marathon ici et c’est une belle médaille », s’est réjouie la Mancelle de naissance.

La France avait déjà enrichi sa collection aux championnats d’Europe d’athlétisme , avec quatre autres médailles la veille à Zurich, dont deux en or pour l’heptathlonienne Antoinette Nana Djimou et Yohann Diniz, au 50 km marche, ce dernier avec record du monde.

Comme sur 100 m deux jours plus tôt, face à James Dasaolu, Christophe Lemaitre a dû une nouvelle fois s’incliner à la loi d’Albion, en l’occurrence celle d’Adam Gemili, net vainqueur sur une piste mouillée (19 sec 98 face à un vent de 1,6 m/s, contre 20.15).

« Je suis passé à côté, c’est triste. C’est un échec, tout simplement », a confié Lemaitre, qui ne se cherche « aucune excuse ».

« Je suis arrivé ici avec la meilleure performance européenne de la saison et je n’ai même pas été capable de la reproduire », a-t-il expliqué.

Myriam Soumaré a subi le même sort contre l’inabordable Néerlandaise Dafne Schippers, auteur d’un doublé prestigieux en sprint, et avec la manière sur le demi-tour de piste (22 sec 03, meilleure performance mondiale de la saison dans des conditions difficiles).

SOUMARÉ EN PLEURS
Cette fois, la Val d’Oisienne de poche a perdu une place par rapport au 100 m (2e), en se faisant passer dans les 20 derniers mètres par la jeune Britannique Jodie Williams (22.58 contre 22.46).

« J’étais en forme et j’espérais faire mieux, aussi bien sur le chrono que sur la place », a indiqué Soumaré, en pleurs et +vidée+ nerveusement.

Si les sprinters tricolores sont encore montés sur la +boîte+, la journée des Bleus a été un hommage aux serviteurs de la résistance et de la fatigue.

En 3 heures 32 minutes 33 sec, Diniz, 36 ans, a avalé l’épreuve la plus longue du programme, sous l’averse et en dépit de problèmes gastriques.

« J’ai fait la course de ma vie à Zurich », s’est exclamé le Rémois, premier à remporter trois titres continentaux consécutifs dans sa discipline.

Nana Djimou a abordé en tête le septième et dernier +travail+, le 800 m, supposé être son talon d’Achille. Mais la costaude du CA Montreuil s’est surpassée en battant son record personnel sur la distance. Elle a ainsi conservé sa couronne européenne avec 6551 points, devançant la Néerlandaise Nadine Broersen (6498 pts) et la Belge Nafissatou Thiam (6423 pts).

« Je suis heureuse et tranquille. J’ai désormais l’ambition d’être championne du monde un jour, il ne me manque rien pour ça », a confié Nana Djimou.

Si la Grande-Bretagne, avec aussi la victoire de Martyn Rooney au 400 m, a conservé la tête au tableau des médailles (six ors à cinq), la France, avec 14 podiums, est dans les temps pour battre son record de Barcelone (18 podiums).

BOSSE EN ÉCHEC
Malgré ces belles choses, le couac de Pierre-Ambroise Bosse, favori du 800 m, mais qui s’est éteint dans la ligne droite (8e et dernier) après avoir mené, a jeté un froid.

« La tension négative, j’avais du mal à respirer. J’ai compris quelques secondes avant le départ ce qui allait m’arriver. J’ai flippé comme un cadet », a expliqué, lucide, l’aspirant champion, meilleur chrono européen de la saison (1 min 42 sec 53).

Le Nantais de naissance a dû s’incliner à l’école polonaise, Adam Adam Kszczot, 24 ans, s’imposant en boulet de canon (1 min 44 sec 15) devant son jeune compatriote Artur Kuciapski.

Après le relatif échec jeudi du hurdler Pascal Martinot-Lagarde, qui avait récupéré sur tapis vert la médaille de bronze du 110 m haies, suite à la disqualification d’un autre Français, Dimitri Bascou, c’est la nouvelle vague qui prend un coup dans l’aile.

Quant à Mahiedine Mekhissi, qui avait perdu la médaille d’or la veille en ôtant son maillot avant l’arrivée, il est sorti de son abattement en se qualifiant pour la finale du 1500 m, dimanche.