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Une somme sur l'un des plus vieux pays de l'humanité

4 Juin 2015 4:20 pm

Pour la première fois, un livre de plus de 1000 pages réunit cinquante auteurs pour évoquer toutes les facettes de l’Égypte, sous la direction de Florence Quentin. Paru en 2015 aux éditions Robert Laffont, dans la collection Bouquins, cet ouvrage est une passionnante succession d’articles, qui évoque à travers différentes thématiques le génie du vivier culturel et spirituel que représente l’Egypte. En particulier, il s’intéresse à la place que le pays continue d’occuper dans l’imaginaire occidental. L’Institut français d’Égypte, Mounira, va accueillir ce dimanche à 19h Florence Quentin, Richard Jacquemond et Fayza Haykal pour présenter Le Livre des Egyptes, en partenariat avec la librairie Oum el Dounia. Présentation de l’éditeur Il s’agit d’un ouvrage sur un pays fascinant. https://i0.wp.com/www.bouquins.tm.fr/site/images/giftransparent.gif « L‘Égypte est la mère du monde », affirment non sans fierté les Égyptiens, conscients d’être nés dans l’un des plus vieux pays de l’humanité. Mais cette maternité-là a largement dépassé les frontières de la vallée du Nil. Depuis des millénaires, l’Égypte irrigue notre mémoire collective et nourrit l’imaginaire occidental. L’originalité de cet ouvrage conçu sous la direction de Florence Quentin par les meilleurs spécialistes français et étrangers est de montrer toute l’ampleur de cet héritage qui n’a cessé d’influencer les civilisations ultérieures jusqu’à nos jours. Sphinx, pyramides, trésors, tombes fastueuses, momies, écriture, figures de Toutankhamon, de Ramsès ou de Cléopâtre agissent comme autant d’évocations envoûtantes. Le mystère qui recouvre cet univers est encore à décrypter. Il a hanté les alchimistes de la Renaissance, les francs-maçons, les philosophes et poètes allemands, fasciné Voltaire, Mozart, Bonaparte, Freud, Hergé et nombre de cinéastes. Il a aussi inspiré d’autres cultures, d’autres religions qui se sont épanouies à son contact. Phéniciens, Hébreux, Grecs, Romains, l’Occident judéo-chrétien comme l’Orient musulman ont puisé une partie de leur génie dans ce vivier culturel et spirituel devenu indissociable du patrimoine universel. Au-delà de l’actualité, l’Égypte continue d’exercer une attraction puissante et vivifiante, tant il est vrai que chacun porte en lui « son » Égypte, secrète et parfois irrationnelle, et cherche du côté de cette terre originelle une réponse à ses rêves d’éternité. ” La Mère du Monde” Après cinq ans de travail, voilà que paraît enfin l’ouvrage collectif que Florence a dirigé pour la collection encyclopédique « Bouquins » : Le Livre des Egyptes, qui, tout au long de ses 1024 pages, réunit de fins spécialistes, des écrivains, des psychanalystes, des philosophes, des journalistes, des musicologues, des fous de Bd, de rap et d’opéra, de littérature et de péplum, pour tenter de répondre à ces questions : Pourquoi les occidentaux sont-ils tellement fascinés par ce pays? En quoi sont-ils dépositaires de cet héritage unique? Une approche collégiale qui montre aussi les liens qui depuis toujours unissent l’Orient et l’Occident. Envers et contre tout. Cette Égypte, qui, tel un « miroir à facettes », reflète les rêves et parfois les fantasmes des occidentaux. Ce livre-hommage se veut un cabinet de curiosité où l’on peut se promener à loisir en allant de découverte en découverte. Ainsi Le Livre des Egyptes avec ses articles savants mais aussi ses contributions drôles et pittoresques autour des multiples avatars de l’égyptomanie, qui ont pris si souvent le charmant visage de Cléopâtre… Ne surtout pas s’ennuyer, picorer ça et là des anecdotes sur ce qu’écrivait Flaubert à propos des “almées” du Caire, découvrir chez les Fatimides du Moyen-âge les premiers égyptomanes et leur obsession des trésors, s’amuser de la légende tenace de la malédiction des pharaons ou encore s’étonner de l’engouement de certains écrivains pour les belles momies endormies… mais aussi se passionner pour le « décor d’origine », c’est à dire l’une des civilisations les plus abouties de l’humanité et que l’égyptologue Jan Assmann dévoile en dix aspects dans la toute première partie. Et puis, à chaque page –puisque telle était la « commande » initiale passée aux 50 auteurs- sentir cette marque indélébile laissée par l’Égypte ancienne sur le judéo-christianisme, l’islam, le néo-platonisme de la Renaissance, le Siècle des Lumières ou la franc-maçonnerie, l’Expédition de Bonaparte ou encore les voyages en Orient des grands écrivains occidentaux. Jusqu’à aujourd’hui où chaque nouvelle découverte archéologique fait rêver, palpiter… Quelle autre civilisation ancienne bénéficie d’un tel prestige, d’une telle fascination collective ? L’ampleur de ce travail « pharaonique » est pour Florence « comme une seconde naissance dans ce ventre allongé suçant par sa bouche delta la Méditerranée ».