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Aubagne, capitale Marcel Pagnol en 2015

29 Janvier 2015 3:06 pm

 Pour célébrer le 120e anniversaire de la naissance de Marcel Pagnol, Aubagne, sa ville natale rend hommage à l’écrivain et au cinéaste dont les œuvres font désormais partie du patrimoine culturel français.

Tout au long de cette année, de nombreuses manifestations – environ une trentaine – se succéderont  à Aubagne et dans la communauté d’agglomération Pays d’Aubagne et de l’Etoile. Le coup d’envoi sera donné par la journée du samedi 28 février, date anniversaire de la naissance de l’Académicien.

Peintre de la nature humaine, précurseur du portrait psychologique et de la valorisation de la culture régionale et provençale, il a légué à la postérité des portraits vivants des personnages de son enfance.

“Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres au temps des derniers chevriers,” avait tenu Marcel Pagnol à signaler au début du roman “La Gloire de mon père”, relatant ses souvenirs d’enfance. Cette citation illustre bien l’univers de l’auteur. Marcel Pagnol est un enfant du pays, attaché au territoire aubagnais et à ses collines. Il paraissait donc, tout naturel, que les 120 ans de l’artiste se célèbrent en Pays d’Aubagne, sa terre natale.

Biographie

Marcel Pagnol est un écrivaindramaturge et cinéaste français, né le 28 février 1895 à Aubagne (Bouches-du-Rhône), mort le 18 avril 1974 (à 79 ans) àParis.

Il devient célèbre avec Marius“, pièce représentée au théâtre en mars 1929. Il fonde à Marseille en 1934 sa propre société de production et ses studios de cinéma, et réalise de nombreux films avec les grands acteurs de la période (en particulier RaimuFernandelPierre FresnayLouis Jouvet) : Angèle” (1934), Regain (1937), La Femme du boulanger (1938)…

En 1946, il est élu à l’Académie française. Après 1956, il s’éloigne du cinéma et du théâtre, et entreprend la rédaction de ses Souvenirs d’enfance avec notamment La Gloire de mon père et Le Château de ma mère.

Ci-dessous une présentation des deux œuvres précitées qui constituent une marque distinctive dans la carrière de l’Académicien:

 

La Gloire de mon père 

La Gloire de mon père est le premier tome des Souvenirs d’enfance, une autobiographie romancée paru en 1957. Marcel Pagnol raconte son enfance, sa naissance à Aubagne en Provence (France), et les origines de ses parents Joseph et Augustine. Son père Joseph Pagnol, instituteur, est nommé à l’école du Chemin des Chartreux et la famille s’installe à Marseille. Tous les jeudis et tous les dimanches, il fait une promenade dans le parc Borély, au bord de l’étang avec sa tante Rose. C’est d’ailleurs là qu’elle rencontre l’oncle Jules qui se fait passer auprès de l’enfant pour le propriétaire du parc.

Tout semble opposer l’instituteur anticlérical au truculent et catholique oncle Jules, pourtant les deux familles décident de louer ensemble une maison de campagne dans la garrigue, la Bastide Neuve pour y passer les vacances d’été. Après un long trajet dans les chemins, derrière la mule tirant les meubles et les provisions nécessaires au séjour, ils parviennent à cette petite villa située aux Bellons après le village de la Treille. Ces vacances sont une révélation pour le jeune Marcel qui tombe amoureux des collines, de sa végétation sauvage, de ses massifs de roche : Garlaban, Tête Rouge, le Taoumé.

Il suit en secret Joseph et Jules partis sans lui faire l’ouverture de la chasse, et après s’être égaré, il finit par retrouver les chasseurs au son des coups de fusil tirés par son père qui abat deux bartavelles. Ce doublé magnifique fait la renommée de Joseph dans le village de la Treille, pour la plus grande fierté de son fils.

Le curé du village veut prendre une photo de Joseph, Marcel et des bartavelles, qu’ils garderont en souvenir pour la vie, en contradiction flagrante avec les moqueries antérieures de l’instituteur envers un de ses collègues qui s’était fait photographier avec un poisson de taille exceptionnelle qu’il avait pêché.

Le Château de ma mère

C’est le 2e tome des Souvenirs d’enfance, un récit autobiographique de Marcel Pagnol paru en 1957.

Ce deuxième tome est dans le prolongement chronologique de La Gloire de mon père. Il évoque la rencontre de Lili des Bellons, et du parcours des deux garçons dans la garrigue pour poser des pièges. La fin de l’été est un drame pour Marcel, qui décide de fuir pour vivre dans les collines, avec l’aide de Lili, mais il renonce à ce projet.

La famille décide de monter chaque samedi à La Bastide Neuve, mais le trajet est long. Heureusement, Bouzigue, le piqueur du Canal de Marseille leur remet une clé permettant de suivre le cours d’eau à travers des propriétés privées et de gagner un temps précieux par ce raccourci. Mais traverser les châteaux est une épreuve angoissante, particulièrement pour la mère de Marcel. Un jour, un garde les surprend. Et Joseph humilié sera dans la crainte de se voir infliger un blâme ou d’être révoqué par l’inspecteur d’académie. Heureusement, les choses s’arrangent grâce à Bouzigue.

Marcel Pagnol achève son récit en passant du souvenir d’un mémorable dîner de cette période à l’évocation de la mort d’Augustine cinq ans plus tard, puis de celle de Lili des Bellons durant la Première Guerre mondiale et du petit Paul, devenu chevrier, mort à 34 ans d’une maladie.

Enfin Marcel Pagnol raconte comment, lorsqu’il aura pour projet de monter des studios de cinéma près de Marseille, le hasard le rendra acquéreur duchâteau de la Buzine celui « de la peur de sa mère » des années plus tard. Marcel imagine alors sa mère : « blême, tremblante, et pour jamais inconsolable, elle ne savait pas qu’elle était chez son fils ».

Ce roman est pour vous dire que le monde change vite, mais il y a une chose qui ne changera jamais: c’est l’amour des enfants pour leur mère, et ce livre vise à apprendre aux petites filles comment leurs fils les aimeront un jour…

Le château évoqué par le titre porte le nom de Château de la Buzine. En 1941, pour réaliser son « ambition de construire, sous le ciel de Provence, la Cité du Cinéma », Marcel Pagnol fait, sans l’avoir vu, l’acquisition de ce château avec quelques hectares de prairies au bord du canal. C’est en visitant son domaine huit jours plus tard, qu’il reconnait qu’il s’agit de l’affreux château, celui de la peur de sa mère.

Marcel Pagnol ne parvint jamais à réaliser son projet de Cité du Cinéma.

Actuellement ce château appartient à la ville de Marseille qui l’a rénové et en a fait une « Maison des Cinématographies de la Méditerranée ».