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L'Egypte dit adieu à Faten Hamama, «la grande dame de l'écran arabe»

Michael Victor

22 Janvier 2015 3:58 pm

Samedi 17 janvier, Faten Hamama s’est éteinte, laissant le monde du cinéma en deuil. La colombe impérieuse dont la carrière s’est étendue sur 65 ans, riche d’une centaine de films, a su marquer les esprits de sa voix fluette, sa grâce impériale et son minois d’ange.
 
Communément  surnommée la «grande dame du cinéma arabe», Faten Hamama comptait à son actif une carrière aussi riche que remarquable, s’étant étalée sur plus d’un demi-siècle. Née en 1931, c’est à l’âge de 9 ans qu’elle tourna son premier film. Depuis, elle enchaînait les rôles. Mais, surtout, elle émerveillait par son talent immense.
                   
Faten Hamama  est une actrice et star de cinéma égyptienne, née le 11 avril 1931 à Mansoura en Égypte. Elle est considérée comme une « légende » du cinéma égyptien et du cinéma arabe.

Très jeune, elle épouse le réalisateur égyptien Ezzel Dine Zulficar, avec qui elle a eu une fille, Nadia Zulfakar, et dont elle divorce pour épouser Omar Sharif.

Âgée de 23 ans, alors qu’elle est déjà une énorme star, elle épouse en 1955 le jeune premier et prometteur Michel Chalhoub, âgé de 23 ans, qui prendra le nom d’Omar Sharif, avec qui elle a un fils, Tarek Sharif.

En 1954, le réalisateur égyptien Youssef Chahine la fait jouer dans “Ciel d’enfer” avec Omar Sharif. Le film est présenté au Festival de Cannes 1954 et a fait partie de la sélection des 150 meilleures productions égyptiennes lors du centenaire du cinéma égyptien en 1996.

Alors qu’elle poursuit sa carrière en Égypte, Omar Sharif poursuit de son côté une carrière internationale et s’installe avec leur fils à Hollywood aux États-Unis, où il signe un contrat de sept ans avec les studios hollywoodiens Columbia Pictures. Ils se séparent d’un commun accord en 1968, malgré leurs sentiments, pour incompatibilité de la vie de couple avec la vie d’acteur international, et divorcent en 1968.

Parmi ses films les plus célèbres : « Bonjour » en 1940, « Ange de Pitié » en 1946, «Lumière dans le ciel» et « Je suis de bonne famille » en 1948, « Fils du Nil » en 1951, « Nos beaux jours » (1955), « Fleuve d’amour » en 1960, « L’illicite », «Maîtresse Fatma », « La porte ouverte », « Parmi les décombres », « L’appel du rossignol», « L’arrestation de Fatma », « Jour doux, jour amer », et enfin « Terre de rêves » en 1993.

Elle a également fait des feuilletons télévisés tels: « Histoire derrière chaque porte », « La conscience de Mme Hekmat » et récemment « Figure de la lune ».

Au cours des années 1970, Faten Hamama a produit 7 films télévisés romanesques, à savoir : « Je veux cet homme », « La sirène » en 1973 réalisé par Barakat, « La chanson de mort » en 1973, « Le procureur brûlé », « Je veux tuer », « Hôte de dîner » en 1977, « Attitude folle » en 1978, réalisé par Saïd Marzouq.

Faten Hamama a obtenu plusieurs prix et a été honorée à plusieurs reprises. Elle a également été membre du comité d’arbitrage dans de maints festivals. Elle a obtenu le prix du festival de Téhéran en 1977 pour son film « Bouches et lapins ».

Il a été décidé de donner son nom au prix de la meilleure actrice au cours de la dernière session du festival du cinéma d’Alexandrie, et ce pour honorer Faten Hamama en tant que star du siècle.

 
Funérailles impressionnantes
 
L’actrice égyptienne Faten Hamama, a été inhumée dimanche 18 janvier au Caire en présence de plus de 2.000 proches et admirateurs.
Outre sa famille, de nombreux acteurs et actrices égyptiens ont assisté à ses funérailles dans un quartier huppé du sud-ouest du Caire, dans une mosquée littéralement encerclée par plus de 2.000 admirateurs, dont certains en pleurs. Faten Hamama a ensuite été inhumée à proximité, dans un petit cimetière appartenant à sa famille. Une banderole proclamait: «L’Egypte dit au revoir à la dame de l’écran arabe».
 

Le couple le plus glamour

 
Faten Hamama a partagé maintes fois l’affiche avec son ex-mari Omar Sharif.
Ce dernier a toujours décrit Faten Hamama comme le seul amour de sa vie. Le couple reste jusqu’à ce jour l’un des plus glamours et les plus charismatiques du cinéma égyptien.
Ils avaient notamment joué ensemble dans “Le Fleuve de l’amour” (1961), une adaptation du célèbre roman de Léon Tolstoï Anna Karenine.
La carrière de Faten Hamama a connu son apogée entre les années 1950 et 1970. Elle a joué aussi bien dans des comédies romantiques que dans des films engagés.

«Une créatrice, qui a enrichi l’art égyptien»

Son film “Je veux une solution“(1975), qui narre le parcours de combattant d’une Egyptienne tentant de se séparer légalement de son mari, avait d’ailleurs permis une révision de la loi pour permettre aux femmes de demander le divorce.
Cette élégante brune, célèbre pour sa grâce et sa douceur, était modeste et discrète sur sa vie privée.
«L’Egypte et le monde arabe ont perdu un talent et une valeur artistique et créatrice, qui a enrichi l’art égyptien de ses œuvres raffinées», a commenté la présidence égyptienne dans un communiqué.