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Gagnante de "The Voice" d'Italie, Sœur Christina sort son premier album

30 Octobre 2014 2:23 pm

 
La gagnante du télécrochet italien « The Voice » sortira son premier album le 10 novembre chez Universal, avec une reprise épurée de Madonna.
 
Sœur Cristina, jeune religieuse Ursuline d’origine sicilienne de la congrégation des Ursulines, a remporté la version transalpine de « The Voice » un concours de chant télévisuel où elle interprète un tube de R’n’B 
Dès le début de la compétition le 19 mars dernier, Sœur Cristina Scuccia avait enthousiasmé le public et le jury de « The Voice » avec une reprise énergique de “No One”, l’un des plus gros succès de la chanteuse américaine Alicia Keys. 
Les membres du jury étaient surpris de découvrir que la voix parfaitement modulée de Cristina Scuccia était celle d’une religieuse catholique, habillée d’un voile bleu marine et de l’habit de la congrégation des Ursulines. 
Raffaella Carra, membre du jury de “The Voice”, lui avait demandé si elle était réellement une religieuse : « Oui je suis vraiment une sœur », avait alors répondu la jeune chrétienne. « Je suis venue ici parce que j’ai reçu un don et que je veux le partager. Je suis là pour évangéliser », avait-elle ajouté. 
Le 5 juin 2014, Sœur Cristina Scuccia a gagné “The Voice” en Italie en enregistrant 62% des voix des téléspectateurs face à  Giacomo Voli, un jeune candidat qui s’est illustré dans un style rock. 
“Je veux que Jésus entre ici, c’est un rêve”, a déclaré Cristina Scuccia après avoir reçu le trophée de “The Voice of Italy”. Elle a célébré sa victoire en appelant toute l’assistance à réciter le “Notre Père” pour remercier Dieu.
 
Allier le succès à la vocation religieuse.
 
D’après “La Croix”, elle évoque son premier album comme une « prière intime ». Plutôt audacieux, pour cette jeune religieuse qui a choisi de reprendre comme titre phare “Like a Virgin”, single qui fit la célébrité de Madonna, il y a trente ans, et dans lequel la chanteuse provocante détournait les références religieuses à la Vierge Marie… Renversant la provocation, la grande gagnante du télécrochet « The Voice » a voulu pour son clip le même cadre que Madonna, Venise, mais sans se départir de son voile ni de son austère habit noir, dans une version très épurée.
 « J’ai lu le texte sans regarder son passé, comme s’il était neuf, et je lui ai donné une interprétation complètement nouvelle! », répond-elle avec candeur, de passage à Paris. Avec un peu d’appréhension, Sœur Cristina, 26 ans, se prête, ce jour-là, au jeu inédit pour elle des photographies pour la promotion de son disque, dans une église de la capitale.
À l’origine, le texte dit: “Je me sentais défaite, incomplète, mais après ce toucher, j’ai rencontré l’amour.” C’est un peu l’expérience que j’ai vécue avec Dieu: j’étais triste, en recherche, je menais une vie désordonnée, mais quand Dieu m’a touchée, j’ai rencontré l’amour vrai, celui que je veux suivre le restant de mes jours. » 
 
Une « ex-rebelle » devenue chanteuse…
 
Avec la fraîcheur des convertis, la jeune femme se présente comme une « ex-rebelle ». Élevée dans une famille catholique de Comiso, en Sicile, Cristina Scuccia a tourné le dos à l’Église à l’adolescence. « Nous affrontions de grandes difficultés et je m’en suis prise à Dieu, j’étais en colère, je me suis jetée dans le chant et la danse à corps perdu, rêvant d’aller étudier à Rome. » 
À 19 ans, sa mère lui propose de passer les auditions pour une comédie musicale montée par les ursulines de la Sainte Famille pour leur centenaire. « J’ai d’abord refusé, puis comme j’étais désœuvrée, j’ai accepté dans l’idée que cela pourrait m’aider à accomplir mon rêve de devenir chanteuse. » C’est sur scène, interprétant le rôle de la fondatrice de la congrégation, que Cristina a été bouleversée.
 « Sœur Rosa allait trouver les jeunes filles de son époque et leur demandait si elles étaient prêtes à tout abandonner pour Dieu. Quand je redescendais de scène, ces paroles continuaient à résonner en moi… » 
 
Ursuline, à Rome
 
Quelques mois plus tard, la cadette des Scuccia rejoint la toute nouvelle Académie de spectacle des ursulines, à Rome, et décide en 2010 d’entrer dans la congrégation. « J’avais connu plusieurs histoires amoureuses, mais quand j’ai eu l’appel, je me suis sentie aimée comme personne ne m’avait jamais aimée », confie-t-elle.
Le chant reste, à ses yeux, constitutif de sa foi. « Mon rêve de devenir chanteuse est né à la paroisse où nous passions notre vie. Je participais à la chorale et l’on me donnait de temps en temps la partie de soliste. » L’articuler avec sa foi n’a pourtant pas été sans renoncements. 
 « Durant le noviciat, j’ai dû le mettre de côté. C’est au Brésil, auprès des enfants des rues, que ce rêve s’est purifié de l’idée du succès pour devenir un don offert à tous ces gens qui étaient heureux de m’entendre chanter, le matin, à la messe. »
 
Repérée par The Voice 
 
Chanter pour témoigner, assurément. Mais de là à imaginer « évangéliser » sur le plateau de « The Voice »… « L’an dernier, j’ai écrit une chanson. Puis je l’ai présentée à un festival de musique chrétienne, que j’ai remporté. L’équipe de “The Voice” l’a repéré sur YouTube et a contacté mes supérieures. Au début, cette proposition nous a un peu déplu. Mais comme à ce moment-là, le pape François nous invitait à sortir aux périphéries, nous l’avons accueillie comme un appel. » 
Si la vidéo de sa performance sur “No One” d’Alicia Keys a été vue plus de 60 millions de fois, la jeune femme, qui n’a pas encore prononcé ses vœux définitifs, ne semble pas craindre de se brûler les ailes. « Je vis cet album comme un immense merci pour le don qui m’a été fait. Ce n’est pas moi qui ai remporté “The Voice”, c’est Dieu. C’est lui qui m’a appelée ici, et nous croyons, dans ma congrégation, qu’il a un grand projet… » 
 
Offrir son album au pape François
 
“Pour l’instant, le succès ne lui monte pas à la tête. Cela pourrait arriver, mais j’ai confiance, elle est solide et simple”, assure Sœur Agatha, une des deux ursulines avec qui Cristina vit en communauté à Milan, et qui l’a accompagnée à Paris. “Il nous semble important de la soutenir, de prier pour elle, voire de la protéger des nombreuses critiques qu’elle a essuyées, de la part d’artistes, comme de chrétiens, ulcérés de voir une religieuse se déhancher sur un plateau télévisé”, ajoute-t-elle.
Aujourd’hui, Sœur Cristina rêve d’offrir son album au pape François, dont elle attend un « mandat » pour sa « mission spéciale ». En attendant, elle continue de faire le caté, de tenir la porterie et de prendre sa guitare pour prier, à l’abri des regards, dans la chapelle.
« Chacun de vous devrait utiliser les dons qu’il a reçus pour servir les autres (1 Pierre 4 :10) ».